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Economie

Gasoil & essence (Mars-Mai 2026) : une transmission globalement proche des variations des cotations internationales aux prix de vente à la pompe

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Dans la continuité des analyses précédentes du Conseil de la concurrence, la présente note examine l’évolution des cotations internationales du gasoil et de l’essence ainsi que leur transmission aux prix de vente à la pompe au niveau national sur l’ensemble des quinzaines couvrant la période allant du 1er mars au 16 mai 2026. Cette évaluation régulière s’inscrit dans un contexte mondial complexe, marqué par la persistance des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs répercussions directes sur la volatilité des marchés énergétiques internationaux.

Face à ces incertitudes, le Conseil de la concurrence analyse la répercussion des cotations CAF sur les prix payés par le consommateur marocain afin de veiller à la transparence et au bon fonctionnement du marché.

L’analyse de la corrélation entre la variation des prix internationaux du gasoil et de l’essence et leurs prix de vente à la pompe au Maroc fait ressortir des écarts de transmission différenciés d’une quinzaine à l’autre. Globalement, la période sous revue se caractérise par une nette tendance haussière des cours internationaux et des prix de vente au détail entre mars et avril 2026, suivie d’un retournement baissier au cours de la première quinzaine de mai 2026, selon les données officielles fournies par le ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable.

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S’agissant du gasoil, les cotations internationales augmentent de 0,21 dirham par litre durant la première quinzaine de mars 2026. En parallèle, le prix de vente à la pompe s’accroît de 0,39 dirham par litre, traduisant une répercussion directe et rapide de cette hausse initiale. Lors de la deuxième quinzaine de mars 2026, les cours mondiaux du gasoil subissent une hausse massive de 2,92 dirhams par litre sous l’effet du choc géopolitique. Les distributeurs nationaux lissent cet impact sur le consommateur en n’augmentant la pompe que de 0,17 dirham par litre. Durant la première quinzaine d’avril 2026, les cotations mondiales continuent leur progression de 2,18 dirhams par litre tandis que le prix à la pompe augmente de façon contenue de 0,43 dirham par litre.

Le mécanisme de rattrapage s’opère pleinement lors de la deuxième quinzaine d’avril 2026 : alors que la hausse internationale ralentit fortement à 0,53 dirham par litre, le prix à la pompe subit une augmentation compensatoire de 2,03 dirhams par litre pour absorber les décalages antérieurs. Enfin, la première quinzaine de mai 2026 affiche un repli international de 1,60 dirham par litre, qui se transmet partiellement à la pompe par une baisse de 1,26 dirham par litre. Au cumul des quinzaines, le gasoil prend 4,24 dirhams par litre à l’international contre 4,18 dirhams par litre à la pompe.

Pour l’essence, les mécanismes de transmission suivent une logique plus régulière mais décalée en fin de cycle. Durant le mois de mars et la première moitié d’avril, les cotations internationales progressent successivement de 1,43 dirham, 1,72 dirham et 1,37 dirham par litre. En réponse, les prix de vente à la pompe s’ajustent par paliers successifs de 0,11 dirham, 1,52 dirham puis 0,93 dirham par litre.

Fin avril, le marché de gros se stabilise avec une micro-variation de 0,06 dirham par litre tandis que la pompe connaît une hausse résiduelle de 0,11 dirham par litre. Au cours de la première quinzaine de mai 2026, le retournement conjoncturel s’amorce avec un repli international de 0,89 dirham par litre. Contrairement au segment du gasoil, cette baisse est intégralement restituée à la pompe par un recul plus marqué de 1,01 dirham par litre, ce qui témoigne d’une répercussion rapide sur ce produit. Au total, sur la période, l’essence augmente de 2,81 dirhams par litre à l’international contre 2,43 dirhams par litre à la pompe.

En conclusion, la surveillance exercée par le Conseil de la concurrence révèle que les prix au Maroc obéissent à des logiques de lissage temporel face à la volatilité brute des marchés internationaux. Si les hausses de cours ne sont pas immédiatement appliquées dans leur intégralité pour préserver le marché intérieur à court terme, elles provoquent un rattrapage décalé lors des quinzaines suivantes, y compris lorsque le marché international commence à se détendre. Le Conseil maintient son dispositif de veille pour s’assurer du libre jeu de la concurrence et veiller à ce que les baisses profitent équitablement aux consommateurs.

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