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Édito

Football, le nouvel opium des peuples ?

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Écrit par Imane Bouhrara I

Vos oreilles bourdonnent, votre rythme cardiaque s’emballe, vos muscles se contractent, un fourmillement dans le visage, vous voyez rouge, vous n’arrivez pas à trouver une position confortable entre courir, marcher, s’assoir ou cogner contre un mur, vous gesticulez, énoncez des propos incohérents ou grossiers, vous déclarez votre flamme et votre haine à la fois, vous êtes plus inquiets que si vous passiez le BAC… vous n’êtes probablement pas en train de faire un AVC (et encore cela peut arriver pour les férus) mais juste en train de regarder un match de foot.

A l’approche de la Coupe du Monde du Football, il n’y a que le ballon rond sur toutes les langues… c’est épuisant et c’est inhumain : 12 groupes, 104 matchs et un mois de suspense.

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Voilà ce que nous nous apprêtons à vivre du 11 juin au 11 juillet 2026. Tout le monde sans exception est concerné à des degrés différents.

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Quand Karl Marx avait pondu le concept selon lequel la religion est l’opium du peuple, le football n’existait pas et n’avait pas la même popularité qu’aujourd’hui autrement Marx aurait probablement dit que le football est l’opium non pas du peuple mais des peuples, une sorte de drogue, un paradis artificiel empêchant l’individu de se tourner vers les véritables responsables de l’injustice sociale.

L’avènement des nouvelles technologies, des budgets astronomiques de promotion, une popularité grandissante et surtout des États qui ont misé sur le soft power que représente le football, l’imposent comme la priorité des priorités partout

Il est devenu même un enjeu de puissance. Et ça marche. Oui, le ballon rond compte pour beaucoup plus que le PIB ou l’arme nucléaire !

La Coupe du Monde n’est pas seulement une compétition sportive internationale, elle est devenue presque la scène d’une guerre hybride où les États règlent leurs comptes aux autres.

Il faudrait s’attarder sur les réseaux sociaux pour comprendre que le football est plus qu’un sport populaire.

Si au quotidien le football est une activité populaire accessible et qui transcende les classes sociales, un bel ascenseur social pour celles et ceux qui manient bien le ballon rond, un sentiment d’appartenance et de communion, sur les réseaux sociaux, le football exacerbe le nationalisme, parfois même des dérives identitaires, alimente la désinformation qui est un business juteux basé sur qui sortirait la plus grosse énormité. L’hilarant dans l’histoire, c’est que la majorité adhère à cette frénésie collective.

Karl Marx disait que « La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’une époque sans esprit. C’est l’opium du peuple ».

Aujourd’hui ça sied parfaitement au football. Les stars de football sont idolâtrées et touchent des cachets pharamineux comme s’ils veillaient sur le bien-être de l’humanité.

Certes, il est vrai qu’ils donnent aussi des shots d’hormones du bonheur à des millions de fans… et c’est addictif et contagieux.

L’atterrissage est souvent douloureux lorsqu’on est rappelé à l’ordre par la réalité et ses véritables problèmes.

Mais l’espace de 90 minutes, surtout lorsqu’un maillot qui vous tient à cœur défend ses couleurs, c’est la magie et personne ne peut y échapper. Et pour ça, à fond derrière les Lions de l’Atlas !

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