Urbanisme : les architectes montent au créneau et dénoncent la politique de la Maire de Casablanca

Ecrit par L. Boumahrou I
Le torchon brûle entre les architectes de la région de Casablanca et la maire de Casablanca. La raison de cette tension, la gestion du guichet unique de l’urbanisme (Ex Dar Al khadamat) au niveau de la région de Casablanca-Settat qui porte préjudice aux architectes.
C’est ce qu’a affirmé le Conseil régional du centre des architectes lors d’un point presse organisé ce lundi 6 mai. C’est un tableau noir que le Conseil a dessiné et une situation qui devient intenable pour les architectes de la métropole.
Mohamed Karim Sbaï, président du conseil régional du centre de l’Ordre des architectes, n’y est pas allé de main morte. Il a pointé directement du doigt la maire de Casablanca mais aussi la responsable du guichet unique qui serait à l’origine de cette situation.
« Notre calvaire a commencé depuis que Nabila Rmili a pris les rênes du Conseil de la ville de Casablanca et la nomination de la responsable du guichet unique de l’urbanisme. Et malgré les promesses de la Maire pour débloquer la situation et surmonter les freins qui entravent notre travail rien n’a été fait à ce jour », a déploré le président du Conseil. Et d’ajouter « Le discours de la maire est une chose et la réalité sur le terrain en est une autre ».
Retard de traitement des dossiers des autorisations de construire, retard de l’octroi des permis d’habiter, remarques en déphasage avec les lois régissant le secteur, non accueil des architectes pour le traitement desdites remarques, autant de freins, d’obstacles et d’abus dénoncés par le Conseil.
Pis encore, les architectes crient au favoritisme. « C’est un traitement des dossiers à la tête du client. La politique deux poids, deux mesures », a dénoncé le président du Conseil en précisant que certains architectes obtiennent des autorisations au bout de 48H alors que d’autres dépassent largementt les délais légaux.
Selon Sbaï, 90% des dossiers sont retardés au niveau du guichet unique. Un constat qui va à l’encontre des objectifs dudit guichet censé simplifier les procédures, réduire les délais de traitement en plus de la transparence mais aussi des orientations du pays qui tendent vers la digitalisation et l’allégement des procédures administratives afin de renforcer l’attractivité de la métropole économique pour les investisseurs.
D’après les architectes, ce blocage a des répercussions conséquentes sur l’investissement mais pas que. C’est tout le climat des affaires de la région qui est menacé.
Aujourd’hui, les architectes se trouvent piégés dans cet engrenage administratif, acculés dans des circuits administratifs des autorisations de construire insoutenables, outrepassant les lois et règlements en vigueur et en opposition aux directives officielles incitant à l’encouragement des investissements et à la fluidification des procédures administratives.
Interpellé sur le timing de cette sortie médiatique, Mohamed Karim Sbaï a affirmé que le Conseil a frappé à toutes les portes et user tous les recours avant de médiatiser cette situation. « Certes le Wali de la région s’est mobilisé pour trouver une issue à cette impasse mais en vain », a précisé Sbaï.
Plus que jamais, la métropole est confrontée à plusieurs défis à relever notamment en raison des événements d’envergure que le pays s’apprête à organiser : la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030.
C’est pourquoi les architectes réclament à remédier à l’immédiat à la situation notamment de la part de la Commune de Casablanca qui se doit de prendre et d’assumer ses responsabilités face à l’urgence de la situation dans le but de mettre fin à un système désorganisé et dissocié de la réalité.
Autrement, le Conseil ne compte pas rester les bras croisés. Une protestation voire même un arrêt de dépôt des autorisations sont envisageables pour porter leur voix.
Toutefois des questions sont restées en suspens à l’issue de cette rencontre : Quid des promoteurs ? Ne sont-ils pas les premiers concernés par ces retards ? Pourquoi gardent-ils le silence ?
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