Les médecins du privé interpelle Akhannouch sur la révision de la tarification nationale de référence

Les organisations composant la Coalition syndicale des médecins et prestataires de soins du secteur privé ont adressé une lettre ouverte au Chef du gouvernement afin de solliciter une intervention urgente en faveur de la révision de la Convention nationale relative à la tarification nationale de référence des prestations de santé.
Selon elles, cette réforme constitue une étape indispensable pour garantir un meilleur accès des citoyens marocains aux soins, conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en matière de généralisation de la protection sociale et de réforme du système national de santé.
Dans leur message, les représentants des médecins rappellent avoir accompagné, depuis son lancement, le vaste chantier de réforme du système de santé, en exprimant leur entière adhésion aux objectifs fixés par les pouvoirs publics et leur engagement à contribuer à l’amélioration de la qualité des soins sur l’ensemble du territoire national.
Les signataires soulignent que la santé constitue un pilier fondamental du développement économique et social du Royaume. Ils estiment que la facilitation de l’accès aux soins représente l’un des principaux défis de l’État social voulu par le Souverain et mis en œuvre par le gouvernement.
Ils considèrent que l’installation complète de la Haute Autorité de la Santé, dont le processus institutionnel s’est achevé avec la nomination des membres de son conseil d’administration en juin 2026, ouvre désormais la voie au traitement des dossiers restés en suspens depuis de nombreuses années. Au premier rang de ces priorités figure la révision de la Convention nationale de la tarification de référence, signée en 2006 et jamais actualisée, alors même que la loi n° 65-00 prévoit une révision tous les trois ans.
Selon les organisations professionnelles, cette situation pénalise directement les assurés, qui supportent une part importante des dépenses de santé en raison du décalage entre les tarifs réellement pratiqués et les montants remboursés par les organismes d’assurance maladie. Elles estiment que cette absence d’actualisation constitue un frein à l’accès aux soins, aussi bien pour les consultations que pour les traitements.
Les représentants du secteur privé rappellent qu’aujourd’hui les ménages financeraient plus de 54 % de leurs dépenses de santé, alors que l’Organisation mondiale de la Santé recommande que cette part ne dépasse pas 24 %. Ils précisent également que les consultations médicales ne représentent qu’environ 3,5 % du budget consacré par la CNSS, tout en constituant la principale porte d’entrée vers la prévention et le dépistage précoce. Selon eux, chaque investissement réalisé dans la prévention permettrait d’éviter des coûts de traitement beaucoup plus élevés à moyen et long terme.
Dans cette perspective, la Coalition demande la mise en place d’un parcours de soins clairement défini ainsi que l’actualisation de la tarification de référence sur la base des honoraires actuellement appliqués depuis plus d’une décennie, soit 200 DH pour une consultation de médecine générale et 300 DH pour une consultation de spécialiste. Cette mesure permettrait, selon les signataires, de réduire les dépenses directes supportées par les patients tout en préservant l’équilibre financier des régimes d’assurance maladie grâce à une meilleure prévention des complications.
La lettre attire également l’attention sur la nécessité pour la Haute Autorité de la Santé de moderniser les référentiels thérapeutiques et les mécanismes de remboursement. Les auteurs estiment que, malgré l’augmentation significative du nombre de bénéficiaires de l’assurance maladie, le panier de soins remboursables ainsi que les modalités de prise en charge demeurent pratiquement inchangés depuis près de vingt ans. Ils plaident ainsi pour une adaptation des prestations couvertes aux avancées scientifiques et médicales afin d’améliorer la qualité des soins et de renforcer l’efficacité du système de santé.
Les organisations appellent également à l’harmonisation des normes encadrant l’investissement privé dans le secteur de la santé afin de favoriser le développement de l’offre de soins sur l’ensemble du territoire. Elles réaffirment leur entière disponibilité à participer activement à toute dynamique de réforme visant à renforcer la performance du système national de santé.
Enfin, les signataires invitent le Chef du gouvernement à accorder au secteur privé la place qui lui revient dans les mécanismes de concertation, de planification et de gouvernance sanitaire. Ils souhaitent que les compétences et l’expertise des professionnels du secteur soient davantage mobilisées dans les grands chantiers nationaux de réforme, au service d’une justice sanitaire, tant sur le plan territorial que financier, conformément à la vision portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
La lettre est signée par Dr Moulay Saïd Afif, président du collège syndical des médecins spécialistes privés, Dr Ahmed Benboujida, président du Syndicat national des médecins du secteur libéral, et Dr Abdelhamid Saâdi, président du Syndicat national de la médecine générale.



