Indemnité perte d’emploi / Chômage : un dilemme à résoudre avant 2025

Ecrit par Lamiae Boumahrou I
2025 marquera l’entrée en vigueur du dernier axe du chantier de la généralisation de la couverture sociale à savoir la généralisation de l’indemnité pour perte d’emploi. Mais au regard des chiffres de l’emploi, en dégringolade, on se demande si le gouvernement parviendra-t-il à honorer ce dernier engagement dans les délais ? A ce rythme l’enveloppe fixée de 1 Md de DH sera-t-elle suffisante ?
Fausses promesses, c’est dont on accuse le gouvernement d’Akhannouch notamment en matière de création d’emplois. Et pour cause, nous sommes bien loin de 1 million d’emplois créé en 5 ans promis par l’équipe aux commandes. C’est plutôt une dégringolade de l’emploi qui fait sonner toutes les alarmes.
Les derniers chiffres font froid dans le dos avec un taux de chômage qui est passé de 12,9% à 13,7% au niveau national (+0,8 point), de 17,1 % à 17,6% en milieu urbain (+0,5 point) et de 5,7% à 6,8% en milieu rural (+1,1 point).
Une dégradation du marché de travail qui se répercute significativement sur le développement socio-économique, sur le taux de la croissance économique, sur le climat social, sur le pouvoir d’achat et l’endettement des ménages…
Les répercussions de la dégradation de l’emploi risquent d’être encore plus conséquentes à partir de 2025. Et pour cause, pour chaque emploi perdu l’Etat devra mettre la main à la poche. A partir de l’année prochaine, si le calendrier est maintenu, elle marquera l’entrée en vigueur du quatrième et dernier axe du chantier de la généralisation de la couverture sociale à savoir la généralisation de l’indemnité pour perte d’emploi.
Il s’agit de l’extension de l’indemnité pour perte d’emploi à toutes les personnes exerçant un emploi régulier en se basant essentiellement sur l’allègement des conditions d’éligibilité des personnes ayant une activité stable pour profiter d’une indemnité en cas de perte d’emploi. L’enveloppe budgétaire allouée à cet axe a été fixée à 1 Md de DH. Un budget qui ne représente que moins de 2% du budget général du chantier de la généralisation de la couverture sociale qui est de 51 Mds de DH par an.
A ce rythme on se demande si cette enveloppe sera-t-elle suffisante ? Et si le timing de lancement de ce chantier sera-t-il maintenu en cas de non renversement de cette tendance ?
En effet, plus le taux de chômage sera élevé plus l’indemnité de perte d’emploi le sera aussi. Une double peine pour le gouvernement qui doit se secouer le cocotier pour pallier la hausse du taux de chômage avant l’entrée en vigueur de ladite indemnité.
Aussi, afin d’instaurer le principe de l’équité sociale et de garantir des droits égaux pour tous les travailleurs, le gouvernement devra se magner la rondelle et s’attaquer réellement à l’informel qui continue de gangrener notre économie. Faut-il rappeler à l’Exécutif que près de deux travailleurs sur trois sont en situation d’informalité.
Les réalisations que le gouvernement se vante ne reflètent nullement la réalité dans laquelle vit une frange importante de la population. Et pour cause, la plupart des indicateurs socio-économiques sont dans le rouge. Les chiffres seuls ne suffisent pas à évaluer l’action du gouvernement. Ils doivent être associés à des indicateurs de performance et de satisfaction de la part des citoyens mais aussi de la sphère économique.
Tant que le malaise social persiste, tant que les indicateurs de l’emploi sont dans le rouge, tant que les promesses du gouvernement ne sont pas tenues, tant que le niveau de vie des Marocains ne s’améliore pas.., le gouvernement ne peut se targuer de son bilan.
En attendant de voir comment le gouvernement compte-t-il se rattraper par rapport à ses engagements en matière de création d’emploi, on ne peut que prendre notre mal en patience et attendre.
