Initiative Royale pour l’Atlantique : Déclaration de Rabat à l’issue de la réunion des présidents des Parlements des États africains de l’Atlantique

L’initiative de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, visant à favoriser l’accès des Etats du Sahel à l’Océan Atlantique, a été hautement saluée par les présidents des Parlements des Etats africains de la façade atlantique, a affirmé jeudi, le président de la Chambre des Représentants, Rachid Talbi Alami. Voici l’intégralité de Rabat émise ce vendredi à l’issue de de la réunion des présidents des Parlements des États africains de l’Atlantique.
« Pour la transformation de la façade atlantique africaine en un espace d’intégration, de prospérité, d’attractivité et de connexion avec le monde »
Nous, Présidents et représentants des parlements des Etats Africains Atlantiques, réunis à Rabat, capitale du Royaume du Maroc, pour discuter et apporter notre soutien au « Processus des Etats Africains Atlantiques- PEAA » et dans le but de lui donner une impulsion politique, susceptible d’en activer la réalisation par la mise en œuvre de projets concrets et incarner ainsi les ambitions des peuples de notre continent au progrès et à la réalisation de l’intégration régionale et continentale ;
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Saluant « le Processus des Etats Africains Atlantiques » initié par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Roi du Maroc, et visant à faire de la façade atlantique un espace humain d’intégration économique, de prospérité sociale et d’attractivité des investissements internationaux, et qui se complète avec l’initiative de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, de permettre aux Etats du Sahel d’avoir accès à l’Océan Atlantique ;
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Rappelant les contextes internationaux, continentaux et régionaux qui sous-tendent ce projet et en particulier :
1- La conjoncture internationale actuelle marquée par l’incertitude et la recrudescence de la polarisation, des axes et des alliances internationales ;
2- Les défis auxquels notre continent est confronté, y compris les velléités séparatistes, le terrorisme, l’intégrisme et les conflits intérieurs et transfrontaliers, les effets du réchauffement climatique sur le continent ;
3- Rappelant les potentialités énormes que recèle notre continent, y compris nos Etats atlantiques, particulièrement les terres arables, les mines et les ressources énergétiques stratégiques pour l’industrie et les technologies dont le monde a besoin ;
4- Considérant les ressources humaines énormes et prometteuses dont dispose notre continent, attestées par l’importance de son capital humain jeune en majorité; en plus du savoir-faire et des compétences scientifiques des élites, dans les différents domaines, qui constituent un levier fondamental de l’émergence de l’Afrique ;
Tenant compte de la nécessité impérieuse de convertir ces atouts en richesses, valeurs ajoutées et prospérité socio-économique concrets pour les peuples africains qui adhéreront à leur réalisation et bénéficieront de leurs bienfaits.
5- Soulignant l’importance de consolider l’ouverture du continent africain au reste des économies du monde, nous insistons sur l’importance de mettre en place des partenariats équitables, équilibrés et dynamiques basés sur l’intérêt mutuel et susceptibles de promouvoir la renaissance de l’Afrique par l’implantation des investissements, les transfert des technologies, des compétences et du savoir, tout en permettant aux compétences et forces ouvrières africaines de se les approprier, en vue de permettre à l’Afrique de rattraper les autres coalitions et forces économiques, combler les fossés industriels et numériques qui séparent le continent des autres espaces géostratégiques et réaliser, ainsi, essentiellement les aspirations à établir une véritable coopération Sud-Sud ;
6- Réitérant les principes fondamentaux qui doivent régir les relations entre les pays africains, et plus précisément le respect de la souveraineté des Etats, et l’intégrité de leurs territoires, pierre angulaire des relations internationales.
Au vu de toutes ces considérations et d’autres :
a- Saluant la noblesse du Processus qui sous-tend des défis historiques et géopolitiques à travers la valorisation des potentialités des 23 pays africains du littoral de l’Océan Atlantique, nous considérons que le PEAA est une initiative extrêmement prometteuse et constitue un levier pour la consolidation et le renforcement de la « Zone de Libre-Echange Continentale Africaine » et une de ses principales portes vers le monde.
b- Nous rappelons que ce Processus présente toutes les opportunités et leviers de succès, particulièrement eu égard à l’importance stratégique de l’Océan Atlantique pour l’Afrique ainsi que ses richesses, sa position géographique et sa capacité à attirer des investissements mondiaux pour la mise en place de grands projets et d’infrastructures ; nul besoin de rappeler la stabilité et la sécurité qui caractérisent la côte atlantique en matière de circulation des biens et des personnes.
Nous soulignons notre ambition que ce Processus permettra de faire de la façade atlantique africaine un pôle international susceptible d’attirer les investissements, les services et le tourisme et une plateforme d’échanges internationaux.
c- Nous considérons que l’importance et l’efficacité du Processus sont renforcées par sa complémentarité avec deux initiatives et projets africains importants, à savoir :
i. Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc, qui reliera 13 Etats Africains à l’Europe et qui constituera une artère pour l’économie de la région.
ii. L’initiative visant à faciliter l’accès des Etats du Sahel à l’Océan Atlantique.
d- Nous affirmons notre conviction que le Processus constitue une base fondamentale pour la construction de l’avenir commun de nos Etats, et qu’il déclenchera une grande dynamique pour nos économies, à travers la réalisation de routes, de ports et autres infrastructures de base et services associés. Il est également catalyseur d’ouverture, de connectivité, de liaisons maritimes, terrestres et aériennes modernes entre nos Etats, avec le reste du continent et le monde, et porte également un grand potentiel en termes d’emploi.
Compte tenu de ce qui précède :
1- Nous apprécions les étapes franchies entre les gouvernements de nos Etats pour réaliser ce projet ambitieux, soulignons l’importance de l’approche participative et consultative adoptée pour son développement, et appelons à la diversification des mécanismes de réflexion et de planification communes, afin que ce projet soit approprié par toutes les institutions nationales des Etats concernés.
2- Nous appelons à faire connaître le PEAA au niveau national dans les pays concernés, ainsi qu’auprès des autres puissances économiques, dans le but de l’inscrire dans les agendas économiques et de développement mondiaux, et qu’il soit au centre des intérêts des investisseurs internationaux, y compris les Etats, les institutions financières et les sociétés internationales.
3- A cet effet, nous affirmons notre détermination, notre engagement et notre implication, en tant qu’institutions représentatives, dans le plaidoyer international en faveur du PEAA, notamment au sein de la communauté parlementaire mondiale, dans le cadre de notre engagement en faveur des causes justes de l’Afrique.
4- Nous insistons sur l’attachement et l’approfondissement des liens de solidarité et de soutien entre les Etats africains et nous appelons au règlement des différends par le dialogue et les moyens pacifiques, évitant, ainsi, le recours à la force.
5- Afin d’assurer la durabilité et l’institutionnalisation de nos actions, nous décidons de créer un réseau parlementaire où seront représentés nos parlements nationaux, et ce, pour coordonner nos démarches et capitaliser sur les résultats des différentes étapes à venir. A cette fin, nous avons décidé de créer un Secrétariat technique qui sera chargé du suivi de nos actions.
En conclusion, nous exprimons nos remerciements au Royaume du Maroc d’avoir accueilli cette réunion parlementaire, qui reflète, encore une fois, les efforts déployés par le Royaume en faveur du progrès et la prospérité de l’Afrique et de la coordination des efforts entrepris par les gouvernements et les parlements africains au service des intérêts vitaux du continent, en consécration de l’adage « l’Afrique doit faire confiance à l’Afrique ».
Fait à Rabat, le 6 Février 2025.
Liste des participants
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République du Bénin : M. Louis Gbèhounou VLAVONOU, Président de l’Assemblée nationale.
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République du Congo : M. Isidore MVOUBA, Président de l’Assemblée Nationale.
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République Démocratique du Congo : M. Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi, Président de l’Assemblée Nationale.
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République du Gabon : M. Jean-François NDONGOU, Président de l’Assemblée Nationale de la Transition.
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République de Gambie : M. Fabakary Tombong Jatta, Président de l’Assemblée Nationale.
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République du Ghana : M. Alban Sumana Kingsford Bagbin, Président du Parlement.
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République de Guinée : M. Dansa KOUROUMA , Président du Conseil National de la transition.
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République du Guinée Equatoriale : M. Salomon Nguema Owono, Président de la Chambre des Députés.
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République de Liberia : M. Richard Nagbe Koon, Président de la Chambre des Représentants.
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Royaume du Maroc : M. Rachid Talbi Alami, Président de la Chambre des Représentants.
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République islamique de Mauritanie : M. Mohamed Bamba Ould Meguett, Président de l’Assemblée nationale.
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République Fédérale du Nigéria : M. Tajudeen Abbas, Président de la Chambre des représentants.
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République du Sénégal : M. Malick Ndiaye, Président de l’Assemblée Nationale. République du Sierra Leone : M. Segepoh Solomon Thomas, Président du Parlement.
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République d’Angola : Mme. Ruth Mendes, Présidente de la Commission de la défense, de la sécurité nationale et de l’ordre intérieur à l’Assemblée nationale.
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République du Cameroun : M. Baoro Théophile, Vice-président de l’Assemblée Nationale.
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République du Cap Vert : M. Vanuza Barbosa, Député à l’Assemblé nationale.
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République de Côte d’Ivoire, M. Fregbo Guete Basile Mesmin, Vice-Président de l’Assemblée Nationale.
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République démocratique São Tomé and Príncipe : M. Do Nascimento D’Oliveira Abnildo , Vice-président de l’Assemblée Nationale.
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République du Togo : Mme. Dossou-D’almeida Dohoe Myriam Viwouale, Vice-présidente de l’Assemblée Nationale.
