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Economie Nationale

Transport sanitaire privé : à la veille de la CAN 2025 et CDM 2030, l’ENSAM alerte sur un secteur en crise

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Écrit par la Rédaction I

À l’aube de grands rendez-vous internationaux comme la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et la Coupe du Monde 2030, le Maroc a l’opportunité – et la responsabilité – de moderniser son système de secours, en y intégrant pleinement le secteur privé, pilier discret mais essentiel de la chaîne de soins. Un secteur en crise, selon le cri d’alerte lancé par l’Association Nationale des Transports Sanitaires (ANSAM).

La situation du transport sanitaire au Maroc interpelle profondément les consciences. Chaque année, les accidents de la route causent des milliers de victimes, et près de 80 % des décès surviennent avant l’arrivée à l’hôpital, faute d’intervention rapide et adaptée sur les lieux de l’accident. « Ce constat alarmant doit nous pousser à engager une réforme ambitieuse et urgente », alerte le président de l’Association Nationale des Transports Sanitaires “ANSAM”, Abdel Hamid El Mouadden.

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À l’aube de grands rendez-vous internationaux comme la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et la Coupe du Monde 2030, le Maroc a l’opportunité – et la responsabilité – de moderniser son système de secours, en y intégrant pleinement le secteur privé, pilier discret mais essentiel de la chaîne de soins.

« Nous appelons les autorités compétentes, notamment le Ministère du Transport, à rendre obligatoire une formation aux premiers secours pour tout candidat au permis de conduire. Ce module, court (3 à 6 heures), peu coûteux et dispensé par des centres agréés, permettrait à chaque futur conducteur de maîtriser les gestes vitaux : alerte rapide, réanimation de base, arrêt d’hémorragie, dégagement d’urgence », soutient l’ANSAM.

C’est une mesure de bon sens, immédiatement applicable, qui transformerait chaque citoyen en acteur actif de la chaîne de secours.

Et ces compétences dépassent largement le cadre routier : elles s’avèrent tout aussi utiles à la maison, au travail, à l’école ou dans tout espace public. Former la population, c’est investir dans la sécurité collective et la solidarité nationale, selon l’Association.

Le transport sanitaire privé : un maillon stratégique menacé

Selon Abdel Hamid El Mouadden, plus de 90 % des évacuations médicales urgentes au Maroc sont assurées par des ambulanciers privés, souvent dans des conditions précaires, sans reconnaissance institutionnelle, ni cadre juridique stable.

Ces entreprises, pourtant créées dans le respect des lois, ayant investi dans des flottes d’ambulances, du matériel médical et la formation des personnels, sont marginalisées par des appels d’offres inéquitables, ou carrément exclues sans consultation, déplore-t-on.

Pour y remédier, l’ENSAM propose 5 mesures majeures. D’abord, reconnaître officiellement les opérateurs historiques ayant fait preuve de fiabilité et de conformité fiscale et supprimer les appels d’offres exclusifs, vecteurs de monopoles et d’iniquité.

L’association propose également d’instaurer un cahier des charges unique, ouvert à toute entreprise qualifiée et d’adopter un système fiscal équitable, à l’image de Casablanca (500 DH par ambulance/an).

Enfin, rendre obligatoire la formation en secourisme pour tout ambulancier.

Dans ce sillage, l’ANSAM rappelle le rôle majeur du transport sanitaire privé lors des crises. Lors de catastrophes nationales récentes, comme le séisme ayant frappé Marrakech et Agadir, ce sont les ambulanciers privés – y compris ceux en attente de régularisation – qui ont été les premiers à intervenir, affirme Abdel Hamid El Mouadden.

Il en a été de même pendant la pandémie de Covid-19, où le service public a massivement sollicité ces acteurs invisibles, pourtant sans statut, rappelle-t-il.

Ce passé ne peut être ignoré. Il confirme une vérité simple : sans le secteur privé, la chaîne sanitaire marocaine ne peut répondre efficacement aux urgences.

Transport sanitaire privé, des défis et une volonté de réforme

L’appel d’alerte de l’ANSAM, révèle également d’autres défis auxquels est confronté le transport sanitaire privé, notamment réglementaire. On apprend ainsi que l’article 446 du Code pénal marocain stipule qu’exercer une activité paramédicale sans diplôme reconnu est passible d’un à deux ans de prison et de 5.000 à 50.000 DH d’amende.

Si cette disposition est appliquée sans cadre de régularisation adapté, ce sont des centaines d’ambulanciers en règle sur le plan fiscal, mais non agréés, qui risquent la fermeture voire l’emprisonnement, mettant en péril l’ensemble du système de transport sanitaire, déplore le président l’ANSAM.

La marche nationale du 1er mai 2025, réunissant des milliers d’ambulanciers dans plus de quinze villes, a été un cri d’alerte, un appel au dialogue et à la justice.

L’ANSAM appelle ainsi à une réforme pour un Maroc moderne, solidaire et souverain. « Il est temps pour le Maroc de rejoindre les pays qui font de la prévention, de la formation et de l’inclusion des acteurs privés une priorité nationale : France, Belgique, Allemagne, Espagne, Tunisie… Nous appelons les autorités nationales et locales à engager une réforme courageuse, inclusive et structurée du transport sanitaire. Nous sommes disponibles pour dialoguer, proposer, bâtir, avec responsabilité et engagement, un écosystème de santé performant, humain et à la hauteur des ambitions du Royaume », assure-t-on.

Un partenariat international entravé par une gestion locale dissuasive

Sur un autre registre, l’ANSAM signale que plusieurs sociétés internationales spécialisées dans la couverture médicale d’événements majeurs, notamment en France – ayant assuré la sécurité sanitaire de la Coupe du Monde de la FIFA ou des Jeux Olympiques – ont récemment approché les professionnels marocains en vue de partenariats stratégiques pour les événements à venir au Maroc.

Cependant, la gestion actuelle du transport sanitaire, centralisée et opaque au niveau de certaines communes, les a profondément découragées, estime l’ANSAM. Face au manque de transparence, à l’absence de dialogue avec les professionnels en place et à l’instabilité réglementaire, plusieurs de ces groupes ont renoncé à s’engager au Maroc, alors même que leur présence aurait représenté une plus-value en matière de savoir-faire, de normes et d’innovation technologique.

« Nous adressons aujourd’hui un appel urgent et responsable à l’attention de Monsieur le Ministre de l’Intérieur, Monsieur le Ministre de la Santé et Monsieur le Ministre du Transport : Ensemble, soyons solidaires. Main dans la main, relevons le défi. Accompagnons la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI – que Dieu Le glorifie – pour faire du Maroc un pays à la hauteur de ses ambitions, de ses engagements internationaux, et de son rôle central dans l’organisation de la Coupe du Monde 2030. Les ambulanciers du Maroc – du secteur privé, toutes régions confondues – sont unis, mobilisés et solidaires », soutient le président de l’ANSAM.

Ils appellent à une justice sectorielle, à une régularisation équitable, et à une reconnaissance de leur rôle essentiel dans le système de santé, en offrant un service d’urgence de qualité à tous les citoyens marocains ; en soutenant activement les besoins croissants du secteur touristique et événementiel et en participant pleinement à la réussite sanitaire des grands événements à venir.

« Nous sommes prêts, disponibles et capables de relever ce défi national. », assure Abdel Hamid El Mouadden.


Lire également : Une circulaire de l’Intérieur perturbe les évacuations par ambulances

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