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Economie

Santé & Education : réforme de la LOF, un levier important pour garantir le rendement des 140 Mds de DH

Santé éducation

Ecrit par Soubha Es-Siari I

Injecter 140 Mds de DH dans les secteurs Santé & Education suite aux orientations du Souverain se veut une initiative importante, très louable. Encore faut-il qu’ils soient ventilés de manière efficace. Pour ce faire, la cohérence des politiques publiques et l’adoption de la réforme de la Loi organique des Finances (LOF) contenant l’obligation des résultats sont plus que déterminantes. Autrement les mêmes causes produiront les mêmes effets.

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140 Mds de DH est le montant qui sera alloué à la Santé et à l’Education dans le cadre du PLF 2026, un budget titanesque pour remédier aux défaillances pointées du doigt dans ces deux secteurs stratégiques pour l’économie.

Si le Maroc peut se targuer des réalisations enregistrées dans d’autres secteurs tels que l’industrie, l’énergie, l’aéronautique…, il n’en demeure pas moins que la Santé et l’éducation continuent à souffrir comme cela est dénoncé que ce soit par la rue ou par les rapports officiels voire même par les discours du Souverain.

Aujourd’hui, analystes, économistes, société civile… tout le monde clame haut et fort qu’il faut trouver impérativement des solutions efficaces, durables et structurantes.

Encore faut-il s’interroger sur le comment si l’on prend en considération que les indicateurs macroéconomiques ou les hypothèses n’ont quasiment pas changé. Comme l’a si bien dit un économiste dans un débat diffusé sur une chaîne de  télévision : « Dans les hypothèses retenues dans le cadre du PLF 2026, il n’y rien de nouveau. Il s’agit plus précisément d’un redéploiement ».

Autre fait important à signaler pour rendre efficaces les 140 Mds de DH aux secteurs de l’éducation et de la santé est qu’il ne faut pas mettre l’accent uniquement sur le quantitatif mais plus sur le qualitatif. Parce c’est là où le bât blesse.

Cette somme colossale des 140 Mds de DH doit être injectée dans ces deux secteurs névralgiques avec une obligation de résultats. C’est ce que tout le monde attend de la réforme de la loi organique des finances (LOF) qui a pris du temps pour être adoptée. Le contraire nous aurait étonné étant donné la lenteur de l’adoption des réformes au Maroc. A telle enseigne que la réforme en question perd de sa valeur parce qu’entre-temps beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.

La ventilation des 140 Mds de DH (soit une hausse de 19% par rapport à 2025) laisse entrevoir une répartition entre le matériel, le personnel et les investissements. A ce titre, nous ne pouvons passer sous silence les ressources humaines, à mon avis, le maillon faible de la chaîne.

Ces ressources humaines sont supposées bien gérer cet argent sinon rien ne va changer et les résultats seraient identiques à ceux d’aujourd’hui sinon pires encore avec un creusement de déficit budgétaire, un endettement fort conditionnant l’avenir des générations futures. Allusion faite bien entendu à la gabegie, aux malversations, aux détournements… souvent signalés dans les rapports de la Cour des comptes mais avec toute l’impunité qui règne. Une autre paire de manches.

Pour une cohérence des politiques publiques

Tout cela nous mène sur une autre réalité aussi décevante que la mauvaise gouvernance, il s’agit de la cohérence entre les politiques publiques. A cet égard, il faut cesser de raisonner sectoriel ou département ministériel. La cohérence des politiques publiques se veut fondamentale pour un meilleur fonctionnement des services publics. Nous n’avons eu cesse de s’interroger sur à quoi sert une école ou un hôpital dans un village si l’accès est difficile ou pernicieux faute de routes bien tracées. C’est pour dire que la convergence entre la politique du ministère de l’éduction ou de la santé avec celle de l’équipement est névralgique. C’est un exemple parmi tant d’autres.

Faute de cette cohérence ou de convergence entre les ministères, le rendement des 140 Mds de DH ne sera pas au rendez-vous avec un relèvement des impôts ou taxes et une dette dont les intérêts coûtent au Budget les yeux de la tête. Suite à cela, la défiance vis-à-vis des politiques ne fera qu’augmenter et le mot Etat social que nous galvaudons depuis quelques années ne serait, in fine, qu’une illusion.

D’ailleurs face à une crise endémique de l’emploi au Maroc, il est toujours difficile de parler d’un Etat social et les 37.000 créations d’emploi prévues dans le PLF 2026 soulèvent d’autres interrogations. Sans omettre l’épineuse réforme de la retraite sans cesse repoussée.

L’effort budgétaire est certes là mais l’efficacité et l’efficience de la dépense se posent énormément. Pour y parvenir tout en améliorant la qualité, des mesures d’accompagnement doivent être déployées que ce soit dans la Santé ou dans l’Education. Pour l’éducation, nous pouvons citer à titre d’exemple la réduction du nombre d’élèves dans une classe, la formation continue des enseignants, le cadrage des enseignants qui désertent l’école publique privilégiant le privé.

Idem pour la santé, l’amélioration des compétences des ressources humaines joue un rôle fondamental. Les erreurs médicales sont légion dans le système avec toute l’impunité prégnante.

Une chose est sûre : pour que les 140 Mds de DH soient gérés de manière efficace et efficiente, il est indispensable de veiller à une cohérence des politiques publiques. Aussi, la réforme de la Loi organique des finances revêt-elle une grande importance à travers l’introduction de l’obligation des résultats pour l’efficacité, la transparence et la bonne gouvernance de la dépense publique.

C’est toute l’ingénierie financière pour que le Maroc intègre le Cercle des pays émergents tel que prôné dans le PLF 2026. Sinon entrer de plain-pied dans la Cour des grands ne serait qu’un beau rêve.

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