Produit intérieur brut (PIB) : une hausse de 7,9% boostée par le secteur des sociétés

Les sociétés financières et non financières ont créé 45,7% de la richesse nationale en 2024 et ont disposé de 16,6% du revenu national brut disponible. Elles ont contribué pour 60,3% à l’épargne nationale et pour 59,2% à l’investissement (formation brute du capital fixe).
L’économie nationale a affiché un produit intérieur brut (PIB) en valeur de 1596,8 Mds de DH en 2024, en augmentation de 7,9% par rapport à 2023, selon la note d’information, émanant du Haut Commissariat au Plan, relative aux comptes nationaux des
Le secteur des sociétés (financières et non financières), premier producteur de la richesse nationale, a enregistré une contribution au PIB de 45,7%. Celle des administrations publiques, s’est établie à 14,8% du PIB au lieu de 15% en 2023. La participation des ménages et ISBLSM s’est située à 28,4% du PIB au lieu de 29,5% une année auparavant, et les impôts nets de subventions sur la production et les importations, ont augmenté de 1,2 point par rapport à 2023 pour atteindre 11,1% du PIB.
Le Revenu National Brut Disponible (RNBD) a connu une hausse de 7,7% en 2024 pour se situer à 1709,1 Mds de DH. Cette évolution est due à la hausse de 8% du revenu brut des sociétés (financières et non financières), de 6,9% pour les ménages et ISBLSM et de 10% pour les administrations publiques.
Ainsi, les contributions des secteurs institutionnels au RNBD se sont situées à :
- 63,1% pour les ménages et les ISBLSM ;
- 20,3% pour les administrations publiques ;
- 16,6% pour les sociétés (dont 2,3% pour les sociétés financières).
Revenu disponible brut des ménages et pouvoir d’achat
Le revenu disponible brut (RDB) des ménages a enregistré une évolution de 6,7% en 2024 pour atteindre 1059,7 Mds de DH, au lieu de 8,7% enregistrée en 2023. La rémunération des salariés a contribué à hauteur de 45,3% à ce revenu, avec une progression de 6,7%. Le revenu mixte, incluant l’excédent brut du service de logement, a représenté 39,4% du RDB des ménages et a connu une évolution de 4%. Par ailleurs, les revenus de la propriété nets ont enregistré une forte progression de 10,6%, ces revenus ajoutés aux prestations sociales et autres transferts nets ont contribué de 32,9% au RDB des ménages.
Toutefois, les impôts sur le revenu et le patrimoine, constitués principalement des impôts sur les salaires, et les cotisations sociales ont contribué négativement de 17,6% à la formation du revenu disponible des ménages.
La dépense de consommation finale des ménages a absorbé 89,2% du revenu disponible brut des ménages. Ainsi, le taux d’épargne des ménages s’est situé à 11,3%. De leur côté, les transferts sociaux en nature ont évolué de 9,5% contre 4,0% en 2023. Par conséquent, la consommation finale effective des ménages a atteint 1080 Mds de DH contre 1014,9 l’année précédente.
Par habitant, le revenu disponible des ménages a atteint 28.808 DH en 2024 au lieu de 27.176 DH en 2023 enregistrant ainsi une hausse de 6%. Suite, à l’évolution de 0,9% de l’indice général des prix à la consommation atteint en 2024, le pouvoir d’achat des ménages s’est amélioré de 5,1 points contre 1,8 points enregistrés en 2023.
Formation brute du capital fixe et son financement
L’épargne nationale, avec 461,7 Mds de DH en 2024, s’est améliorée de 11,6% par rapport à l’année précédente. Les sociétés financières et non financières y ont contribué à hauteur de 60,3%, les ménages et les ISBLSM à 26,8%, et les administrations publiques à 12,9%.
La formation brute du capital fixe (FBCF), de son côté, s’est établie à 422,5 Mds de DH en 2024, en amélioration de 13,9% par rapport à 2023. Ceci est dû à une forte reprise des investissements des sociétés à la hausse de 19,9%, d’une évolution de 7,9% de la FBCF du secteur des ménages et ISBLSM et d’une évolution de 3,2% de la FBCF des Administrations publiques.
Les sociétés (financières et non financières), ont contribué de 59,2% de la FBCF nationale en 2024. De leur côté, les ménages et ISBLSM ont contribué de 26,1% au lieu de 27,5%, celle des administrations publiques s’est située à 14,7% au lieu de 16,2%.
Globalement, le besoin de financement de la nation a été de 18,5 Mds de DH en 2024 et a représenté 1,2% du PIB au lieu de 0,9% une année auparavant. Cette détérioration résulte principalement du passage du secteur des sociétés non financières d’une capacité de financement de 11,9 Mds de DH à un besoin de financement d’environ 8,2 Mds de DH. De leur part, les sociétés financières ont connu un creusement de leur besoin de financement qui a atteint 9,1 Mds de DH en 2024. Alors que le secteur des Administrations Publiques a connu un allègement de son besoin de financement de 12,2 Mds de DH en 2024. Aussi, les ménages (y compris ISBLSM) ont vu leur capacité de financement s’améliorer de 10,9 Mds de DH.
Endettement du secteur des Administrations Publiques
Pour couvrir leurs besoins de financement, le secteur des administrations publiques a toujours eu recours à l’endettement intérieur et extérieur. En effet, les émissions du trésor public dans le marché intérieur ont marqué une hausse importante, affichant ainsi un flux net de l’ordre 48,8 Mds de DH en 2024 contre 40 Mds de DH en 2023. De sa part, l’endettement extérieur de ce secteur a enregistré un flux net de l’ordre 19 Mds de DH en 2024 contre 34,9 Mds de DH en 2023. A ce niveau, le flux net des titres de créances négociables émis à l’international a affiché une valeur négative de (-9.4) Mds de DH en 2024 contre 24,1 Mds de DH en 2023.
De leur côté, les sociétés non financières (SNF) ont affiché une baisse remarquable des crédits bancaires. Ainsi, le flux net des crédits accordés aux SNF a enregistré 12,9 Mds de DH en 2024 contre 19,9 Mds de DH en 2023, représentant ainsi 15,1% et 38,7% de leurs engagements, successivement pour 2024 et 2023.
L’endettement des ménages (y compris les entrepreneurs individuels) auprès des banques a affiché une légère augmentation. A ce propos, le flux net des crédits a enregistré 13 Mds de DH en 2024 contre 12 Mds de DH en 2023. Cependant, les dépôts ont enregistré une forte augmentation, affichant un flux net de l’ordre de 86,8 Mds de DH en 2024 contre 66,9 Mds de DH en 2023, ce qui représente 92,5% et 88,3% de leurs avoirs respectivement.
En outre, les sociétés financières (SF) ont enregistré une régression importante des crédits contre une forte amélioration des dépôts. En effet, le flux net des crédits accordés par ce secteur est passé de 65,5 Mds de DH en 2023 à 41,9 Mds de DH en 2024. En revanche, les dépôts auprès de ces établissements ont affiché un flux net de l’ordre de 152,3 Mds de DH en 2024 contre 88 Mds de DH une année auparavant.
