Sociétés cotées : les industrielles dépassent les financières en RNPG en 2025

La masse des dividendes annoncés progresse de +16,9% à 24,5 Mds de DH avec 42 sociétés cotées sur 54 ayant annoncé un DPA supérieur à 2024. Pourtant, le dividend yield recule à 2,6% contre 2,8% l’an dernier, du fait de la forte hausse de la capitalisation boursière. Dans le même temps, le PER 2025 reste proche de sa moyenne historique à 20,1x.
Au terme de l’année 2025, les sociétés cotées affichent un CA global en appréciation de +10,9% à 345,1 Mds de DH (Cf. Earning T4 2025) sous l’effet combiné du dynamisme commercial des financières ayant enregistré une hausse du PNB de +5,4% à 99,1 Mds de DH, l’amélioration des performances commerciales enregistrées des industries (+14,0% à 220,6 Mds de DH) et la progression des primes émises brutes du secteur Assurances & Courtage (+7,3% à 25,5 Mds de DH), relève BKGR dans la dernière édition du BKGR Earning FY 25.
Avec 50,9 Mds de DH de capacité bénéficiaire en 2025, les sociétés cotées de la Bourse de Casablanca atteignent un cap historique. En quatre ans, le RNPG de la cote a quasiment doublé. Ce bond reflète les avancées d’une économie marocaine en transformation profonde et non en simple régime de croisière.
Retraité des éléments exceptionnels liés au litige IAM/WANA, la performance récurrente de la cote s’établit tout de même à 49,5 Mds de DH (+22,3%), essentiellement tirée par la plus forte croissance organique observée depuis 2021.
A fin décembre 2025, le résultat d’exploitation global des sociétés cotées ressort en progression de +21,7% à 105,5 Mds de DH tiré par la performance opérationnelle exceptionnelle des Industries ainsi que la non-récurrence des impacts du litige IAM/WANA et du bon comportement des financières. Retraité de cet élément exceptionnel, le résultat opérationnel global aurait tout de même augmenté de près de +12% sur la période passée sous revue.
Au volet des industries, le REX progresse significativement de +51,1% à 46,6 Mds de DH pour une MOP qui s’améliore significativement passant de 15,9% à 21,1% à fin 2025.
Cette évolution recouvre principalement le bond du résultat opérationnel de MAROC TELECOM à 13.547 MDH (vs. 6.062 MDH à fin 2024) intégrant les rétrocessions reçues de 2 Mds de DH (en brut) dans le cadre des accords mettant fin aux litiges sur le dégroupage avec WANA CORPORATE et la non-récurrence du litige d’un montant de MAD 6 Md relatif au même différend.
L’appréciation de +3,1x du résultat d’exploitation de MANAGEM à 4 Mds de DH tirée par une bonne dynamique commerciale, bénéficiant de la contribution des nouvelles capacités mises en production au Maroc et au Sénégal ainsi que du contexte favorable des cours, a également contribué à ce rebond. Ainsi que la forte hausse de +2,47x à 2.257 MDHdu résultat d’exploitation de TGCC (intégrant STAM-VIAS), profitant de la montée en puissance sur des contrats à forte intensité technique et à meilleure valeur ajoutée et d’une plus forte absorption des charges ;
Et, la progression de +22% de l’EBE de MARSA MAROC à 3,2 Mds de DH traduisant la dynamique positive de l’activité du Groupe et les efforts continus d’amélioration de l’efficacité opérationnelle.
Retraitée de l’impact exceptionnel de MAROC TELECOM, la performance opérationnelle des industries ressort, à fin 2025, en amélioration avec un REX agrégé en progression de +21% à 44,6 Mds de DH et une MOP ajustée en hausse à 20,2% (vs. 19% à fin 2024). Au total et sur les 54 valeurs industrielles passées sous revue, 11 valeurs voient leur marge opérationnelle se dégrader.
Pour leur part, les financières affichent un RBE en progression de +5,1% à 56,6 Mds de DH, porté par le bon comportement du PNB des Banques cotées (+5,4%). En revanche, le coefficient d’exploitation affiche une légère dégradation (+0,2 pt à 43%) qui ne traduit pas une tendance généralisée à l’échelle du secteur.
Elle provient essentiellement d’ATW, dont la croissance modérée du PNB (+1,2%) a été insuffisante pour absorber pleinement la progression des charges générales d’exploitation. Enfin, le Résultat Technique des compagnies d’assurances et de courtage affiche une croissance à deux chiffres de +18,8% à 2,4 Mds de DH, tiré par une forte hausse (+33,6%) du résultat financier des assureurs cotés dans un contexte de marchés favorable.
Ce bon comportement du RT masque, toutefois, une dégradation de la sinistralité (un S/P non-vie en hausse de +4,1 pts) particulièrement marquée sur la branche automobile, sectoriellement impactée. Cette évolution reflèterait non seulement une hausse de la fréquence des sinistres, mais également l’effet de l’inflation, lequel continue d’exercer une pression à la hausse sur le coût de main-d’œuvre et les frais de réparation, soutient BKGR.
Selon BKGR, 2025 marque le retour des industries au premier plan, après le basculement de 2024 en faveur des financières. Hors effet IAM/ WANA, les industries affichent tout de même +32,9% de RNPG à 25,1 Mds de DH, dépassant les financières. Le moteur industriel reprend ainsi la main avec des locomotives multiples dont principalement MANAGEM (+4,8x).
Pour autant, les financières demeurent un socle solide de la cote, grâce à des résultats toujours bien orientés, avec un RNPG agrégé en hausse de +13,2% à 22,4 Mds de DH, confirmant la résilience et la récurrence bénéficiaire du secteur.
