Aji Tfham : les vérités historiques que vous ne lirez jamais dans les manuels scolaires

Face au silence des manuels et aux tensions diplomatiques croissantes, l’historien Nabil Mouline et le réalisateur Mustapha Swinga lancent une série documentaire inédite. Objectif : offrir aux citoyens un récit historique rigoureux et accessible sur les frontières communes.
Dans un contexte régional marqué par une rupture diplomatique profonde entre Rabat et Alger, une initiative intellectuelle tente de ramener de la sérénité par le savoir. La série documentaire animée « Aji Tfham » (Viens comprendre) vient de dévoiler son deuxième épisode sur YouTube, marquant une étape clé dans la vulgarisation de l’histoire maghrébine.
Une alliance inédite entre science et art
Le projet repose sur un binôme complémentaire. D’un côté, Nabil Mouline, chercheur au CNRS et figure de proue de l’historiographie marocaine, assure la direction scientifique. De l’autre, Mustapha El Fekkak, alias Swinga, apporte son génie de la narration digitale et de l’animation.
Ensemble, ils transforment des archives arides — manuscrits, cartes diplomatiques et correspondances — en un contenu visuel dynamique. Narrée en darija pour toucher le cœur de la société marocaine, la série est également doublée en plusieurs langues (français, anglais, espagnol) pour porter ce message à l’international.
Déconstruire les stéréotypes
L’urgence est avant tout pédagogique. Selon Nabil Mouline, les Marocains souffrent d’un manque de repères historiques précis sur leurs relations avec le voisin algérien, laissant souvent place aux discours émotionnels ou aux Fake News.
Le programme de la série est ambitieux et se divise en deux blocs majeurs de quatre épisodes chacun
Un projet porté par le public
L’originalité d’Aji Tfham réside aussi dans son modèle économique. Loin des financements étatiques ou institutionnels classiques, la série a vu le jour grâce à une campagne de crowdfunding. Plus de 1 200 contributeurs ont mobilisé 430.000 dirhams sur la plateforme Kiwi Collecte, prouvant l’immense soif de vérité historique des citoyens.
En rendant l’histoire « gratuite, rigoureuse et populaire », ce projet ne se contente pas de raconter le passé ; il tente de donner aux nouvelles générations les clés pour comprendre le présent et, peut-être, envisager un futur plus apaisé.
