Alourdissement de la facture énergétique : le déficit commercial marocain franchit les 127 milliards de DH

À fin avril 2026, la balance commerciale du Maroc affiche un creusement notable de son déficit, qui s’établit à -127.045 MDH contre -107.280 MDH une année auparavant, soit une aggravation de 18,4 %. Cette situation découle d’un déséquilibre persistant entre le rythme de croissance des importations, qui progressent de 12,7 % pour atteindre 295.901 MDH, et celui des exportations, qui augmentent plus modérément de 8,7 % pour s’établir à 168.856 MDH.
La hausse des importations est principalement alimentée par le dynamisme des produits finis d’équipement qui bondissent de 21,8 %, portés par des acquisitions majeures dans le secteur aéronautique ainsi que par les achats de voitures utilitaires. Les biens de consommation finale ne sont pas en reste avec une progression de 15,2 %, tirée par l’importation de pièces détachées et de voitures de tourisme, reflétant une demande intérieure solide.
Par ailleurs, la facture énergétique globale s’alourdit de 12 % en raison d’un approvisionnement accru en gas-oil, fuel-oil et lubrifiants, tandis que les produits bruts connaissent une envolée spectaculaire de 48,8 % à cause d’achats massifs de soufre brut, une matière première essentielle pour l’industrie nationale des engrais.
En revanche, le groupe des produits alimentaires enregistre un repli de 5,9 %, un soulagement attribuable à la baisse des importations de sucre brut et d’animaux vivants qui compense largement la légère hausse des approvisionnements en blé.
Du côté des exportations, l’économie marocaine continue de s’appuyer fortement sur ses métiers mondiaux.
Le secteur de l’automobile réaffirme sa position de locomotive industrielle avec une croissance robuste de 18,6 %, générant à lui seul une valeur additionnelle de 9 129 millions de dirhams à l’export, ce qui permet d’amortir partiellement le choc de l’alourdissement de la facture des importations.


