Matières premières : l’énergie flambe, les métaux sous pression

Les matières premières ont terminé la semaine sur une note contrastée, dominée par la flambée des cours de l’énergie. Le pétrole a fortement progressé, porté par la remontée du risque géopolitique au Moyen-Orient, tandis que les céréales et les métaux ont évolué de manière plus dispersée.
Les marchés des matières premières restent partagés entre tensions sur l’offre, incertitudes monétaires et doutes persistants sur la demande mondiale.
Agricoles : le blé décroche, le soja résiste
Sur les marchés agricoles, le mouvement est resté hétérogène. Le blé a accusé le repli le plus marqué, pénalisé par des prises de bénéfices après ses récents plus hauts et par l’espoir d’une désescalade du conflit russo-ukrainien. Une détente éventuelle sur ce front pourrait alléger les tensions pesant sur les exportations de céréales en mer Noire.
À l’inverse, le soja a bénéficié d’un soutien persistant de la demande chinoise et de la dégradation des conditions de culture aux États-Unis. Le maïs a légèrement consolidé après son récent rebond, malgré des inquiétudes toujours présentes sur les rendements américains.
Le blé CBOT recule ainsi de 6,65 %, à 716,00 cts/bu. Le maïs cède 1,01 %, à 512,00 cts/bu, tandis que le soja progresse de 1,37 %, à 1 293,75 cts/bu.
Énergie : le brut porté par la prime de risque
L’énergie a concentré l’essentiel de l’attention. Les cours du brut ont nettement progressé avec la recrudescence des tensions entre les États-Unis et l’Iran, qui a ravivé les craintes de perturbations des flux pétroliers au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour les hydrocarbures, demeure au centre des préoccupations des opérateurs.
Dans ce contexte, le WTI gagne 8,24 % sur la semaine, tandis que le Brent avance de 7,65 %. Le gaz naturel progresse plus modestement, de 0,69 %, soutenu par la demande d’électricité liée aux fortes températures et par une activité accrue d’exportation de GNL, malgré des stocks domestiques élevés.
Métaux précieux : la Fed limite l’appétit pour l’or
Les métaux précieux ont évolué en léger repli, freinés par le durcissement des anticipations de taux aux États-Unis. Les statistiques de l’emploi américain, supérieures aux attentes, ont renforcé le scénario d’une politique monétaire restrictive prolongée de la Réserve fédérale. Cette perspective soutient les rendements obligataires et le dollar, au détriment des actifs sans rendement.
L’or abandonne 0,64 % sur la semaine et l’argent recule de 0,34 %. Le recul demeure toutefois limité par la persistance des tensions géopolitiques, qui maintiennent un intérêt de précaution pour les valeurs refuges.
Métaux de base : le cobalt chute, le cuivre résiste
Les métaux de base restent soumis à des forces contradictoires. Les inquiétudes sur la demande industrielle mondiale continuent de peser sur le compartiment, mais les contraintes d’offre soutiennent certains contrats. Le nickel demeure fragilisé par des stocks abondants et une demande atone en acier inoxydable, tandis que le cuivre bénéficie de tensions persistantes au Chili et au Pérou.
Le cobalt enregistre la plus forte baisse, avec un recul de 13,84 %, à 48 500 dollars la tonne, prolongeant la correction engagée début septembre. Le nickel perd 1,26 % et le plomb recule de 0,74 %. À l’inverse, le cuivre gagne 0,59 %, soutenu par les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial.
Selon BKGR, la semaine confirme ainsi la forte dépendance des matières premières aux facteurs exogènes. La géopolitique soutient l’énergie, les anticipations de taux pèsent sur les métaux précieux et la demande industrielle continue de dicter la tendance sur les métaux de base. Dans cet environnement, les mouvements demeurent sélectifs et la volatilité élevée.
