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Interview

ASMEX : les priorités de Mantrach, candidat à la présidence, pour transformer la confédération

asmex mantrach

Dans cet entretien, Aziz Mantrach, candidat à la présidence de l’ASMEX, revient sur sa vision pour l’avenir de la Confédération marocaine des exportateurs. Fort de plusieurs décennies d’expérience dans le commerce international, le transport maritime et la logistique, il défend un projet axé sur le renforcement de la gouvernance, la modernisation de l’organisation et une meilleure représentation des exportateurs marocains. À travers ses réponses, il expose ses priorités et les grandes lignes de son programme pour une ASMEX plus forte, plus proche de ses membres et davantage tournée vers les résultats.

Ecoactu.ma : Vous êtes condidat à la présidence de l’ASMEX, comment comptez-vous renforcer l’ASMEX ?

Aziz Mantrach : L’ASMEX dispose aujourd’hui d’un capital de crédibilité considérable, construit grâce à l’engagement de plusieurs générations de dirigeants et de membres. Ma conviction est que nous devons d’abord consolider cet acquis avant d’accélérer sa transformation. Renforcer l’ASMEX signifie d’abord renforcer son unité, sa représentativité et sa capacité à fédérer l’ensemble des exportateurs marocains, quels que soient leur secteur d’activité, leur taille ou leur région. C’est le sens de mon premier engagement : construire une ASMEX forte, unie et incontournable, dotée d’une gouvernance collective, transparente et efficace.

Renforcer l’ASMEX signifie également replacer l’exportateur au cœur de l’action. Trop souvent, les organisations professionnelles sont jugées sur leurs intentions alors que les entreprises attendent des résultats concrets. Je souhaite mettre en place une cellule permanente d’écoute et d’accompagnement, renforcer notre présence dans les régions et développer des services à forte valeur ajoutée, notamment pour les PME-PMI exportatrices. Une ASMEX utile est une ASMEX qui apporte des solutions à ses membres.

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Enfin, renforcer l’ASMEX suppose de lui donner davantage de poids dans les décisions économiques nationales et internationales. L’ASMEX doit être présente là où se prennent les décisions qui impactent les exportateurs. Nous devons renforcer notre influence auprès des institutions publiques et privées, au Maroc comme à l’étranger, afin de faire entendre la voix des exportateurs et défendre efficacement leurs intérêts.

Quelle sera votre méthode de gouvernance ?

L’ASMEX doit s’appuyer sur une gouvernance collective, transparente et efficace, où chaque administrateur, chaque commission et chaque membre contribuent activement à la définition des priorités et à la mise en œuvre des actions. Je souhaite instaurer une culture de concertation permanente, fondée sur l’écoute, la confiance et la responsabilité partagée. C’est le fondement même de mon premier engagement : construire une ASMEX forte, unie et incontournable.

La gouvernance que je propose sera également orientée vers les résultats. Chaque action engagée devra répondre à des objectifs précis, mesurables et évaluables. Les membres doivent pouvoir constater concrètement la valeur ajoutée apportée par leur confédération. Cela implique davantage de transparence sur les réalisations, les projets, les partenariats et les résultats obtenus. L’ASMEX doit être exemplaire dans sa gestion et dans sa capacité à rendre compte à ses membres.

Enfin, je souhaite renforcer la participation des membres à la vie de l’ASMEX. Les grandes orientations ne doivent pas être définies uniquement au niveau central, mais enrichies par les contributions des fédérations sectorielles, des commissions et des régions. Une ASMEX moderne est une ASMEX qui mobilise l’intelligence collective de ses membres et qui transforme cette diversité en force d’action et d’influence.

Quels sont aujourd’hui les principaux défis des exportateurs ?

Les exportateurs marocains évoluent aujourd’hui dans un environnement international particulièrement exigeant. Ils doivent faire face à une concurrence mondiale de plus en plus intense, à des réglementations en constante évolution, à des exigences croissantes en matière de conformité et de durabilité ainsi qu’à des tensions géopolitiques qui peuvent affecter les chaînes d’approvisionnement et les flux commerciaux. Ces défis exigent une capacité permanente d’adaptation et d’anticipation.

À ces contraintes internationales s’ajoutent des problématiques plus opérationnelles liées à la compétitivité, à la logistique, au financement, à l’accès à l’information stratégique et à la conquête de nouveaux marchés. De nombreuses PME exportatrices disposent d’un savoir-faire remarquable mais manquent parfois d’accompagnement pour franchir certaines étapes de leur développement international. C’est pourquoi mon deuxième engagement place clairement l’exportateur au cœur de l’action, une priorité absolue de l’ASMEX.

Face à ces défis, notre responsabilité est de construire une ASMEX capable d’apporter des solutions concrètes. Cela passe par des services à forte valeur ajoutée, une cellule permanente d’écoute et d’accompagnement, une présence renforcée dans les régions, une digitalisation des services et une capacité accrue d’influence auprès des institutions nationales et internationales.

Quel rôle pour les PME exportatrices ?

Les PME représentent une composante essentielle du tissu exportateur marocain. Elles sont souvent à l’origine d’initiatives innovantes, créent de la valeur dans les territoires et disposent d’un fort potentiel de croissance internationale. Pourtant, ce sont aussi elles qui rencontrent le plus de difficultés lorsqu’il s’agit d’accéder à de nouveaux marchés, de répondre aux exigences réglementaires ou de mobiliser les ressources nécessaires à leur développement.

Je considère que l’ASMEX doit devenir un véritable partenaire de croissance pour ces entreprises. Mon programme prévoit la mise en place de services à forte valeur ajoutée, d’une cellule permanente d’accompagnement, d’actions de formation à travers ASMEX Academy et d’un meilleur accès à l’information stratégique grâce aux outils numériques et à l’intelligence artificielle.

L’avenir de l’export marocain passera largement par la réussite des PME. C’est pourquoi je souhaite une ASMEX qui les accompagne concrètement, qui facilite leur accès aux marchés internationaux, qui les aide à gagner en compétitivité et qui transforme les opportunités en résultats tangibles.

Quel rôle pour les régions ?

Le Maroc exportateur ne se résume pas à Casablanca. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises performantes sont implantées à Tanger, Agadir, Marrakech, Fès, Meknès, Nador, Laâyoune et dans d’autres régions du Royaume. Ces entreprises contribuent activement à la croissance des exportations nationales et doivent être pleinement associées à la dynamique de l’ASMEX. Je suis convaincu que le développement futur de notre confédération passera par un ancrage territorial beaucoup plus fort.

Mon deuxième engagement prévoit précisément de renforcer la proximité avec les membres en développant davantage d’initiatives régionales. Je souhaite organiser régulièrement des rencontres productives dans les régions, renforcer les mécanismes d’écoute et créer de véritables espaces de dialogue entre les exportateurs et les acteurs de l’écosystème local.

Les besoins d’une entreprise exportatrice à Agadir ou à Tanger ne sont pas toujours les mêmes qu’à Casablanca, et l’ASMEX doit être capable d’apporter des réponses adaptées.

Les régions joueront également un rôle central dans le développement des compétences et dans l’accompagnement des entreprises. À travers ASMEX Academy, nous pourrons proposer des formations, des ateliers et des programmes d’accompagnement dans l’ensemble du Royaume. Mon ambition est que chaque exportateur, où qu’il soit installé, puisse bénéficier du même niveau de service, d’information et d’accompagnement. Une ASMEX nationale doit être présente partout où se trouvent ses membres.

Pourquoi dites-vous : « Vos défis, mes priorités » ?

Ce slogan résume parfaitement ma conception du rôle de l’ASMEX. Une organisation professionnelle n’existe pas pour elle-même ; elle existe pour servir ses membres. Les exportateurs sont confrontés quotidiennement à des défis liés à la compétitivité, à la logistique, à la conformité réglementaire, à l’accès aux marchés ou encore au financement. L’ASMEX doit être à leurs côtés pour les aider à relever ces défis et à saisir les opportunités qui se présentent.

Au cours de mes nombreuses années d’engagement au sein de l’ASMEX, j’ai eu l’occasion d’échanger avec des centaines d’exportateurs. Le constat est souvent le même : les entreprises souhaitent davantage de proximité, davantage de réactivité et davantage de solutions concrètes. Mon deuxième engagement consiste précisément à mettre en place une ASMEX orientée résultats, avec une cellule permanente d’écoute et d’accompagnement et des services à forte valeur ajoutée pour les membres.

« Vos défis, mes priorités » signifie également que chaque décision prise par l’ASMEX devra être évaluée à l’aune d’une question simple : apporte-t-elle une réponse utile aux préoccupations des exportateurs ? Si la réponse est oui, nous devons agir rapidement. Si la réponse est non, nous devons revoir notre approche. Cette philosophie guidera l’ensemble de notre action durant les prochaines années.

Comment faire entendre davantage la voix des exportateurs ?

Les exportateurs jouent un rôle essentiel dans la croissance économique, la création d’emplois, l’entrée de devises et le rayonnement international du Maroc. Pourtant, ils ne sont pas toujours suffisamment associés aux décisions qui influencent leur compétitivité. L’une de mes priorités sera donc de renforcer considérablement la capacité d’influence de l’ASMEX auprès des pouvoirs publics, des institutions nationales et des partenaires économiques.

Mon cinquième engagement vise précisément à construire une ASMEX qui pèse et qui influence. Nous devons instaurer un dialogue structuré, permanent et constructif avec l’État, les administrations, les organismes publics et les partenaires privés. L’objectif n’est pas de revendiquer systématiquement, mais de proposer des solutions concrètes et réalistes fondées sur l’expérience du terrain et les besoins des entreprises exportatrices.

Nous devons également renforcer notre présence dans les grandes instances nationales et internationales où se décident les orientations économiques et commerciales. L’ASMEX doit être reconnue comme la référence incontournable lorsqu’il est question d’exportation, de compétitivité ou de commerce international. Plus notre voix sera forte et crédible, plus nous serons en mesure de défendre efficacement les intérêts des exportateurs marocains.

Comment améliorer les exportations marocaines ?

Le Maroc dispose d’atouts considérables : une position géographique stratégique, des accords de libre-échange, des infrastructures de niveau international et des entrepreneurs capables de conquérir les marchés les plus exigeants. Cependant, pour accélérer la croissance de nos exportations, nous devons lever un certain nombre de freins qui limitent encore la compétitivité de nos entreprises. Mon quatrième engagement est précisément d’ouvrir davantage de marchés et de transformer les obstacles en opportunités.

L’amélioration des exportations passe également par l’innovation et la transformation digitale. Le commerce international devient de plus en plus complexe, avec des exigences croissantes en matière de conformité, de traçabilité, de durabilité et de décarbonation. C’est pourquoi je propose une ASMEX moderne, digitale, intelligente et durable, avec une plateforme utilisant l’intelligence artificielle pour informer les exportateurs sur les opportunités de marché et les évolutions réglementaires. Je souhaite également développer ASMEX Academy afin d’accompagner la montée en compétences des exportateurs dans toutes les régions du Royaume.

Enfin, nous devons accompagner davantage les entreprises dans leur développement international. Notre objectif ne doit pas être seulement d’exporter plus, mais d’exporter mieux. Cela implique un accompagnement concret sur les marchés cibles, un soutien à l’internationalisation des PME, une meilleure fluidité logistique et une mobilisation plus forte de l’ensemble des acteurs de l’écosystème export autour d’une stratégie commune.

Quelle ASMEX pour 2030 ?

Je souhaite une ASMEX qui soit reconnue, à l’horizon 2030, comme l’une des organisations professionnelles les plus performantes et les plus influentes du continent africain. Une ASMEX qui rassemble l’ensemble des exportateurs marocains, qui défend efficacement leurs intérêts et qui contribue activement à la mise en œuvre des ambitions économiques du Royaume. Cette vision s’inscrit pleinement dans notre premier engagement : bâtir une ASMEX forte, unie et incontournable.

L’ASMEX de 2030 devra également être profondément orientée vers les services et la création de valeur pour ses membres. Les entreprises devront y trouver des solutions concrètes, des outils performants, un accompagnement personnalisé et une capacité d’anticipation des évolutions internationales. Nos deuxième et troisième engagements visent précisément à construire cette ASMEX moderne, proche de ses membres, digitale et durable.

Enfin, je souhaite que l’ASMEX de 2030 soit reconnue comme un acteur majeur du développement des exportations marocaines. Une organisation capable d’ouvrir des marchés, de lever les freins à la compétitivité, d’accompagner les entreprises à l’international et d’influencer les politiques publiques. Une ASMEX qui contribue directement à la réussite des exportateurs et au rayonnement économique du Maroc.

Quel soutien attendez-vous du gouvernement ?

Je considère que la relation entre l’ASMEX et les pouvoirs publics doit être fondée sur le dialogue, la confiance et la co-construction. Les exportateurs marocains ne demandent pas de privilèges ; ils demandent un environnement plus compétitif, plus réactif et plus adapté aux réalités du commerce international. Mon cinquième engagement vise précisément à construire une ASMEX qui pèse et qui influence, capable d’établir un dialogue structuré et permanent avec l’État et l’ensemble des partenaires institutionnels.

Nous devons notamment travailler ensemble sur plusieurs priorités : la simplification administrative, la fluidification des opérations aux frontières, l’amélioration des mécanismes de financement à l’export, le soutien à la décarbonation et l’accompagnement des entreprises vers de nouveaux marchés. Le rôle de l’ASMEX est d’être une force de proposition crédible, capable d’apporter des solutions concrètes aux défis rencontrés par les exportateurs.

Le gouvernement a déjà engagé plusieurs réformes importantes en faveur de la compétitivité du Maroc. Notre responsabilité est désormais de renforcer cette dynamique en faisant remonter les préoccupations du terrain et en contribuant activement à l’élaboration des politiques publiques. Je souhaite que l’ASMEX soit reconnue comme un partenaire incontournable des pouvoirs publics dans toutes les questions liées à l’exportation, à l’investissement international et à la compétitivité économique du Royaume.

Quel héritage souhaitez-vous laisser ?

Je ne considère pas la présidence de l’ASMEX comme une finalité personnelle mais comme une responsabilité collective. L’héritage que je souhaiterais laisser est celui d’une organisation plus forte, plus moderne et plus influente que celle que j’aurai reçue. Une ASMEX qui aura consolidé ses acquis tout en accélérant sa transformation pour répondre aux défis du commerce international de demain.

J’aimerais également que l’on puisse dire que nous avons replacé les exportateurs au cœur des priorités. Que nous avons développé des services utiles, renforcé notre présence dans les régions, modernisé nos outils et facilité l’accès aux marchés internationaux. En d’autres termes, que nous avons transformé les cinq engagements de notre programme en réalisations concrètes et durables au bénéfice des membres.

Enfin, j’aimerais que l’on retienne que nous avons renforcé la place des exportateurs dans les décisions économiques du pays. Si demain les entreprises considèrent l’ASMEX comme leur partenaire naturel, leur porte-voix et leur première référence pour les accompagner dans leur développement international, alors nous aurons pleinement réussi notre mission.

Mon ambition est de laisser une ASMEX plus forte que celle dont nous avons hérité, prête à relever les défis de la prochaine décennie.

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