Crise de Sebta : 40 documents déclassifiés disculpent le Maroc

L’Espagne a rendu publics 40 documents issus de différents services de sécurité espagnols. Des documents qui viennent conforter la version défendue par le Maroc depuis le début de la crise, alors que plusieurs voix en Espagne accusaient Rabat d’avoir volontairement relâché le contrôle de sa frontière.
Cette publication met en évidence plusieurs éléments clés qui documentent la réalité du terrain et la coordination bilatérale avant l’afflux massif à Sebta :
Une anticipation partagée
Les documents révèlent que le Centre national de renseignement espagnol (CNI) avait identifié le risque en amont. Le 29 juillet, l’agence espagnole a partagé une note urgente avec la DGST et la DGED marocaines pour les alerter des appels viraux sur les réseaux sociaux incitant à forcer la frontière durant la Fête du Trône. Cela démontre que les canaux d’échange de renseignement fonctionnaient de manière étroite.
Des efforts de contention marocains chiffrés
Loin de l’accusation d’un abandon volontaire des contrôles, les données opérationnelles internes de la Guardia Civil et des centres de coordination consignent l’intensité du dispositif marocain jusqu’à la veille de la crise :
- Du 13 au 19 juillet : 773 interceptions menées par les forces marocaines.
- Du 20 au 26 juillet : hausse de la pression avec 1 429 interceptions.
- Dans les 24 heures précédant la crise : 493 personnes ont été interceptées par le Maroc sur plus de 1 100 tentatives à la nage.
Les propres services espagnols concluent ainsi que ces données ne permettent pas d’étayer l’hypothèse d’une « démission de fonctions » (dejación de funciones) de la part de Rabat.
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