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Chronique

La grave crise énergétique mondiale actuelle : Causes et perspectives d’avenir, Impact sur le Maroc ?

crise baril pétrole

Septembre 2026 a connu le pic de la grave crise énergétique mondiale qui touche le pétrole, le gaz naturel et le GNL. Au 20 Septembre 2026, le prix du baril de pétrole Brent est de 104 dollars. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), c’est la plus importante perturbation de l’histoire du marché pétrolier, et un choc géopolitique et logistique exceptionnel.

La cause principale de cette situation est la guerre au Moyen-Orient qui a entraîné la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel passaient 20 millions de barils de pétrole par jour. La situation risque de s’aggraver si les Houtis (rebelles du Yémen) ferment également le détroit de Bab Al Mandab, par lequel sont passés 8,1 millions de barils/jour au 2ème trimestre 2026.

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La guerre États-Unis/Iran a donné lieu à des attaques contre les infrastructures pétrolières et gazières, ayant entraîné une réduction très importante de la production de pétrole et de gaz des pays du Golfe. Elle a entraîné également une augmentation considérable des coûts d’assurance et de transport maritime. L’AIE a estimé en Août 2026 un manque de 10 millions de barils/jour de production du Golfe, qui constitue un choc de l’offre. Le conflit a affecté également les installations d’exportation du GNL du Moyen-Orient. Ce qui a donné lieu à trois tensions : une baisse d’une partie de l’offre, une concurrence entre l’Europe et l’Asie pour le gaz disponible, et une forte volatilité des prix.

Les différents gouvernements ont pris des mesures pour faire face à cette grave crise énergétique. Tout d’abord, ils ont libéré une partie de leur stock stratégique de pétrole et de gaz, en cherchant de nouveaux fournisseurs autres que le Moyen-Orient. Ils ont tenté également de réduire la consommation des carburants, par le développement des transports collectifs, le développement du télétravail, la réduction de la consommation énergétique des bâtiments et dans l’industrie, et l’électrification des transports. Ils ont également protégé partiellement les consommateurs par le plafonnement et la stabilisation des prix, les subventions et les aides aux ménages, enfin les aides aux entreprises très consommatrices d’énergie. Le coût estimé de ces mesures pour l’Union européenne risque d’atteindre 38,5 milliards d’euros pour l’année 2026.

Les perspectives d’avenir dépendent principalement de la réouverture du détroit d’Ormuz, et le libre passage dans le détroit de Bab El Mandab. Ils dépendent également d’un cessez-le-feu et d’un traité de paix entre les Etats-Unis et l’Iran. Ce qui permettra aux pays du Golfe de reprendre leur production de pétrole et de gaz en vue de leur exportation. Si le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran se prolonge, il est à craindre des prix plus élevés pour le pétrole et le gaz, une augmentation de l’inflation, et un ralentissement de l’économie mondiale.

En ce qui concerne notre pays le Maroc, 90% de nos besoins d’énergie sont importés : 100% pour le pétrole et 97% pour le gaz naturel. La facture énergétique représente environ 6,3% du PIB et impacte directement la balance commerciale, avec un déficit de 3,4% à 3,6% pour l’année 2026. La crise énergétique mondiale a entrainé une augmentation considérable de prix du gasoil et de l’essence : 15,35 Dh le litre et 15,20 Dh le litre au 20 septembre 2026 (la situation est pire en France avec un prix 2,41€ pour le gasoil et 2,18€ pour l’essence). Les mesures prises par le gouvernement marocain ont été le maintien du prix du gaz butane, pas d’augmentation du prix de l’électricité, et une aide exceptionnelle aux professionnels du transport routier, aussi longtemps que les prix internationaux resteront élevés. Malgré ces prix élevés des carburants, le HCP a estimé l’inflation à – 0,6% en Juillet 2026, qui atteindra 1,5% à 2% si les prix élevés du pétrole et du gaz se maintiennent.

Le gouvernement veille également à la surveillance quotidienne des stocks : le ministère de la transition énergétique a indiqué en avril 2026 que le Maroc dispose de 51 jours de consommation pour le gasoil et 55 jours pour l’essence. Malgré la crise énergétique mondiale, la croissance de l’économie marocaine pour l’année 2026 serait autour de 4,5% à 5% grâce au rebond agricole, aux investissements dopés par l’organisation de la Coupe du monde en 2030, et par la demande intérieure.

La politique énergétique du Maroc pour les années à venir repose sur la réduction de la dépendance aux hydrocarbures importés, tout en assurant la sécurité d’approvisionnement et la compétitivité de l’économie. Cela passe par l’accélération massive des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique), le développement du stockage, le gaz naturel comme énergie de transition, la diversification des approvisionnements pétroliers, le développement de la production de l’hydrogène vert, l’efficacité énergétique et l’électrification.

En conclusion, la guerre actuelle au Moyen-Orient a montré toute l’importance des pays du Golfe pour la production du pétrole et du gaz naturel. Elle montre aussi la nécessité de renforcer la législation internationale sur le libre passage des navires dans tous les détroits de la planète. Elle pousse également tous les pays à s’affranchir progressivement du pétrole et du gaz en développant les énergies renouvelables et l’électrification des transports routiers.

Par Jawad KERDOUDI

Président de l’IMRI

(Institut Marocain des Relations Internationales)

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