Le pétrole hésite, jaugeant les efforts diplomatiques

Les cours du pétrole hésitent mercredi, le regard tourné vers l’Assemblée générale de l’ONU, où le président iranien doit s’exprimer et où Donald Trump a alterné mardi entre menaces contre Téhéran et annonce de reprise du dialogue.
Vers 09H20 GMT (11H20 HEC), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, prenait 0,12% à 99,37 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, dont c’est le premier jour d’utilisation en tant que contrat de référence, perdait 0,66% à 89,92 dollars.
« C’est une rencontre qui a duré trois heures », a précisé le président américain lors d’un point presse, en parlant d’une « très bonne » réunion avec les représentants iraniens et en assurant qu’une autre discussion était prévue « dans un futur très proche ».
« Il s’agit d’un pas important par rapport aux signaux diplomatiques indirects observés ces derniers jours », a estimé Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Et le ton de Trump était très différent de celui qu’il avait employé juste avant, durant son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies.
« Un accord sera-t-il conclu avec l’Iran (…) Est-ce que j’anéantis la République islamique (…)? Est-ce que je les envoie en enfer? », avait-il notamment déclaré.
Le marché attend désormais le discours du président iranien, Massoud Pezeshkian, qui a d’ores et déjà promis de « défendre fermement » les positions de son pays devant l’ONU.
Au Moyen-Orient, les nouvelles sont contrastées. La remise en service imminente de l’oléoduc Est-Ouest de l’Arabie saoudite, qui permet d’acheminer du pétrole vers la mer Rouge, serait imminente d’après plusieurs médias.
Mais les informations sur des gains sur le terrain des rebelles Houthis du Yémen, en conflit avec Ryad, « neutralisent en partie la bonne nouvelle selon laquelle l’Arabie saoudite augmente ses exportations de pétrole du Golfe », a jugé Kathleen Brooks, analyste chez XTB.
Les inquiétudes restent marquées pour les carburants, tout particulièrement du diesel.
Face à des prix records du gazole (autre nom du diesel) à la pompe aux Etats-Unis, plusieurs figures du camp présidentiel ont appelé à une interdiction sur les exportations américaines.
« J’ai moi aussi plaidé en ce sens. J’ai dit: +Ne vendons pas notre diesel à l’étranger+ », a affirmé mardi M. Trump. Une décision sera prise « rapidement », a-t-il dit.
L’Europe serait dans ce cas particulièrement « exposée et devrait rivaliser plus agressivement pour obtenir des cargaisons de substitution », ce qui pourrait faire grimper davantage les prix pour les européens, a expliqué Rasmussen. (Avec Zonebourse)
