Importations agricoles : le maïs prend le relais du blé tendre dans les approvisionnements du Maroc

Les importations marocaines de céréales et de produits dérivés poursuivent leur recomposition en 2026. À fin septembre, les volumes globaux atteignent 9,48 millions de tonnes, contre 9,83 millions de tonnes un an auparavant, soit un recul de 4 %.
Derrière cette baisse se dessinent de nouveaux équilibres : le net repli du blé tendre contraste avec la progression du maïs, du blé dur et des matières premières destinées à l’alimentation animale.
Chute spectaculaire du blé tendre
Le blé tendre est à l’origine de l’essentiel de la baisse observée cette année. À fin septembre, les importations s’établissent à 2,44 millions de tonnes contre 3,71 millions de tonnes durant la même période de 2025, soit une diminution de 34 %.
Le recul est encore plus marqué lorsqu’on examine le début de la campagne céréalière 2026-2027. Entre juin et septembre, les importations de blé tendre se limitent à 59 721 tonnes, contre près de 1,49 million de tonnes durant la même période de la campagne précédente. La baisse atteint ainsi 96 %.
Ce mouvement modifie profondément la structure des approvisionnements céréaliers du Royaume. Alors que le blé tendre constituait traditionnellement le principal poste d’importation, son poids s’est fortement réduit depuis le début de la nouvelle campagne.
Le maïs s’impose comme premier produit importé
À l’inverse, le maïs poursuit sa progression et consolide sa place de première céréale importée par le Maroc.
Les achats atteignent 2,83 millions de tonnes à fin septembre, en hausse de 21 % sur un an.
Sur les quatre premiers mois de la campagne 2026-2027, les importations totalisent 1,27 million de tonnes, soit 18 % de plus que durant la même période de la campagne précédente. Le maïs représente désormais 61 % des importations céréalières réalisées depuis le début de la campagne.
Cette progression est principalement alimentée par les achats en provenance d’Argentine. Avec près de 958 000 tonnes exportées vers le Maroc, le pays sud-américain assure plus des trois quarts des approvisionnements en maïs. Le Brésil et les États-Unis complètent le trio des principaux fournisseurs.
Le blé dur résiste, l’orge rebondit
Le blé dur affiche une évolution à contre-courant du blé tendre. Les importations atteignent 1,06 million de tonnes à fin septembre, en progression de 9 % par rapport à 2025.
Depuis le début de la campagne, les volumes importés atteignent 437.765 tonnes, soit une hausse de 12 %. Le Canada demeure le fournisseur dominant avec plus de 410.000 tonnes expédiées vers le marché marocain.
L’orge retrouve également une dynamique favorable. Entre juin et septembre, les importations atteignent 200 447 tonnes contre 110 191 tonnes un an auparavant, soit une progression de 82 %. Les achats proviennent principalement d’Allemagne, de France et de Bulgarie.
Les filières d’élevage soutiennent la demande
La hausse des produits dérivés constitue l’un des faits marquants de l’année.
Sur les neuf premiers mois de 2026, les importations de produits dérivés atteignent 2,31 millions de tonnes contre 1,96 million un an auparavant.
Les tourteaux de soja enregistrent la plus forte progression avec 887 284 tonnes importées, en hausse de 45 %. Les tourteaux de tournesol augmentent de 34 % pour dépasser 413 000 tonnes.
Le début de campagne confirme cette tendance. Les importations de tourteaux de soja progressent de 39 %, celles de pulpe de betterave de 62 % et celles de son de blé de 55 %.
Ces produits sont essentiellement destinés à l’alimentation animale. Leur progression traduit le maintien d’une demande soutenue dans les filières avicole, bovine et laitière.
Casablanca au cœur des flux céréaliers
Sur le plan logistique, le port de Casablanca confirme sa position dominante dans les importations agricoles du pays. Il a traité 1,82 million de tonnes entre juin et septembre, soit 62 % des volumes nationaux. Jorf Lasfar arrive en seconde position avec près de 800 000 tonnes, représentant 27 % des flux.
À eux seuls, ces deux ports concentrent près de 89 % des importations nationales de céréales et de produits dérivés.
L’Argentine, le Canada et les États-Unis en tête
L’analyse des origines fait ressortir une forte spécialisation des fournisseurs.
Avec 1,25 million de tonnes exportées vers le Maroc depuis le début de la campagne, l’Argentine occupe la première place grâce au maïs, aux tourteaux de soja et aux tourteaux de tournesol.
Le Canada suit avec 440 903 tonnes, essentiellement constituées de blé dur et de DDGS (Drêches de maïs séchées avec solubles).
Les États-Unis totalisent 341 406 tonnes réparties entre maïs, tourteaux de soja, DDGS, gluten de maïs et blé dur.
Une nouvelle configuration du marché
Les chiffres des neuf premiers mois de 2026 montrent un changement marqué dans la structure des importations agricoles marocaines. Le blé tendre recule fortement, tandis que le maïs et les matières premières destinées à l’alimentation animale prennent une place croissante dans les approvisionnements du Royaume.
Cette évolution renforce le poids des filières d’élevage dans la demande agricole nationale et redéfinit progressivement les équilibres du commerce céréalier marocain.
