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Economie Internationale

119 % du PIB : la dette française franchit un nouveau seuil d’alerte

finance

La dette publique française poursuit sa progression et atteint désormais 119 % du PIB à la fin du deuxième trimestre 2026. Un niveau inédit qui ravive les interrogations des marchés sur la soutenabilité des finances publiques françaises, alors que le projet de budget 2027 ne semble pas encore en mesure d’inverser durablement la trajectoire de l’endettement. 

Au-delà du montant spectaculaire de la dette, estimée à 3 595,5 milliards d’euros, c’est la dynamique qui inquiète. En seulement un trimestre, l’encours a progressé de près de 60 milliards d’euros. Selon les projections présentées dans le document publié par BKGR, le ratio d’endettement pourrait même atteindre 121,7 % du PIB en 2027 malgré les efforts budgétaires annoncés par le gouvernement.

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Cette détérioration des comptes publics ne laisse pas les investisseurs indifférents. Au troisième trimestre 2026, le rendement de l’OAT française à dix ans a bondi de 113 points de base, tandis que l’écart de taux avec l’Allemagne, référence de la zone euro, a atteint 124 à 125 points de base, un niveau inédit depuis la crise des dettes souveraines de 2012. 

Cette hausse du « spread » traduit une exigence accrue de rémunération de la part des investisseurs pour détenir de la dette française. Plus préoccupant encore, la prime de risque française dépasse désormais celles observées sur certaines économies du sud de l’Europe traditionnellement considérées comme plus fragiles. 

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L’autre sujet d’inquiétude concerne le coût de financement de l’État. La charge de la dette française devrait atteindre 72,9 milliards d’euros en 2027, contre 59,3 milliards inscrits dans la loi de finances 2026. À l’échelle des administrations publiques, le paiement des intérêts représenterait 91,2 milliards d’euros, soit près de 3 % du PIB. 

Cette hausse réduit progressivement les marges de manœuvre de l’État. Plus les taux augmentent, plus le refinancement de la dette devient coûteux, alimentant un cercle potentiellement vicieux entre endettement, déficit budgétaire et perception du risque souverain.

Un risque qui dépasse les frontières françaises

Pour l’instant, les mécanismes de protection de la Banque centrale européenne limitent le risque d’une crise systémique comparable à celle de 2011-2012. Toutefois, la BCE a rappelé qu’elle ne visait aucun niveau particulier de spread et qu’elle n’interviendrait qu’en cas de dysfonctionnements majeurs du marché. 

Les tensions commencent déjà à produire des effets au niveau européen. L’euro a perdu 2,5 % face au dollar en septembre, tandis que plusieurs pays de la zone euro ont vu leurs primes de risque augmenter dans le sillage de la France.

Pour le Maroc, l’enjeu n’est pas une exposition directe à la dette française mais la forte dépendance de l’économie nationale à la conjoncture européenne, analyse BKGR. Plus de 60 % des exportations marocaines sont destinées à la zone euro, qui représente également la principale source de recettes touristiques, d’investissements directs étrangers et de transferts des Marocains résidant à l’étranger.

Dans un scénario de dégradation prolongée de l’environnement européen, plusieurs canaux pourraient être affectés simultanément : ralentissement des exportations, baisse des flux touristiques, recul des investissements et renchérissement du financement extérieur. 

Un changement de régime

Plus qu’un simple épisode de volatilité, la tension observée sur les marchés obligataires français semble marquer un changement de perception du risque. Les investisseurs ne s’interrogent plus seulement sur le niveau de la dette, mais sur la capacité du pays à enrayer sa progression dans un contexte politique incertain et de taux durablement plus élevés.

Le véritable risque pour l’Europe réside désormais dans une propagation de cette défiance à l’ensemble des dettes souveraines de la zone euro. Et pour le Maroc, fortement connecté à l’économie européenne, une telle évolution pourrait rapidement devenir un sujet de préoccupation économique majeur.

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