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Economie

Comptes nationaux 2025 : la demande intérieure, moteur d’une croissance à 4,9% ?

demande interne

Ecrit par S. Es-Siari I

À travers l’examen des agrégats du Haut-Commissariat au Plan (HCP), les comptes provisoires publiés ce lundi démontrent comment le pivotement vers l’investissement productif et la restructuration des dépenses publiques ont permis de compenser le ralentissement de la demande privée pour hisser la croissance vers 4,9% en 2025.

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Dans un contexte de maîtrise progressive des tensions inflationnistes et de stabilisation des prix, la consommation et l’investissement se sont érigés en véritables boucliers et moteurs économiques pour le Royaume.

Après plusieurs trimestres marqués par la prudence face à la cherté du coût de la vie, les ménages marocains retrouvent leur pouvoir d’achat. La décélération progressive de l’inflation sous-jacente et le ralentissement du niveau général des prix en 2025 ont agi comme un levier de confiance.

Soutenue par une amélioration globale des revenus et par des conditions d’octroi de crédit jugées plus favorables par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), la consommation finale des ménages a maintenu un rythme soit 6,1% en 2025 contre 6,7% en 2024.

Les dépenses de consommation finale des ménages et des ISBLSM ont connu un ralentissement de leur taux d’accroissement passant de 2,9% en 2024 à 1,2% en 2025, avec une contribution à la croissance de 0,7 point au lieu de 1,8 point. « Malgré son ralentissement, la demande intérieure a tiré vers le haut la croissance », fait savoir le HCP à travers les comptes nationaux.

L’investissement brut en forte accélération

Le second levier de cette demande intérieure repose sur l’investissement. Les trimestres successifs de 2025 ont mis en évidence un net rebond de la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) ainsi que des mouvements de restockage stratégiques de la part des entreprises.

Reflet direct de cette dynamique d’investissement, le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) a vu sa croissance s’accélérer à 6,7% en 2025 contre 6% en 2024.

La consommation finale des administrations publiques a également soutenu la cadence, maintenant des programmes d’investissements structurels et de modernisation à l’échelle nationale. Le taux d’accroissement de la consommation finale des administrations publiques, de sa part, a affiché une augmentation de 5,1% avec une contribution positive à la croissance de 0,9 point.

Bien que ce dynamisme intérieur tire la croissance vers le haut, il crée un déséquilibre macroéconomique mécanique. La forte consommation et l’effort soutenu d’investissement ont stimulé les importations de biens d’équipement et de consommation, creusant davantage le déficit de la balance commerciale.

Cette performance s’est toutefois  réalisée dans un contexte marqué par l’accentuation du besoin de financement de l’économie nationale.

2025, effet de la CAN

L’année 2025 restera gravée comme celle où le sport s’est transformé en un puissant levier macroéconomique pour le Royaume. L’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 a agi comme un véritable catalyseur, injectant une dynamique sans précédent au sein de la demande intérieure. L’événement a permis de doper simultanément la consommation et l’investissement.

L’afflux massif de supporters africains et de la diaspora (estimé entre 150.000 et 200.000 visiteurs) a provoqué un choc positif sur les dépenses de consommation. Selon les déclarations du ministère de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour sur La Tribune, la compétition a généré plus de 1,5 milliard d’euros de recettes directes pour le pays. La consommation intérieure globale a d’ailleurs enregistré un bond de 25% durant la période de l’événement.

Les retombées directes se sont concentrées sur l’hôtellerie (avec la création de 5.000 nouvelles chambres), la restauration et les transports nationaux. L’Office National des Chemins de Fer (ONCF) a notamment vu son réseau de lignes à grande vitesse tourner à plein régime pour relier les villes hôtes.

En définitive, 2025 consacre le recentrage de la croissance marocaine sur ses moteurs internes. Moins dépendante des seuls aléas climatiques.

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