Flash
Faute grave : ce que les dirigeants doivent prouver avant de licencier L’AMMC enregistre la mise à jour annuelle du dossier d’information de CFG Bank PLF 2027 : le gouvernement fixe le cap autour de quatre axes majeurs Le Maroc à l’heure de la souveraineté économique Les médecins du privé interpelle Akhannouch sur la révision de la tarification nationale de référence Fromageries Bel Maroc : 1,5 million de portions solidaires pour SOS Villages d’Enfants 27 ans de règne : SM le Roi dresse le cap pour consolider les acquis du Maroc 27 ans de règne : le Maroc métamorphosé par la Vision Royale Sous l’impulsion de Mohammed VI, le Maroc réussit le pari de la stabilité et de la modernité Election du Secrétaire Général de l’ONU le 1er Janvier 2027 : pour une profonde réforme de l’ONU  
Economie

Engrais phosphatés marocains : que d’inexactitudes avancées par Zone interdite sur M6

engrais phosphatés du maroc zone interdite m6

Ecrit par Imane Bouhrara I

Réputé sensationnaliste, « Zone Interdite » s’est surpassé ce dimanche 26 janvier en diffusant un reportage sur les effets du Cadmium. Mais le magazine prendra une autre tournure pour s’attaquer directement aux engrais phosphatés du Maroc. Un malencontreux raccourci qui ne repose aucunement sur des éléments factuels. Bien au contraire.

Le Magazine Zone Interdite diffusé sur M6 a consacré son édition du 26 janvier 2025 à l’exposition au Cadmium à travers l’alimentation quotidienne en France, sous le titre vendeur « Pain, fruits, légumes : révélations sur un nouveau scandale ».

Publicité

Ce que le magazine présente comme une trouvaille ou une exclusivité est pourtant un sujet ayant fait l’objet de plusieurs reportages et débat depuis plusieurs années notamment au sein du Sénat français. On ne réinvente pas la poudre.

En effet, en septembre 2019, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (ANSES) a établi une nouvelle valeur toxicologique de référence (VTR) et a fortement encouragé le Gouvernement français à abaisser les niveaux de cadmium dans les engrais jusqu’à 20 mg/kg de P2O5 pour en limiter l’accumulation dans les sols, le transfert vers les plantes et par conséquent l’exposition des consommateurs au cadmium par l’alimentation. Et des changements de réglementation ont bien eu lieu depuis.

Le reportage présenté comme une enquête menée sur toute une année avance beaucoup d’éléments sur ce qu’est le Cadmium et sa présence dans l’alimentation, sa toxicité, des témoignages, etc. Avant que la journaliste ne fasse un raccourci pour le moins hasardeux avec les engrais phosphatés du Maroc, un lien qu’aucun des experts ou témoignages n’ont cité et qu’aucune étude ne vient étayer.

Et c’est là que les inexactitudes commencent puisque la tournure du magazine pointe directement les phosphates marocains comme source du problème. Au-delà de l’ignorance et du manque de professionnalisme dans le traitement du sujet, on a l’impression que ce sont des produits dangereux qui entrent sur le sol français sans aucun contrôle.

La journaliste occulte ainsi dans ses propos la réglementation européenne entrée en vigueur en 2022 (règlement européen (UE) 2019/1009) et qui fixe à 60mg/kg de P2O5 la teneur maximale en cadmium dans les engrais phosphatés.

Pis encore, elle pointe du doigt un produit que sont les engrais exportés par le Maroc vers le marché européen qui pourtant, sans exception, respectent scrupuleusement cette limite.

Mieux encore, depuis le 1er janvier 2025, l’intégralité des engrais phosphatés exportés par le Maroc vers le marché européen contient une teneur en cadmium inférieure à 20mg/kg de P2O5, c’est-à-dire trois fois en deçà des limites et recommandations évoquées.

Autrement dit, les engrais phosphatés exportés par le Maroc vers la France sont éligibles à l’étiquetage volontaire « faible teneur en cadmium » (ou label vert) prévu par le règlement européen, et parfaitement conformes aux recommandations de l’Anses évoquées dans le reportage. Mais non, on préfère le verre à moitié vide.

Donc l’affirmation de la journaliste de Zone Interdite que les engrais phosphatés en provenance du Maroc sont « naturellement très chargés en cadmium » est inexacte.

Et bien au-delà, en essayant de charger les produits phosphatés du Maroc, la journaliste n’a nullement essayé d’explorer d’autres pistes au problème objet du magazine, comme les habitudes alimentaires, les usages qu’on fait des produits phosphatés dans l’agriculture en France, les doses à respecter… à croire que l’objectif inavoué était tout bonnement de s’attaquer aux phosphates du Maroc. Mais aussi à l’ALE qui le lie à l’UE. Puisqu’un reportage dit préparé sur une année ne saurait passer à côté de la réglementation sur le Cadmium, ni se renseigner sur sa teneur dans les engrais phosphatés du Maroc que le magazine attaque à brûle-point.

Le Maroc qui d’ailleurs a toujours opéré dans le plus strict respect des normes et des dispositions réglementaires en vigueur sur ses marchés de destination, mais qui plus est, un acteur mondial au service de la sécurité alimentaire et d’une agriculture plus durable et saine à travers plusieurs projets dans le monde et avec des institutions mondiales, notamment la Banque mondiale, la SFI, la FAO, l’Union africaine, la MIGA, l’AFD, Bpi France… Après, dans un reportage « Chakchouka », entre le lait, le pain, le riz, les fruits et légumes, la journaliste s’est certainement emmêlé les pinceaux dans sa précipitation à accabler le Maroc.

Publicité

Laisser un commentaire

error: Content is protected !!