World Power-to-X Summit : une 5e édition pour le déploiement de l’hydrogène vert à grande échelle

Ecrit par S. Es-Siari I
Cette 5e édition du World Power-to-X-Summit est une nouvelle occasion pour les politiques, les industriels et les scientifiques de débattre des enjeux futurs de l’hydrogène vert, de la démystifier davantage et de voir comment ensemble exploiter les synergies pour mieux façonner l’avenir.
La ville ocre Marrakech s’apprête à abriter les 1 et 2 octobre prochains le Sommet mondial Power-To-X 2025. A l’instar des précédentes éditions, celle de 2025 va réunir une large communauté de leaders mondiaux de l’énergie, d’acteurs de l’industrie et d’innovateurs avides de faire progresser le déploiement de l’hydrogène vert.
Le leitmotiv étant de transformer les idées en actions pour structurer les projets, renforcer la coopération et accélérer l’adoption de la technologie. Comme n’ont eu de cesse de le dire les experts en la matière, le déploiement de cette économie à grande échelle de l’hydrogène vert nécessite un alignement de plusieurs acteurs, décideurs politiques pour tout ce qui est de la réglementation, les industriels qui sont derrière cette technologie à travers les électrolyseurs et bien entendu la communauté des chercheurs et des scientifiques s’agissant de l’innovation, ingrédient nécessaire à la maturation et la mise en œuvre de cette technologie.
Seront ainsi programmés durant ces deux jours, des dialogues de haut niveau sur les cadres politique et investissement, la présentation des technologies innovantes d’hydrogène et de Power-to-X. Grâce aux multiples investissements et renforcement des partenariats, le Maroc persévère à consolider sa position en tant que plaque tournante régionale de l’hydrogène vert. A noter qu’aujourd’hui, près de 42% du mix énergétique marocain est vert. Le leitmotiv est d’atteindre 52% d’ici 20230. Le Maroc affiche son ambition en matière d’hydrogène vert, avec une feuille de route prévoyant la production de 14 TWh d’ici 2030 et le lancement de six grands projets évalués à 30 milliards d’euros.
En sus des conférences organisées lors des éditions précédentes, une autre scientifique sera programmée lors de ce sommet. Elle est considérée comme un nouveau pilier, se rajoutant aux deux autres politique et industriel. Le renforcement du volet de la recherche scientifique émane bien entendu de la croyance du Maroc dans son rôle pour le développement et le déploiement de l’hydrogène vert. Le but étant par ailleurs de démystifier cette technologie de l’hydrogène vert et ses applications et par la suite de construire et de mettre en place une expertise à la fois au niveau de l’Université et de l’entreprise et des PME qui pourront prendre des parts de marché dans l’offre Maroc et, bien entendu, former des formateurs et le capital humain qui vont travailler dans les futures centrales.
Le 17 septembre 2025, le comité de pilotage chargé de « l’offre Maroc » a autorisé la signature de contrats préliminaires de réservation de l’assiette foncière au profit de 5 investisseurs nationaux et étrangers en vue de la réalisation de 6 projets pour 319 Mds de DH.
Lors de cette réunion, l’accent a été mis également sur l’importance de la planification intégrée des infrastructures électriques, portuaires ou les infrastructures de désalinisation de l’eau, et de l’harmonisation des échéances d’achèvement de leurs travaux avec l’agenda relatif aux projets de l’hydrogène vert. A rappeler que la sélection des projets dans le cadre de « L’offre Maroc » se fait selon une démarche scientifique et transparente, assurant des partenariats équilibrés, motivant les investisseurs et garantissant en même temps le bon usage du foncier public.
Avant de conclure, force est de mentionner que le financement occupe une place importante dans le domaine de l’hydrogène vert. Et pour cause : les investissements sont massifs. On parle de 5 à 10 Milliards de dollars par projet, bien entendu, à terme étant donné que les projets seront programmés en phases. D’où l’importance de l’effort à fournir par les bailleurs de fonds parce qu’aucun opérateur ne pourrait prendre seul le risque. Il faut par ailleurs encourager le secteur bancaire marocain à s’engager progressivement dans des petits projets mais qui par la suite vont grandir dans le futur. La question du financement se pose ainsi avec acuité étant donné que le retour sur investissement dans les projets de l’hydrogène vert est de 40 à 50 ans.

