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Politique

RNI/PPS : réponse du berger à la bergère

RNI PPS

Ecrit par I. Bouhrara |

Jeudi dernier, le PPS adressait une lettre ouverte au chef du gouvernement et la réponse ne s’est pas faite attendre. Mais c’est le RNI qui répond dans une missive, étant donné que c’est le parti qui dirige aussi bien l’exécutif que la majorité parlementaire. Mais aussi parce que cette lettre a été adressée en dehors des canaux constitutionnels à une institution constitutionnelle avec des sous-entendus politiques interpellant les engagements électoraux même du RNI. Détails.

Tout en dénonçant les formulations et les expressions utilisées dans la lettre ouverte du PPS et déplorant la dégradation du niveau du discours politique au Maroc, le RNI a relevé toute l’incompréhension de voir un parti politique recourir à la lettre ouverte, méthode jugée de plaidoyer que le RNI juge « hérétique », au moment où la constitution donne à tous les partis les moyens constitutionnels et institutionnels pour contribuer aux fonctions de contrôle, de législation et d’évaluation des politiques publiques , au sein des institutions constitutionnelles concernées.

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Il faut dire que le bureau politique s’était réuni le samedi 1er avril et a bien pris acte de la lettre ouverte du PPS. Dans sa missive le RNI rappelle d’ailleurs que le chef de son parti qui est à l’occasion le chef du gouvernement, a régulièrement réitéré l’ouverture de la majorité et du gouvernement à toutes les factions politiques, qu’elles soient d’opposition ou de majorité, et a même rencontré auparavant tous les partis d’opposition.

Et la réponse du berger à la bergère, le RNI s’adressant au PPS, et il n’y est pas allé de main morte, souligne que ce dernier n’a tout simplement pas voulu prendre la peine de remplir sa mission en tant que parti politique dans le cadre des institutions et des voies constitutionnelles qui le permettent, préférant en lieu et place de vider l’opposition responsable de son contenu, et surfer sur des tendances provoquées en envoyant une lettre ouverte d’une teneur aux allures de campagne et velléités électorales.

Dans sa réponse, le RNI avertit que s’il est un parti ouvert sur la concertation comme méthodologie constitutionnelle dans l’élaboration des politiques publiques, il n’en demeure pas moins qu’il ne se soumettra à aucune forme de manœuvre suspicieuse voulant lui dicter sa conduite, de même qu’il n’a pas de leçon à recevoir de ceux qui qui portent une part de responsabilité dans la gestion des secteurs vitaux que sont l’eau, la santé, l’emploi, le logement et la politique de la ville.

Par rancunier pour deux sous, le RNI considère que s’il est acceptable de tenir le gouvernement responsable et d’exiger plus de décisions sociales tant que c’est la véritable motivation de la lettre qui a été adressée au chef du gouvernement, il juge manifestement injustice de nier ce que le gouvernement a fait depuis un an et demi.

La réponse du RNI au-delà de la forme dans laquelle il a été interpellé par le PPS, a bien évidemment défendu le bilan du gouvernement ayant joui d’abord d’une légitimité des urnes au lendemain du 8 septembre 2021 et opérant dans l’une des conjonctures les plus difficiles. Tout y passe, charte de l’investissement, dialogue social, aides aux transporteurs…

« Ce que certains essaient peut-être d’oublier ou d’occulter, c’est que ce gouvernement a prouvé, par les mesures qu’il a prises, qu’il est plus « social » que d’autres, et qu’il incarne à juste titre la référence social-démocrate adoptée par le RNI comme doctrine et méthodologie, puisque le gouvernement a alloué des budgets colossaux pour soutenir le pouvoir d’achat, et n’a cessé d’institutionnaliser le dialogue social et de régler des dossiers sociaux bloqués depuis des années, et a également relevé le taux d’imposition des grandes entreprises… Le gouvernement ne s’est jamais limité aux annonces mais à la prise de décisions selon les données disponibles pour mettre en œuvre des procédures et des programmes concrets… ».

Dans sa réponse au PPS, le RNI met en garde que toute forme d’allusion selon laquelle ce gouvernement ne se soucie pas des conditions de vie des citoyens est une manœuvre frauduleuse  manifeste émanant de partis politiques qui ont été punis par les Marocains pour leur bilan de la gestion de secteurs sensibles, et qui n’ont pas réussi à persuader les électeurs de leur donner la possibilité de revenir à la gestion de la chose publique.

Par conséquent, ces partis ne se préoccupent pas aujourd’hui de l’intérêt public et de la stabilité sociale, autant qu’ils se préoccupent de faire face à leurs crises organisationnelles et à leur échec électoral, par des prises de position émotionnelles manquant de sagesse, de sobriété et de respect des institutions, rétorque le RNI.

Et il ne s’arrête pas en si bon chemin, en s’attardant sur la question de la gestion de l’eau et des retards accusés dans la réalisation des projets de dessalement d’eau que le gouvernement actuel essaye de rattraper.

Tout en alertant sur la conjoncture difficile et tous les défis et campagnes visant le Maroc, le RNI estime qu’un tel contexte ne supporte pas la dilapidation d’un temps précieux dans des polémiques ou querelles politiques. Tout en soulignant que l’opposition est une fonction constitutionnelle responsable et non pas un moyen de régler des comptes personnels.

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