Un nouvel élan des relations France-Maroc

Après une série de crises diplomatiques et une période de relations diplomatiques gelées entre le Maroc et la France, la visite de Stéphane Séjourné, Ministre des Affaires Étrangères, à Rabat le 26 février de cette année, a ouvert un nouvel élan des relations les deux pays, vers un partenariat économique renouvelé, surtout que Le Ministre français a assuré vouloir accompagner le développement des régions du Sud, en incitant vivement les entreprises hexagonales à investir dans la région du Sahara Marocain, où d’importants investissements ont déjà été réalisés par le Maroc dans les domaines des énergies renouvelables, du tourisme et de l’économie bleue liées aux ressources aquatiques.
La relance de la relation avec le Maroc reflète la volonté du gouvernement français, dont on ne peut douter, a été confirmée par le ministre délégué au Commerce extérieur, Franck Riester, lors de sa visite au Maroc le 4 avril, pour relancer les relations économiques entre les deux pays dans le cadre d’un nouvelle feuille de route franco-marocaine.
Sachant que la Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Maroc (CFCIM) est implantée dans les provinces du Sud : Laâyoune – Sakia El Hamra, Dakhla – Oued Eddahab et Guelmim – Oued Noun, en attendant que la France ouvrira une représentation consulaire dans cette région, et qu’elle devrait placer ses paramètres ainsi que ses références économiques.
La France est en effet consciente de l’importance de l’investissement dans les provinces du Sud du Royaume qui attirent de plus en plus des investisseurs étrangers d’autres pays, qui témoignent également d’un intérêt croissant pour le Sahara Marocain, tels que les États-Unis, l’Espagne et l’Allemagne.
La France aspire à ne pas se laisser distancer par ces pays, et qu’il devrait placer ses pions dans la région.
Ce rapprochement franco-marocain, notamment au Sahara, contraste avec les critiques formulées l’année précédente par 94 parlementaires français. Ces derniers avaient reproché au Ministère des Affaires étrangères de tenir des propos incohérents concernant le Sahara et de mener une politique d’équilibre et d’équité en faveur de l’Algérie.
Il est à souligner que les relations entre le Royaume du Maroc et la République Française sont anciennes, privilégiées et empreintes d’un esprit d’amitié et de partenariat qui s’appuie sur une concertation régulière entre les deux pays sur les questions d’intérêt commun. Depuis longtemps, la France est un partenaire distingué du Maroc sur les plans politique, économique et humanitaire.
Sur le plan africain, le Maroc occupe une place importante aux yeux de la France qui considère le Royaume comme un pays ami et un partenaire stratégique. D’autre part, la France est un appui précieux du Maroc dans l’affaire du Sahara au niveau de l’Union Européenne. Il faut d’abord rappeler que la France a été parmi les premiers soutiens de l’initiative d’autonomie pour le Sahara à l’ONU. Maintenant, la France est appelée à faire plus et prendre une position plus audacieuse.
En dépit de tous les écueils qui pourraient subsister, les relations entre les deux pays ont de très fortes racines. La France est le deuxième partenaire commercial et le premier investisseur étranger au Maroc.
Ces relations enracinées dans l’histoire, explique qu’un nombre important des personnalités politiques et de parlementaires français, sont des fervents défenseurs de l’amitié franco-marocaine.
Fort probable que l’octroi du projet de TGV Agadir- Marrakech sera attribué aux entreprises françaises, ce qui permettra de renforcer la confiance et de donner un nouvel élan aux relations bilatérales.
D’autant plus, les échanges commerciaux classent la France au deuxième rang – après l’Espagne directement. Mais elle reste à la première place pour ce qui est des investissements.
Il existe à vrai dire une certaine concurrence, bien qu’occulte, entre les deux pays sur le marché africain. Subtil, d’autant plus que les échanges commerciaux, mais, il faut être subtil. « L’Espagne en ligne directe ». D’ailleurs, les solutions existent, les deux pays peuvent procéder à des investissements communs permettant à l’un et à l’autre de trouver des débouchés sans opposition frontale.
Certes, le nouvel élan de partenariat Maroc-France reflète le socle solide d’une coopération bilatérale économique et financière, dynamique et prometteuse, ainsi d’une relation stratégique, fondée sur la confiance, le respect mutuel et la coopération fructueuse au service des intérêts des deux pays et basée sur la réciprocité et la complémentarité, comme but suprême de toute coopération internationale.
Aussi, la proximité des peuples peut engendrer une coopération tout azimut multiforme et un brillant rayonnement de à tous les échelons communs aux deux pays : Le Royaume du Maroc et la République Française !
Par Khalid Cherkaoui Semmouni,
Directeur du Centre de Rabat pour les Études Politiques et Stratégiques

