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Economie

Inflation : 2024 signe-t-elle la fin du cycle infernal ?

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L’inflation est passée de 3,8% au quatrième trimestre 2023 à 1,2% au premier trimestre 2024 puis à 0,3% en moyenne en avril et mai, ramenant son taux moyen au titre des cinq premiers mois de l’année 2024 à 0,9%. Mais sa composante sous-jacente se maintiendrait autour de 2%. Cette décélération signe-t-elle la fin du cycle infernal ?

L’inflation est revenue de 1,2% au premier trimestre 2024 à 0,3% en moyenne en avril et mai. Ce ralentissement est tiré en majeure partie par la baisse plus marquée des prix des produits alimentaires à prix volatils et par la décélération de l’inflation sous-jacente. Il a été toutefois atténué par la progression, au lieu du repli un trimestre auparavant, des prix des carburants et lubrifiants.

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Le rapport de la politique monétaire publié à l’issue du Conseil de Bam, ce 25 juin, revient sur les prix des produits exclus de l’inflation sous-jante, et relève qu’après huit trimestres consécutifs de fortes hausses, les prix des produits alimentaires à prix volatils ont diminué, en glissement annuel, de 1,2% au premier trimestre 2024 avant de connaître une nouvelle baisse de 7,6% en moyenne en avril et mai.

Cette dernière a été tirée essentiellement par des reculs des prix de 4,6%, après une progression de 8,2%, pour les « volaille et lapin » et de 4,8%, après une augmentation de 7%, pour les « œufs », ainsi que par l’accentuation de la baisse des prix des « agrumes » de 1,6% à 20,5%.

Au total, cette composante a contribué négativement à l’inflation, à hauteur de -1,1 point de pourcentage contre -0,2 point en moyenne au premier trimestre 2024.

S’agissant des tarifs réglementés, et après une stagnation au premier trimestre 2024, ils se sont accrus de 0,5%, en comparaison annuelle, en moyenne en avril et mai, portés par la hausse du prix du gaz butane.

Cette dernière est consécutive au démarrage à compter du 20 mai, de la décompensation graduelle es prix de ce produit. Ainsi, la subvention a été réduite de 2,5 DH pour les bonbonnes de gaz de 3 kg et de 10 DH pour celles de 12 kg.  

Au final, les tarifs réglementés ont contribué de 0,1 point de pourcentage à l’inflation moyenne en avril et mai.

Pour leur part, les prix des carburants et lubrifiants ont connu une légère progression de 0,2% en moyenne en avril et mai comparativement à leur niveau au premier trimestre de l’année, portés par celle des cours des produits pétroliers. En particulier, le prix du Brent a atteint 86$/bl au lieu de 83,1$/bl. En outre, la monnaie nationale s’est légèrement dépréciée de 0,2% vis-à -vis du dollar américain en moyenne en avril et mai par rapport au premier trimestre.

En comparaison annuelle, les prix des carburants et lubrifiants ressortent en hausse de 6,6% en moyenne en avril et mai, contre un repli de 1,1% au premier trimestre. Leur contribution à l’inflation s’est établie à 0,2 point de pourcentage au lieu d’une participation quasi-nulle au cours des trois premiers mois de l’année.

Pour ce qui est de l’inflation sous-jacente, le RPM souligne que tout en s’inscrivant dans une tendance baissière, elle demeure modérée. Ainsi, elle est revenue à 2% en moyenne en avril et mai au lieu de 2,2% au premier trimestre. Ce ralentissement est lié en majeure partie à celui de 3% à 2,5% de sa composante alimentaire, avec notamment des diminutions du rythme d’accroissement des prix de 4,9% à 2,4% pour les « huiles », de 18,4% à 10% pour les « légumes en conserve » et de 3,1% à 1,5% pour les « produits laitiers ».

Pour sa part, la composante non alimentaire de l’inflation sous-jacente a évolué au même taux qu’au premier trimestre, soit 1,6%, la décélération de la progressions des prix des « articles d’habillement et chaussures » ayant été contrebalancée par l’atténuation de la baisse des prix des « loisirs et culture » et le renchérissement des produits classés dans la rubrique du « logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles».

La ventilation du panier de l’indicateur de l’inflation sous-jacente en produits échangeables et non échangeables montre que son ralentissement a concerné exclusivement sa composante échangeable.

En effet, les prix des biens échangeables ont augmenté de 1,3% en moyenne en avril et mai, au lieu de 1,9% au premier trimestre, dans un contexte marqué par une poursuite de l’affaiblissement des pressions d’origine externe avec notamment une légère décélération de l’inflation dans la zone euro ainsi qu’une baisse, en comparaison annuelle, de l’indice FAO des produits alimentaires de base.

En revanche, les prix des biens et services non échangeables ont connu une légère accélération de leur rythme d’accroissement, qui s’est établie à 2,8% en moyenne en avril et mai après 2,6% au premier trimestre.

S’agissant de la diffusion du ralentissement des prix au niveau du panier de l’IPC, elle se généralise graduellement. Ainsi, la part des produits dont les prix ont augmenté de plus de 2% est revenue de 43% en moyenne au premier trimestre à 37% en moyenne en avril et mai.

Pour ce qui est des perspectives à court terme de l’inflation, le RPM table sur la poursuite du mouvement de décélération au deuxième trimestre, revenant à 0,7% après 1,2% au premier trimestre de l’année.

Cette évolution serait liée exclusivement à l’accentuation projetée du recul des prix des produits alimentaires à prix volatils. En effet, les données relatives aux prix au niveau des marchés de gros indiquent une accentuation du reflux, en glissement annuel, des prix de cette catégorie de produit de -1,2% à -5,3%.

En revanche, les prix des carburants et lubrifiants devraient enregistrer une hausse de 6,3% au deuxième trimestre après une diminution de 1,1% en moyenne au premier trimestre, orientés par l’évolution des cours internationaux des produits pétroliers.

De même, les tarifs réglementés ressortiraient en augmentation de 0,9%, reflétant l’effet direct du démarrage de la décompensation du gaz butane.

Pour sa part, l’inflation sous-jacente devrait ressortir à un rythme proche de celui observé un trimestre auparavant, soit autour de 2%.

Par ailleurs, les résultats de l’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib auprès des industriels relative au mois d’avril 2024 indiquent que 77% des répondants anticipent une stagnation de l’inflation au cours des trois prochains mois, 19% s’attendent à une hausse, tandis que 4% d’entre eux tablent sur une baisse. Le solde d’opinion ressort ainsi à 15%.

Aussi, l’enquête de Bank Al-Maghrib sur les anticipations d’inflation, conduite auprès des experts du secteur financier au titre du deuxième trimestre 2024, montre-t-elle que ces derniers anticipent une inflation moyenne de 2,7%, au lieu de 3,4% un trimestre auparavant, à l’horizon des huit prochains trimestres et de 2,8%, après 3,3%, à l’horizon des 12 prochains trimestres.

Les enquêtés estiment que l’évolution de l’inflation au cours des huit prochains trimestres serait essentiellement liée à celle des prix à la pompe, des cours mondiaux des matières premières hors pétrole et à la décompensation des produits subventionnés.

S’agissant des prix à la production des industries manufacturières hors raffinage de pétrole, ils ont connu une progression mensuelle de 0,1% en avril, tirés principalement par la hausse des prix à la production de 1,3% pour « l’industrie d’habillement» et de 0,7% pour la branche « fabrication d’autres produits minéraux non métalliques ». En revanche, les prix à la production ont baissé de 1,7% pour la branche « travail du bois et fabrication d’articles en bois ».

En comparaison annuelle, le repli des prix à la production hors raffinage s’est accentué, passant de -0,8% en mars à -1% en avril.

En résumé, après les taux élevés de 6,6% en 2022 et de 6,1% en 2023, l’inflation enregistrerait une nette décélération à 1,5% en 2024 avant de s’établir à 2,7% en 2025. Sa composante sous- jacente ralentirait graduellement, reculant de 5,6% en 2023 à 2,3% en 2024, reflétant notamment la baisse de l’inflation importée, et resterait autour de ce niveau en 2025.

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