L’Avenir du Maroc dans le Contexte des Crises Politiques au Maghreb, en Ukraine et à Gaza (2e partie)

Comment les crises politiques au Maghreb, en Ukraine et à Gaza influencent-elles l’avenir géopolitique, économique et diplomatique du Maroc, et quelles stratégies le pays peut-il adopter pour naviguer dans ce contexte complexe et incertain, notamment face aux tensions avec l’Algérie, à l’instabilité en Tunisie et en Libye, et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, tout en utilisant sa position de neutralité et de médiation pour renforcer ses relations internationales et ses partenariats énergétiques ?
Me Abdelhakim El Kadiri Boutchich a traité cette problématique en 6 axes :
- Contexte Géopolitique.
- Position du Maroc
- La Fragmentation Politique et Sociale
- Impacts de la Crise Locale et Régionale sur le Maroc: Défis Diplomatiques et Économiques
- La Place du Maroc dans la Crise Régionale et Internationale
- Recommandations pour Renforcer Économiquement et Politiquement le Maroc
L’avenir du Maroc est influencé par plusieurs facteurs géopolitiques, économiques et diplomatiques, notamment dans le contexte des crises politiques au Maghreb, en Ukraine et à Gaza.
Position du Maroc
Diplomatie et Relations Internationales
La diplomatie marocaine est proactive et diversifiée, axée sur la coopération économique, la sécurité régionale et la promotion de la paix. Le Maroc joue un rôle clé en Afrique et dans le monde arabe, tout en renforçant ses relations avec l’Europe et d’autres régions. La politique diplomatique du Maroc est très avancée et performante, comme en témoignent les nombreux accords de coopération conclus avec divers partenaires étrangers.
Le Maroc a une politique étrangère active et équilibrée
Neutralité et Médiation
Le Maroc a souvent adopté une position de neutralité et de médiation dans les conflits internationaux, ce qui renforce son rôle diplomatique.[1] Cette approche pourrait aider le Maroc à naviguer dans les crises actuelles tout en maintenant de bonnes relations avec diverses nations.
Relations avec l’Occident et le Monde Arabe
Le Maroc entretient de bonnes relations avec les pays occidentaux, notamment les États-Unis et l’Union européenne[2], ainsi qu’avec les pays arabes, ce qui lui permet de jouer un rôle de pont entre différentes régions. Cette position pourrait être avantageuse pour attirer des investissements et des partenariats stratégiques[3].
Partenariats Énergétiques
Le Maroc pourrait renforcer ses partenariats énergétiques avec d’autres pays producteurs de gaz et de pétrole pour assurer sa sécurité énergétique. Cela pourrait inclure des accords avec des pays d’Afrique subsaharienne ou du Moyen-Orient.
La stratégie énergétique du Maroc[4] vise à assurer la sécurité énergétique, diversifier les sources d’énergie et promouvoir le développement durable. Elle met l’accent sur les énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire avec le complexe Noor à Ouarzazate, ainsi que l’énergie éolienne et hydraulique.
Le Maroc cherche à réduire sa dépendance aux combustibles fossiles en incluant le gaz naturel. Des programmes d’efficacité énergétique sont mis en place dans divers secteurs.
Le pays investit dans les infrastructures énergétiques, collabore avec des partenaires internationaux et intègre ses réseaux avec ceux des pays voisins.[5]
Enfin, il encourage la recherche et le développement dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, se positionnant comme un leader régional.
Impact Économique
Les crises à Gaza et en Ukraine perturbent les chaînes d’approvisionnement, augmentent les prix de l’énergie et des denrées alimentaires, et créent une incertitude économique au Maroc. Elles affectent également les échanges commerciaux et les investissements, aggravant les défis d’une économie marocaine déjà en difficulté.
Commerce et investissement
Les crises en Ukraine et à Gaza pourraient avoir des répercussions sur le commerce et les investissements[6] :
Perturbations Commerciales
Les sanctions contre la Russie et les tensions au Moyen-Orient pourraient perturber les chaînes d’approvisionnement et affecter les échanges commerciaux. Le Maroc devra adapter ses stratégies commerciales pour minimiser ces perturbations.
Opportunités d’investissement
Le Maroc pourrait attirer des investissements en tant que marché stable dans une région instable, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et des technologies. La stabilité politique et économique du Maroc pourrait être un atout majeur pour attirer des investisseurs étrangers.[7]
Secteur Touristique
Le secteur touristique marocain pourrait également être affecté :
Perception de la Sécurité
Les crises régionales peuvent influencer la perception de la sécurité des touristes, bien que le Maroc soit souvent perçu comme une destination relativement stable[8]. Le Maroc devra renforcer ses efforts de communication pour maintenir une image positive et sécuritaire.
(A suivre…)
Lire également : L’Avenir du Maroc dans le Contexte des Crises Politiques au Maghreb, en Ukraine et à Gaza (1e partie)
[1] Mustapha ES-SALEHY, (PhD), Abdelnabi SABRI, (PhD). Université Mohammed-V de Rabat, Maroc. Les dimensions politiques et stratégiques des relations Maroco-africaines. International journal of accounting, finance, auditing, management & economics. Volume 5, Issue 1 (2024), pp. 189.
[2] https://www.eeas.europa.eu/maroc/lunion-europeenne-et-le-maroc_fr?s=204.et Les relations internationales du Maroc : Le Maroc à la recherche d’une identité stratégique. https://books.openedition.org/cjb/.paragraphe 3.
[3] Ibtissam Zerrouk. IDE : «Un environnement fiscal compétitif peut attirer davantage d’investisseurs étrangers». Interview avec Me Abdelhakim EL KADIRI BOUTCHICH du 20/06/2024. https://laquotidienne.ma/article/economie/maroc-ide.
[4] Zakaria BENJOUID, Nadia NABIL, Zineb ABOULHOUDA. Le Maroc sur la bonne voie pour devenir une puissance énergétique. Page 151.
[5] Parmi les principaux partenariats, on trouve ceux avec l’Union Européenne (2019), l’Allemagne (2012 et 2019), la France (2015), l’Espagne (2018), les États-Unis (2013), la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement, la Chine (2016), et l’Agence Internationale de l’Énergie Renouvelable (IRENA). Ces accords visent à renforcer la coopération dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et l’intégration des marchés de l’énergie, démontrant l’engagement du Maroc à diversifier ses sources d’énergie et à promouvoir les énergies renouvelables.
[6] Abdelaziz Ait Ali, Fahd Azaroual, Oumayma Bourhriba et Uri Dadus. Les répercussions économiques de la guerre en Ukraine pour l’Afrique et le Maroc. page 7 et 8 . Policy Brief – N° 11/22 – Février 2022
[7] Même références .
[8] Asmae Slaoui Bennani Dakhama. Le développement du tourisme au Maroc : entre politique nationale et géopolitique internationale. SOCIÉTÉS 2019/1 (n°143).page 82 et 83.
