UNESCO : alerte mondiale sur la dégradation rapide des sols

L’UNESCO alerte sur le fait que 90% des terres émergées de la planète pourraient être dégradées d’ici 2050, avec des risques majeurs pour la biodiversité et la vie humaine. Lors d’une conférence internationale à Agadir (Maroc), Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, a lancé un appel aux 194 Etats membres de l’Organisation pour qu’ils améliorent la protection et la réhabilitation des sols. L’UNESCO engage aussi plusieurs actions pour combler le manque de connaissances scientifiques dans ce domaine.
Le Ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, Mohammed Sadiki, et la Directrice Générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), Audrey Azoulay, ont pris part, le lundi 1er juillet 2024 à Agadir, à la conférence Internationale sur les sols sous le thème « Enracinés dans la résilience : Révéler l’importance des sols dans le développement durable ».
Organisée par l’UNESCO en partenariat avec le Maroc, à travers l’Agence Nationale pour le Développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier (ANDZOA), cette conférence se tient en marge de la 36èmesession du Conseil International de Coordination du Programme sur l’Homme et la Biosphère (MAB), dont les travaux se déroulent à Agadir. Elle rassemble des experts internationaux et des représentants de plus de 30 Etats membres de l’UNESCO pour discuter du rôle essentiel des sols dans le développement durable. Elle vise également à promouvoir des techniques innovantes de conservation et de gestion durable des terres
« Les sols jouent un rôle crucial dans le maintien de la vie sur Terre. Pourtant, ils sont encore bien souvent négligés ou mal gérés. L’UNESCO appelle la communauté internationale à en faire une priorité. Fort de soixante ans d’expérience en sciences des sols, notre Organisation va aider les Etats à faire progresser les connaissances et à former des professionnels pour que les mesures nécessaires puissent être prises », a annoncé Audrey Azoulay, lors de la Conférence internationale de l’UNESCO sur les sols qui s’est tenue le 1e juillet.
Des sols en bonne santé sont essentiels au maintien des écosystèmes et de la biodiversité, à la régulation climatique, à la production alimentaire ou encore à la purification de l’eau. Or, selon l’Atlas mondial de la désertification, 75% d’entre deux sont déjà dégradés, avec un impact direct sur 3,2 milliards d’individus. Et si la tendance actuelle persiste, ce taux atteindra 90% d’ici 2050.
C’est dans ce contexte préoccupant que l’UNESCO et l’Agence Nationale pour le Développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier (ANDZOA) du Royaume du Maroc ont organisé une conférence sur les sols, ce lundi 1er juillet à Agadir, qui a rassemblé des experts et des représentants de plus de 30 Etats membres de l’Organisation. Les débats ont abouti à un plan d’actions autour de trois objectifs : améliorer la protection et la réhabilitation des sols, combler le manque de connaissances scientifiques, et renforcer l’engagement des jeunes et des communautés à travers l’éducation et des programmes de formation.
Dans son allocution de clôture de cette conférence, le Ministre a déclaré que la reconnaissance de la communauté internationale du rôle actif du Royaume dans le domaine des biosphères, sous la conduite éclairée de Sa Majesté Le Roi, Que Dieu L’assiste, renforce notre engagement pour la conservation des ressources naturelles et du développement durable et pour l’amélioration des relations entre l’Homme et l’environnement naturel. Ainsi le Maroc, depuis son adhésion au programme MAB, s’est pleinement engagé pour la protection de ses écosystèmes. Il a souligné que la conférence d’aujourd’hui est un excellent espace de partage d’expériences et de bonnes pratiques au service des réserves de biosphère, symbolisant notre engagement commun en faveur de la préservation de notre patrimoine naturel : eau, sol et forêt.
Un indice de santé des sols et un programme pilote
L’UNESCO va accompagner ses Etats membres en établissant avec nos partenaires internationaux un « indice mondial de santé des sols ». Il s’agira d’une mesure standardisée pour évaluer et comparer la qualité des sols à travers différentes régions et écosystèmes. Elle permettra d’identifier les tendances de dégradation ou d’amélioration, les zones à risque et l’efficacité des pratiques de gestion.
En complément de cet indice, l’UNESCO va mettre en œuvre une initiative pilote d’évaluation et de gestion durable des sols et des paysages dans une dizaine de réserves de biosphère, avec le double enjeu de s’assurer de l’efficacité des différents modes de gestion durable mis en œuvre dans ces sites et de promouvoir les meilleures pratiques au sein de l’ensemble du réseau MAB.
Les gestionnaires de ces sites seront encouragés à développer des projets exemplaires de conservation des sols et de gestion des terres qui pourront ensuite être reproduits ailleurs. Des formations leurs seront fournies, ainsi qu’aux membres des agences gouvernementales, des organisations de conservation et des communautés autochtones, afin de leur donner le maximum d’outils pour protéger cette ressource essentielle. Enfin, cette initiative comportera un volet éducatif par lequel l’UNESCO sensibilisera et impliquera les jeunes générations.
