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Economie Nationale

🚹1e Étude Ă©conomique de l’OCDE : le Maroc rĂ©silient, malgrĂ© un environnement difficile

étude économique de l'OCDE Maroc

À l’occasion de la clĂŽture du Programme Pays II Maroc-OCDE, la premiĂšre Ă©tude Ă©conomique du Royaume du Maroc menĂ©e par l’Organisation a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e ce jour. Le Maroc fait partie des rares pays non membres à avoir eu l’opportunité de bénéficier d’une telle étude, bien que ce genre d’études est réservé généralement aux pays membres. En voici les grandes lignes.

La croissance a rebondi aprĂšs la pandĂ©mie et la crise Ă©nergĂ©tique, en dĂ©pit du sĂ©isme de 2023 et des Ă©pisodes de sĂ©cheresse. Le Maroc a engagĂ© des rĂ©formes majeures pour encourager l’investissement et amĂ©liorer la protection sociale, mais une trajectoire de convergence plus forte sera nĂ©cessaire pour concrĂ©tiser la vision exprimĂ©e dans son Nouveau modĂšle de dĂ©veloppement.

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Selon l’étude Ă©conomique de l’OCDE, l’activitĂ© Ă©conomique poursuit son redressement, tirĂ©e par la consommation, l’investissement et les solides rĂ©sultats Ă  l’exportation. La vigueur de l’investissement s’explique par le taux Ă©levĂ© d’utilisation des capacitĂ©s, et sera stimulĂ© par les incitations gouvernementales au titre de la nouvelle Charte de l’investissement. L’inflation a refluĂ© Ă  la faveur de la modĂ©ration des prix des produits alimentaires, crĂ©ant une marge d’abaissement des taux directeurs en juin 2024.

Les risques financiers semblent maĂźtrisĂ©s grĂące Ă  la soliditĂ© des volants de fonds propres des banques et Ă  des provisionnements adĂ©quats, mĂȘme si le niveau des prĂȘts non performants est Ă©levĂ©.

Le Maroc bĂ©nĂ©ficie d’un rĂ©gime macroĂ©conomique stable, le dĂ©ficit est en train de se rĂ©duire aprĂšs la pandĂ©mie et la crise de l’énergie, et le ratio de dette publique avoisine 70 % du PIB.

Une politique budgĂ©taire active a permis de gĂ©rer les chocs rĂ©cemment subis par l’économie, mais le dĂ©ficit est maintenant en train de se rĂ©duire, Ă  mesure que l’économie se redresse et que des mesures importantes, mais se compensant globalement, sont prises en matiĂšre de dĂ©penses et de fiscalitĂ©, soutient l’étude de l’OCDE.

Les plans existants visant Ă  ramener le dĂ©ficit Ă  3 % d’ici 2026 devraient ĂȘtre mis en Ɠuvre. Il faudrait une nouvelle rĂšgle budgĂ©taire qui soit fondĂ©e sur un objectif d’endettement Ă  moyen terme et une rĂšgle de dĂ©penses pour aider Ă  gĂ©rer les tensions futures.

Les rĂ©formes ont eu pour effet d’étendre la couverture de l’assurance maladie et de l’aide sociale, tout en remplaçant certaines subventions Ă  l’énergie. Ces mesures permettront d’amĂ©liorer la vie de nombreux Marocains et de rendre l’aide sociale plus efficace.

Pour pouvoir financer les rĂ©formes et Ă©largir la base d’imposition, il faudrait rĂ©duire l’économie informelle, et accroĂźtre certaines recettes. AmĂ©liorer les incitations fournies par le systĂšme de prĂ©lĂšvements et de prestations en abaissant les taux des cotisations pour les plus bas salaires, en gĂ©nĂ©ralisant l’utilisation du numĂ©rique et en renforçant l’application de la lĂ©gislation fiscale permettrait de dĂ©gager des recettes supplĂ©mentaires et, partant, de rĂ©duire certains taux.

Les redevances provenant des sociétés miniÚres et les dividendes des entreprises publiques sont actuellement faibles. Taxer les émissions de gaz à effet de serre permettrait de générer des recettes supplémentaires.

L’éventail de statistiques et de donnĂ©es actualisĂ©es et de haute qualitĂ© est limitĂ© par rapport aux meilleures pratiques internationales, ce qui complique la mise en Ɠuvre de politiques judicieusement conçues. L’appareil statistique national devrait ĂȘtre rĂ©organisĂ© et des investissements doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s pour amĂ©liorer la disponibilitĂ© de statistiques actualisĂ©es et de haute qualitĂ©.

Augmenté la productivité, un réel défi pour le Maroc

Bien qu’il se soit rĂ©duit, l’écart de productivitĂ© du travail entre le Maroc et les pays Ă  la frontiĂšre reste important. Les entreprises multinationales de quelques secteurs stimulent la productivitĂ© industrielle, mais les liens avec l’économie locale pourraient ĂȘtre renforcĂ©s. La valeur ajoutĂ©e domestique reste concentrĂ©e dans des activitĂ©s moins sophistiquĂ©es, le nombre de produits pour lesquels les entreprises marocaines sont compĂ©titives Ă  l’international est en diminution, et elles exportent moins de biens de haute technologie, mais plus de biens de moyenne-haute technologie, que par le passĂ©. L’ampleur de l’économie informelle et la petite taille des entreprises freinent la croissance de la productivitĂ©.

Le secteur public et les entreprises publiques ont massivement investi, et la nouvelle Charte de l’investissement vise maintenant Ă  stimuler l’investissement privĂ© par le biais des subventions et des mesures destinĂ©es Ă  amĂ©liorer le climat des affaires. Bien que les infrastructures sont relativement de bonne qualitĂ©, la formation de capital est depuis longtemps dominĂ©e par le secteur public, et l’efficience des investissements est faible.

Les investissements du secteur public devraient ĂȘtre mieux ciblĂ©s et mieux gĂ©rĂ©s. De nouvelles mesures d’incitation et d’accompagnement, comme l’octroi de terrains et l’amĂ©lioration du climat des affaires, visent Ă  dĂ©velopper l’investissement privĂ©. Veiller Ă  ce que les incitations soient Ă©quilibrĂ©es entre les secteurs nouveaux et Ă©tablis contribuerait Ă  Ă©largir la base industrielle.

Des efforts ont Ă©tĂ© faits pour amĂ©liorer le climat des affaires. Le Conseil de la concurrence a Ă©tĂ© renforcĂ©. Les entreprises publiques jouent un rĂŽle significatif dans l’économie, et leur gouvernance pourrait ĂȘtre amĂ©liorĂ©e conformĂ©ment aux rĂ©formes en cours, pour garantir des rĂšgles du jeu Ă©quitables.

Le cadre de lutte contre la corruption a Ă©tĂ© renforcĂ©, mais des amĂ©liorations sont encore possibles. Les entreprises font Ă©tat de contreparties qui alourdissent les coĂ»ts de transaction dans leurs interactions avec l’administration publique.

Poursuivre les efforts engagés pour lutter contre la corruption et progresser davantage dans la dématérialisation des transactions permettraient de réduire les possibilités de corruption.

En matiĂšre d’innovation, les activitĂ©s et les dĂ©penses sont peu Ă©levĂ©es, et l’adoption des technologies numĂ©riques par les entreprises et les travailleurs marocains se fait lentement. Garantir la poursuite d’un accĂšs concurrentiel Ă  l’internet, une meilleure protection des consommateurs du commerce Ă©lectronique et des formations au numĂ©rique ciblĂ©es offrir aux travailleurs permettrait de tirer le meilleur parti des nouvelles opportunitĂ©s offertes par la transition numĂ©rique. DĂ©velopper un meilleur soutien Ă  l’innovation contribuerait Ă  crĂ©er de nouveaux dĂ©bouchĂ©s pour les entreprises.

Il faudrait amĂ©liorer les compĂ©tences et les rĂ©sultats scolaires pour favoriser une Ă©conomie plus productive. Les compĂ©tences de base en lecture et en calcul ont progressĂ©, mais les rĂ©sultats scolaires restent relativement faibles et de nombreux jeunes continuent de quitter l’école Ă  un Ăąge prĂ©coce. Une rĂ©forme majeure du systĂšme scolaire est en cours pour amĂ©liorer l’enseignement.

Un enseignement supĂ©rieur professionnel en entreprise et davantage axĂ© sur le marchĂ© permettrait une meilleure prĂ©paration des jeunes au marchĂ© du travail et une meilleure adaptation de l’offre aux besoins en compĂ©tences.

L’emploi, talon d’Achille de l’économie marocaine

Des rĂ©formes de grande ampleur sont en cours pour Ă©largir l’assurance sociale et lutter contre l’activitĂ© informelle gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui se traduit par des salaires peu Ă©levĂ©s, des emplois de faible qualitĂ© et des compĂ©tences peu dĂ©veloppĂ©es. Les entreprises et emplois informels sont particuliĂšrement rĂ©pandus dans les zones rurales et oĂč la main-d’Ɠuvre est peu qualifiĂ©e. Des rĂ©formes menĂ©es dans le passĂ© ont permis d’officialiser certaines activitĂ©s par la reconnaissance du travail indĂ©pendant et des entrepreneurs. Les rĂ©formes en cours ont pour effet d’étendre l’aide sociale et l’assurance maladie et prĂ©voient l’inscription sur un nouveau registre social, qui pourrait ĂȘtre reliĂ© Ă  l’agence pour l’emploi afin de faciliter la transition vers le marchĂ© du travail et d’amĂ©liorer l’adĂ©quation entre l’offre et la demande d’emploi.

Une approche intĂ©grĂ©e est nĂ©cessaire pour inciter davantage les travailleurs et les entreprises Ă  passer dans l’économie formelle et renforcer progressivement l’application de la rĂ©glementation et des sanctions. Il pourrait ĂȘtre utile d’abaisser les taux des cotisations sociales pour les travailleurs faiblement rĂ©munĂ©rĂ©s, de prendre en compte, lors de sa fixation, l’impact du salaire minimum sur la rĂ©gularisation des activitĂ©s informelles, et d’assouplir la lĂ©gislation en matiĂšre de protection de l’emploi, actuellement stricte.

Selon l’étude de l’OCDE, il est possible de mieux intĂ©grer les femmes et les jeunes dans le marchĂ© du travail. Le taux d’activitĂ© des femmes est peu Ă©levĂ©, et il est en recul. Une sĂ©rie de mesures, notamment un meilleur accĂšs au financement, la rĂ©duction des discriminations et la lutte contre les stĂ©rĂ©otypes de genre, contribueraient Ă  renforcer le rĂŽle des femmes dans le marchĂ© du travail. Abaisser l’ñge auquel des enfants peuvent frĂ©quenter les services d’accueil subventionnĂ©s serait bĂ©nĂ©fique au travail des femmes. Le chĂŽmage des jeunes est Ă©levĂ©, notamment chez les jeunes diplĂŽmĂ©s. Simplifier l’éventail des politiques actives et renforcer les obligations d’activation aideraient aussi les jeunes Ă  trouver un emploi.

Des politiques climatiques plus actives

Selon l’étude Ă©conomique de l’OCDE, le Maroc a pris l’engagement ambitieux de rĂ©duire ses Ă©missions de carbone de 45,5 % d’ici Ă  2030 par rapport Ă  2010 et d’atteindre la neutralitĂ© carbone d’ici Ă  2050, en tirant parti du potentiel du pays en matiĂšre de production d’électricitĂ© Ă  partir d’énergies renouvelables. Cependant, le pays est vulnĂ©rable au changement climatique, et il est dĂ©jĂ  confrontĂ© Ă  un stress hydrique important.

L’étude prĂ©sente plus de dĂ©tails sur les recommandations de l’OCDE

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