Akinwumi Adesina (BAD) « L’Afrique n’est pas aussi risquée. La perception n’est pas la réalité »

Les travaux de la 5è édition de l’Africa Investment Forum (AIF), placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ont débuté, ce mercredi 4 décembre à Rabat en présence des acteurs clés pour faciliter le financement et la réalisation de projets à fort impact sur le continent. Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, a rappelé les enjeux de l’investissement privé pour le développement de l’Afrique.
La séance d’ouverture a été marquée par la présence du Conseiller de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et Président honoraire de la Banque africaine de développement (BAD), Omar Kabbaj, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah et du président de la BAD, Akinwumi Adesina.
Placé sous le thème “Tirer parti de partenariats innovants pour passer à l’échelle supérieure”, LlAIF 2024 se positionne comme plateforme incontournable en ouvrant la voie à des investissements stratégiques soutenant la transformation économique de l’Afrique et en fournissant un accès direct à des opportunités de transactions à travers le continent.
Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, a salué, mercredi à Rabat, le leadership et l’engagement de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en faveur de la promotion des investissements privés en Afrique.
» Je suis pleinement convaincu que le développement accéléré de l’Afrique nécessite une plus grande mobilisation des capitaux privés. Nous devons faire en sorte que les capitaux puissent être déployés pour saisir les opportunités qui se présentent en Afrique. Au Forum pour l’investissement en Afrique, c’est le principe moteur qui nous a réunis en tant que membres fondateurs, notamment le Groupe de la Banque africaine de développement, Afiica50, la Banque africaine d’import-export, la Banque de développement de l’Afrique australe, la Banque islamique de développement, la Banque européenne d’investissement et la Banque pour le commerce et le développement« , a souligné Dr Akinwumi Adesina dans son mot d’ouverture.
Et d’ajouter « Je suis heureux d’accueillir aujourd’hui la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, qui rejoint les membres fondateurs. Je suis heureux que mon collègue, le président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), soit présent aujourd’hui, et je suis sûr que la Banque se joindra également à la plate-forme, car nous nous efforçons ensemble de faire progresser les investissements en Afrique ».
Depuis son lancement en 2018, l’AIF a suscité près de 180 milliards de dollars d’intérêts d’investissement pour des projets d’envergures dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de la santé et de l’agriculture, renforçant ainsi son statut de principale plateforme d’investissement en Afrique pour les investisseurs mondiaux.
Il par ailleurs précisé que les transformations en Afrique doivent s’articuler autour des populations, avec un accent particulier sur la bancarisation, tout en favorisant une dynamique collective pour faciliter et renforcer les investissements à travers le continent.
L’Afrique constitue une “opportunité unique d’investissement”, avec une population qui devrait doubler d’ici 2050 à 2,4 milliards d’habitants, une demande en logement estimée à 1,4 milliard d’euros et des opportunités annuelles d’investissements en infrastructures atteignant 170 milliards de dollars, a fait remarquer le président de la BAD.
S’appuyant sur une étude menée auprès des gestionnaires d’actifs, il a noté que 85% d’entre eux anticipent une augmentation des allocations de capitaux privés, tandis que 52% estiment que le capital privé africain deviendra plus attractif.
« Nous nous concentrons sur un triple mandat : faire progresser les projets à fort impact vers la bancabilité, lever des capitaux et accélérer la conclusion de transactions. En se concentrant sur la facilitation des investissements en Afrique, l’Afiica Investment Forum est devenu la première plateforme d’investissement pour l’Afrique », a fait savoir le président de la BAD.
Dr Akinwumi Adesina a rappelé aussi que l’Afrique est devenue la première destination des investisseurs dans la course aux bénéfices du boom mondial de la transition énergétique. Elle jouera un rôle essentiel dans la transition énergétique mondiale, car elle possède d’importants gisements de minéraux essentiels.
« L’Afrique n’est pas aussi risquée. La perception n’est pas la réalité », a-t-il insisté. Données à l’appui, l’évaluation par Moody’s Analytics des défaillances cumulées sur les infrastructures, sur une période de 14 ans, montre que l’Afrique a les taux de défaillance les plus bas du monde. Les taux de défaillance étaient respectivement de 1,9 % pour l’Afrique, 6,6 % pour l’Amérique du Nord, 10,1 % pour l’Amérique latine, 12,4 % pour l’Europe de l’Est, 4,6 % pour l’Europe de l’Ouest et l’Asie.
« L’objectif de l’Africa Investment Forum est d’aider les investisseurs à prendre des décisions éclairées sur des projets en Afrique. Notre objectif reste le même : mettre en relation les investisseurs et les opportunités, mobiliser des capitaux et accélérer le bouclage financier des projets. Le Forum sur l’investissement en Afrique a de solides antécédents. Au cours des cinq dernières éditions, il a mobilisé 180 milliards de dollars d’intérêts d’investisseurs vers l’Afrique. Il a conclu des transactions d’une valeur de 30 milliards de dollars et continue d’en accélérer la conclusion financière », a rassuré le président de la BAD.
Il a noté que cette année, les partenaires de l’AIF ont réalisé des opérations d’une valeur de plus de 15 milliards de dollars, ce qui constitue un record.

