Feuille de route de l’emploi : les TPE-PME inquiètes !

La Confédération Marocaine des TPE-PME a exprimé ses inquiétudes concernant les modalités de programmation de la feuille de route de l’emploi et s’interroge sur la mise en œuvre du soutien dédié aux TPE-PME dans le cadre de ce programme, auquel 12 Mds de DH (soit 80 % du budget total) ont été alloués.
Dans le cadre du lancement par le gouvernement de la nouvelle feuille de route pour l’emploi, doté de 15 Mds de DH pour soutenir l’emploi et le développement économique, ce dernier a annoncé l’allocation de 12 Mds de DH aux Très Petites Entreprises & Petites et Moyennes Entreprises (TPE-PME).
À cet égard, la Confédération Marocaine des TPE-PME a salué cette initiative attendue depuis longtemps, qui vise à renforcer le rôle de ces entreprises dans l’économie nationale et à soutenir l’emploi, sachant que ce segment emploie plus de 75 % de la main-d’œuvre au Maroc.
Cependant, elle a exprimé dans un communiqué ses préoccupations sur la manière dont ce programme a été conçu en concertation exclusive avec le patronat, ainsi que par les critères de sélection des entreprises bénéficiaires et les mécanismes de distribution des fonds.
Dans un précédent communiqué daté du 29 décembre 2024 (réaction au projet de loi de finances 2025), la confédération avait déjà alerté sur le risque que les 12 Mds de DH destinés aux TPE-PME soient détournés au profit des grandes entreprises, via l’implication du patronat et l’exclusion de la Confédération Marocaine des TPE-PME.
Entre autres motifs d’inquiétudes énumérés par la Confédération, est qu’à l’approche des élections communales et législatives, il est redouté que ce soutien aux TPE-PME ne soit utilisé à des fins politiques. « Certains partis au pouvoir ont déjà anticipé leur campagne électorale, évoquant un « Gouvernement du Mondial ». Nous exigeons que ces fonds soient réservés aux entreprises en réelle détresse et qui peuvent créer des postes d’emplois », alerte la confédération.
La confédération relève également le risque d’exclusion des TPE-PME non alignées politiquement.
« Ce scénario s’est déjà produit avec le programme « Ana Moukawil », lancé il y a deux ans par le ministre de la petite entreprise Mr. Sekkouri en collaboration avec le patronat (CGEM) et l’absence de notre Confédération Marocaine des TPE-PME alors que ce programme visait les TPE. Après deux ans passés, nous n’avons constaté aucune retombée concrète de ce programme sur les TPE ni de ses nouvelles et des 600 MDH qui ont été alloués à ce programme pour accompagner 100.000 entrepreneurs chefs des TPE mais nous signalons que nos membres n’ont pas bénéficié de ce programme « Ana Moukawil » », soutient la même source.
Pour remédier à cette situation, la confédération de la TPE-pme Nous exhortons le gouvernement, notamment le Ministère de la Petite Entreprise et de l’Emploi, à impliquer activement la Confédération Marocaine des TPE-PME dans la nouvelle feuille de route pour l’emploi, dont les TPE-PME (piliers de la lutte contre le chômage) sont censées recevoir 80 % du budget (12 Mds de DH) total de la nouvelle feuille de route de l’emploi.
Il est également demandé de clarifier les mécanismes d’attribution des aides, en veillant à ce qu’elles profitent aux TPE- PME les plus fragiles (celles que les banques excluent des prêts à taux raisonnables) et de garantir une répartition équitable et transparente, axée sur les besoins réels des entreprises, et non sur des intérêts partisans.
« Pour la réussite du programme, nous recommandons l’implication de la Confédération Marocaine des TPE-PME à toutes les étapes, son exclusion actuelle compromet l’efficacité des politiques publiques », relève la confédération.
Elle insiste sur un contrôle rigoureux de la mise en œuvre notamment via des rapports périodiques et la participation de la société civile (dont la Confédération Marocaine des TPE-PME) à la supervision.
Par ailleurs, la confédération recommande de renforcer la coordination entre les ministères de l’Emploi, des Finances, de l’Industrie et de l’Investissement.
Programmes de renforcement des compétences managériales et financières, avec un accent sur les régions éloignées sont également les bienvenus.
Enfin, la confédération appelle à éviter la bureaucratie qui entrave traditionnellement l’accès aux aides publiques.

