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Assurances

🎥 RDV de l’assurance : le développement d’une offre d’assurance contre les risques cyber est en cours (N. Fettah)

marché fettah

Interviewée par Imane Bouhrara I

« Le Haut Patronage de Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI, tĂ©moigne de l’importance stratĂ©gique accordĂ©e au secteur de l’assurance », c’est ce qu’a affirmĂ© la ministre de l’Economie et des Finances, Nadia Fettah en marge de la 11e Ă©dition du rendez-vous de Casablanca de l’Assurance tenue les 16 et 17 avril.

La ministre a rappelĂ© les perspectives prometteuses qu’offrent les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle pour amĂ©liorer la performance du secteur, enrichir l’expĂ©rience client et Ă©tendre l’inclusion financière. Ces outils puissants sont de vĂ©ritables catalyseurs de transformation, au service de l’ambition Ă©conomique et sociale de notre pays, a prĂ©cisĂ© la ministre.

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Elle ajoute que  » le choix de cette thématique n’est pas fortuit. L’intelligence artificielle, comme les autres révolutions numériques que nous traversons, transforme en profondeur nos sociétés. Le Maroc l’a bien compris, en s’inscrivant activement dans cette dynamique, tout en veillant à anticiper les risques liés à la transition technologique. Nous avons ainsi adapté notre cadre réglementaire, investi dans des infrastructures numériques de pointe, et promu une IA éthique, responsable, et conforme aux recommandations internationales, notamment celles de l’UNESCO. Car au-delà des algorithmes, ce sont des choix humains, éthiques, et sociétaux qui façonnent l’avenir du numérique ».

Fettah a rappelé au passage que notre pays dispose aujourd’hui de data centers aux standards internationaux, de programmes d’appui à l’innovation comme « Innov Invest », et d’une stratégie claire en matière de transformation numérique. Grâce à ces efforts, la micro-assurance a atteint plus de 2,3 millions de contrats en 2024, un chiffre qui parle de lui-même.

Le secteur des assurances a su faire preuve de résilience face des crises successives -pandémies, chocs climatiques, volatilité économique. Cette solidité ne doit pas nous inciter au confort, mais au contraire nous pousser à anticiper les nouveaux défis, à innover et à réinventer nos modèles.

L’intelligence artificielle, à cet égard, est une formidable opportunité. Elle permet l’automatisation de la souscription, la détection des fraudes, la personnalisation des offres, ou encore l’analyse prédictive des risques. Pour étoffer ses propos, la ministre a donné le cas des Etats-Unis où une compagnie d’assurance automobile a réduit de 70 % les tâches manuelles liées aux sinistres grâce à un bot IA.

« Mais l’IA va plus loin. En Afrique, elle rend possible l’accès à l’assurance dans les zones les plus reculées, à travers des solutions mobiles et digitales. Le Kenya en est un exemple inspirant, avec l’assurance santé via mobile, qui a changé la vie de millions de citoyens. Le Maroc, de son côté, avance aussi dans cette voie, avec une stratégie d’inclusion financière qui cible les jeunes, les femmes et les populations rurales », a précisé la ministre.

Et d’ajouter « nous vivons une Ă©poque marquĂ©e par des catastrophes naturelles de plus en plus frĂ©quentes : inondations, sĂ©cheresse, sĂ©isme…En 2023, l’Afrique Ă©tait le troisième continent le plus touchĂ©, et le deuxième en termes de pertes humaines. Face Ă  cela, le rĂ´le de l’assurance est central. Les technologies Ă©mergentes, notamment les satellites, les drones, l’IoT et l’IA, permettent aujourd’hui de prĂ©dire, surveiller et tarifer les risques avec une prĂ©cision inĂ©dite. Elles permettent Ă©galement l’essor de l’assurance paramĂ©trique, qui dĂ©clenche automatiquement l’indemnisation dès qu’un seuil prĂ©dĂ©fini est atteint. Ce type d’assurance, fondĂ©e sur des donnĂ©es objectives, peut faire la diffĂ©rence pour des agriculteurs, des artisans et des PME, qui ont besoin d’une rĂ©ponse rapide pour survivre Ă  un choc ».

N. Fettah a toutefois rappelé une réalité évidente celle des risques liés aux innovations. « L’intégration de ces technologies suppose des investissements importants, une montée en compétence des équipes, et une évolution du cadre réglementaire. Elle nécessite aussi de garantir la sécurité des données. Car avec la prolifération des capteurs et des plateformes, la question de la gouvernance des données devient cruciale. En 2022, 82% des grandes compagnies d’assurance mondiales ont été la cible de ransomwares. Le Maroc a réagi avec vigueur, en adoptant la loi 20-05 sur la cybersécurité, et en mettant en place une directive nationale pour renforcer la sécurité des systèmes d’information. Il s’agit de créer un environnement de confiance, où la donnée devient un actif protégé, et non une vulnérabilité », a-t-elle précisé.

Fettah a précisé que le développement d’une offre d’assurance contre les risques cyber est aussi en cours. « Nous devons anticiper les besoins des entreprises, des institutions, et des citoyens, face à une menace qui ne cesse de croître. Enfin, il est essentiel de préserver l’équilibre entre personnalisation et mutualisation. L’IA permet de cibler finement les profils, mais attention à ne pas fragmenter le risque au point d’exclure les plus vulnérables. L’inclusion doit rester au cœur de notre modèle », a souligné la ministre.

En guise de conclusion, la ministre a insisté que le progrès technologique n’a de valeur que s’il sert l’Humain. L’assurance de demain sera plus agile, plus numérique, mais elle devra aussi être plus équitable, plus résiliente et plus solidaire. 

 

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