Agroforesterie : le secteur financier appelé à être un catalyseur du changement (M. Fikrat)

Mohamed Fikrat, Président du Directoire du CAM a estimé qu’une vision de l’agroforesterie, conçue comme un écosystème à l’échelle nationale mais aussi africaine, devrait s’appuyer à la fois sur les savoirs endogènes, l’innovation et une coopération renforcée entre l’ensemble des acteurs, dans une logique de synergie active.
Le secteur financier devrait jouer un rôle de catalyseur du changement face aux défis de l’écosystème agroforestier, notamment en facilitant l’accès à des financements sur mesure, a souligné, mercredi à Meknès, le Président du Directoire du Crédit Agricole du Maroc (CAM), Mohamed Fikrat.
“Face aux défis actuels, nous sommes convaincus, en tant que banque agricole de référence au niveau national, que le secteur financier a un rôle clé à jouer : être un catalyseur du changement, en facilitant l’accès à des financements adaptés, en encourageant l’innovation verte et en accompagnant la transition vers des pratiques agricoles résilientes”, a dit M. Fikrat lors de cette conférence qui s’est tenue à l’occasion du 17ème Salon international de l’Agriculture au Maroc (SIAM).
Particulièrement vulnérables, les espaces agroforestiers sont confrontés au stress hydrique, à l’érosion des sols, à la désertification, à un accès parfois limité à l’énergie, au financement et aux marchés, ainsi qu’à la nécessité de renforcer les compétences du capital humain local, a-t-il fait remarquer.
Pour y remédier, des actions très concrètes devraient être mises en œuvre, allant de la préservation de la santé des sols à une meilleure gestion de l’eau, en passant par le recours aux énergies renouvelables, la promotion d’itinéraires techniques durables (semis direct, rotation des cultures, bio-fertilisants, agriculture biologique) et la valorisation des déchets et coproduits agricoles, a préconisé M. Fikrat.
Le Crédit Agricole du Maroc a mis en place six dispositifs pour accompagner la transformation en cours, avec un engagement qui va bien au-delà du financement, en accordant une attention particulière à l’accompagnement et au conseil de ses partenaires-clients à travers les différentes régions, notamment dans le domaine de l’agroforesterie, a-t-il rappelé.
Le Président du Directoire du CAM a aussi estimé qu’une vision de l’agroforesterie, conçue comme un écosystème à l’échelle nationale mais aussi africaine, devrait s’appuyer à la fois sur les savoirs endogènes, l’innovation et une coopération renforcée entre l’ensemble des acteurs, dans une logique de synergie active.
Organisée sous le thème “Agroforesterie et résilience climatique : une vision africaine pour la sécurité alimentaire et le développement durable”, cette conférence a réuni des ministres africains de l’Agriculture, ainsi qu’un large éventail d’acteurs, notamment des institutions financières et techniques, des partenaires au développement, des représentants du secteur privé, des chercheurs, des instituts de développement, des universitaires et des scientifiques.
Elle constitue la principale plateforme politique réunissant les ministres africains de l’Agriculture pour définir les grandes orientations stratégiques de l’Initiative AAA, visant à renforcer l’adaptation de l’agriculture africaine au changement climatique, un enjeu majeur pour le développement économique et social du continent.
Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le SIAM 2025, qui connait la participation de 1.500 exposants venus de 70 pays, constitue un véritable carrefour des politiques agricoles et un temps fort pour promouvoir les échanges, consolider les partenariats internationaux et mettre en lumière les réponses concrètes aux défis auxquels le secteur agricole est confronté.

