Surdose ou overdose : le président de l’ALCS alerte sur le danger d’exclusion du «Naloxone» des programmes de santé

À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à la surdose ou overdose, le président de l’ALCS, a adressé une lettre rappelant les défis persistants auxquels sont confrontés les usagers de drogues, notamment le danger de l’overdose, qui continue de menacer leur vie en l’absence d’outils d’intervention rapide, tels que le médicament «Naloxone», dont l’efficacité dans les situations d’urgence est avérée.
Dans lettre, Professeur Mehdi Karkouri, le Président de l’Association de Lutte contre le Sida (ALCS), rappelle que le 31 août de chaque année, le monde célèbre la Journée mondiale de sensibilisation à la surdose (ou « overdose »). Il s’agit d’un événement humanitaire visant à sensibiliser aux dangers des overdoses, à réduire la stigmatisation qui y est associée et à rendre hommage à celles et ceux qui ont perdu la vie à cause d’une overdose, sans discrimination ni jugement. Cette journée est également une occasion de renouveler notre engagement collectif en faveur de la prévention, de la solidarité et de la préservation des vies humaines.
Cette année, la célébration de cette journée au Maroc s’inscrit dans un contexte national prometteur, marqué par des réformes importantes dans les domaines de la justice et de la santé publique, selon la lettre. Parmi les plus notables, figure l’adoption de la loi sur les peines alternatives, qui représente une avancée significative vers une approche plus humaine et efficace dans le traitement des usagers de drogues. Cette loi consacre une vision fondée sur le droit à la santé et à la vie et renforce les efforts de prévention et de réinsertion plutôt que de punition, en parfaite cohérence avec la philosophie de réduction des risques adoptée par notre association.
Les partenariats existants entre l’ALCS et les institutions nationales, notamment le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale, constituent une base solide pour la mise en œuvre de programmes efficaces de réduction des risques, surtout face aux défis persistants auxquels sont confrontés les usagers de drogues, notamment le danger de l’overdose, qui continue de menacer leur vie en l’absence d’outils d’intervention rapide, tels que le médicament «Naloxone», dont l’efficacité dans les situations d’urgence est avérée.
Face à cette réalité, l’association lance un appel à toutes les parties concernées.
Notamment le ministère de la Santé et de la Protection Sociale auquel la lettre demande l’accélération de la mise en œuvre des recommandations issues de la consultation internationale de 2018, en particulier la disponibilité permanente du médicament «Naloxone», son accessibilité pour les intervenants, ainsi que leur formation à son utilisation.
« Nous appelons également à l’établissement de mécanismes clairs pour le suivi et la documentation des cas d’overdose, afin de construire une base de données précise soutenant l’élaboration de programmes de prévention efficaces », soutient Professeur Mehdi Karkouri.
La lettre s’adresse également aux institutions sécuritaires encouragées à renforcer la coopération avec la société civile et à adopter une approche humaine dans le traitement des cas de consommation de drogues, conformément à l’esprit de la nouvelle loi sur les peines alternatives.
« Nous appelons (la société civile) à poursuivre les efforts de sensibilisation, de formation et de plaidoyer pour intégrer le «Naloxone» comme un droit fondamental à la santé, et pour promouvoir une culture de prévention et de prise en charge ».
La lettre invite les médias et l’opinion publique à briser la stigmatisation liée à l’usage de drogues et à diffuser une culture de compassion et de prévention plutôt que de condamnation.
Par ailleurs, la lettre demande aux décideurs politiques l’adoption de politiques publiques valorisant la dignité humaine et traduisant le droit à la vie en mesures concrètes, notamment l’intégration des peines alternatives dans le traitement des cas de consommation de drogues et la mise à disposition d’outils de sauvetage immédiat.
La protection du droit à la vie ne doit pas être un simple slogan, mais une responsabilité collective. L’exclusion du «Naloxone» des programmes de santé constitue une négligence de ce devoir et met en danger la vie de milliers de personnes.
« Faisons de cette journée un moment de changement, de plaidoyer et de solidarité. Car chaque vie sauvée est une victoire pour la dignité et chaque intervention efficace est un pas vers une société plus juste et plus humaine », conclut Professeur Mehdi Karkouri, le Président de l’ALCS, sa lettre.

