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Economie

Crédit bancaire au secteur non financier : quelles prémisses pour une vraie dynamique ?

crédit bancaire

Ecrit par S. Es-Siari I

Dans une note publiée récemment par le ministère de l’économie et des finances sur les fondements du Maroc Émergent, la tutelle passe en revue un certain nombre de critères économiques, financiers et institutionnels généralement retenus que le Maroc a pu satisfaire pour consolider au fil de l’eau son statut de pays émergent. Toujours est-il que pour accompagner cette dynamique dans laquelle s’est inscrit le Maroc comme peut en attester la hausse prévisible du PIB de 5% en 2025, le crédit bancaire en direction du secteur non financier devrait s’inscrire sur une pente nettement haussière contre des seuils observés nettement moindres en 2024.

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De prime abord, force est de rappeler que le taux de croissance du PIB réel a atteint 4,4 % en moyenne depuis la crise COVID, un des plus élevés de la région MENA et du continent africain. Ce dynamisme a permis un doublement de la valeur nominale du PIB en vingt ans, pour atteindre 1.600 milliards de dirhams en 2024, soit plus de 4.300 USD par habitant. Cette résilience de l’économie est la résultante d’une diversification du tissu productif et une réduction de la dépendance au secteur agricole et aux aléas climatiques.

On apprend de cette même note que l’inflation reste faible sur le long terme, oscillant entre 1,5 % et 2 % en moyenne, et atteignant seulement 0,9 % en 2024, contre des niveaux bien plus élevés dans des économies comparables (30 % en Égypte, 50 % en Turquie). Cette stabilité résulte d’une gestion proactive du taux directeur, qui ancre les anticipations d’inflation tout en soutenant l’activité. Par ailleurs, la politique de change, encadrée dans un régime de flexibilité progressive, contribue à renforcer la compétitivité extérieure du Royaume.

Toujours est-il que pour accompagner cette dynamique dans laquelle s’est inscrit le Maroc comme peut en attester la hausse prévisible du PIB de 5% en 2025, les crédits bancaires en direction du secteur non financier devraient s’inscrire sur une pente nettement haussière contre des seuils observés nettement moindres en 2024.

En effet, l’encours du crédit bancaire au secteur non financier qui augmente de 4,2% pour atteindre 961,8 Mds de dhs ou 83,5% de l’encours total fonde plusieurs séries d’observations selon le critère privilégié.

D’abord, les concours aux entreprises non financières privées ont marqué une progression annuelle de 2,3% (446,9 Mds de DH). Cette évolution résulte essentiellement de la hausse de 9,6% des crédits à l’équipement et de 7,3% des prêts à la promotion immobilière. En revanche, les facilités de trésorerie ont enregistré un repli de 2%. Selon l’enquête de conjoncture de BAM, l’accès au financement bancaire, au T1-2025 a été jugé « normal » par 84% des industriels et « difficile » par 10% d’entre eux. En outre, le coût du crédit aurait été en stagnation selon 73% des entreprises et en baisse selon 21%. Notons, par ailleurs, qu’au premier trimestre de l’exercice en cours, les taux appliqués aux nouveaux crédits se sont repliés, d’un trimestre à l’autre, de 9 pb à 5,17%. Ils se sont établis à 4,96% pour les GE et à 5,61% pour les TPME.

Par objet économique, l’évolution en glissement annuel du concours bancaire au secteur non financier reflète l’accélération de la progression de l’ensemble de ses composantes, à l’exception des facilités de trésorerie qui ont vu leur croissance décélérer de 3,8% à 2,1%. En effet, les prêts à l’équipement se sont accrus à 11,3% après 9,8%, les crédits immobiliers à 3,3% après 2,7% et les prêts à la consommation à 2,6% après 1,9%.

Outre la décélération des facilités de trésorerie, les créances en souffrance présentent un sérieux handicap pour la machine économique. On note encore une nette croissance de 4,5% après 2,3% en mars 2025, et leur ratio au crédit s’est établi à 8,7% après 8,4%.

Dans le détail, ce sont surtout les Entrepreneurs Individuels (EI) qui présentent le taux de sinistralité le plus élevé même si leur part dans le crédit total est faible comparativement aux sociétés non financières privées (SNFP) suivies des Ménages constitués des ‘’Particuliers’’, des ‘’MRE’’ et de ‘’ISBLM) (Institutions Sans But Lucratif au service des Ménages ou Société Civile).

Une chose est sûre : pour que cette dynamique s’inscrive dans la durée, il est impératif qu’elle soit portée par toutes les franges du tissu économique.  La reprise du crédit bancaire au secteur non financier (SNF) devrait être plus élevée au cours des prochains mois 2025 et bien au-delà. Selon les projections de BAM, elle devrait évoluer de 5,9% en 2025. Cette augmentation projetée pour la fin de cette année serait d’abord le reflet d’une baisse des conditions générales de financement.

Le taux directeur ayant été abaissé à plusieurs reprises pour se stabiliser actuellement à 2,25%. Cette reprise est, ensuite, indispensable pour être en phase avec la hausse attendue des activités productives, le PIB devant progresser de plus de 5% au terme de cette année.

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