La guerre en Ukraine et à Gaza : une situation de plus en plus désespérée

En cette rentrée du 1er Septembre 2025, la guerre en Ukraine et à Gaza non seulement ne s’est pas arrêtée, mais a empiré. Après avoir annexé la Crimée le 18 Mars 2014, la Russie a envahi l’Ukraine le 24 Février 2022, déclenchant l’une des plus grandes guerres en Europe depuis la seconde guerre mondiale. L’objectif du Président Poutine qui a qualifié l’invasion de « Opération spéciale », était d’occuper la totalité de l’Ukraine, et de renverser le gouvernement ukrainien en place. Cependant la résistance ukrainienne, aidée par les puissances occidentales (Europe et Etats-Unis) à la fois sur le plan financier que militaire, a été très efficace. C’est ainsi qu’en trois ans et demi de guerre, la Russie n’a conquis que 19% du territoire ukrainien dans le Donbass à l’Est de l’Ukraine.
Contrairement au Président Biden qui était farouchement opposé à l’invasion russe en Ukraine, le Président Donald Trump qui a pris ses fonctions le 20 Janvier 2025 a adopté une politique plus flexible vis-à-vis de la Russie. Après plusieurs échanges téléphoniques, il a invité le Président Poutine à un Sommet à Anchorage en Alaska le 15 Août 2025. L’accueil du Président Poutine fut très chaleureux, mais le Sommet n’a abouti ni à un cessez-le-feu, ni un accord de paix concernant la guerre en Ukraine. Cette rencontre a surtout servi le Président Poutine, qui sans faire de concessions, réapparait sur la scène internationale avec estime.
Les pays européens qui ont critiqué le Sommet sans résultats en Alaska, ont été invités à un autre Sommet qui s’est tenu à Washington le 18 Août 2025. Etaient présents, outre Donald Trump et Volodymir Zelenski, Emmanuel Macron(France), Friedrich Merz (Allemagne), Keir Starmer (Royaume-Uni), Giorgia Meloni (Italie), Ursula Von Der Leyen (Union européenne), Mark Rutte (OTAN) et Alexander Stubb (Finlande).
L’objectif des européens était d’afficher un front unifié face à Trump et d’influer sur les négociations autour d’un éventuel accord de paix. Le point qui a été le plus discuté pendant ce sommet a concerné les garanties de sécurité à offrir à l’Ukraine. Ces garanties devaient ressembler à l’article 5 de l’OTAN, incluant une possible force de réassurance à déployer après un cessez-le-feu, ainsi qu’une protection aérienne et maritime durable pour l’Ukraine. Donald Trump de son côté s’est déclaré ouvert à ces garanties.
Agacé par le blocage des pourparlers entre Moscou et Kiev, Donald Trump avait lancé un premier ultimatum de 50 jours le 14 Juillet 2025 demandant à Vladimir Poutine de convenir d’un cessez-le-feu en Ukraine. Le 29 Juillet 2025, il a donné un nouvel ultimatum de 10 ou 12 jours, à l’issue duquel des sanctions seront prises contre la Russie. Le président américain avait demandé également une rencontre entre Poutine et Zelenski. Le président russe n’a répondu à aucune de ces demandes, et a continué quotidiennement à bombarder intensivement l’Ukraine. C’est ainsi que le 30 Août 2025, la Russie a lancé sur l’Ukraine près de 540 drones, des missiles balistiques et de croisière. Pour le moment, la seule décision prise par Donald Trump est l’instauration de droits de douane de 50% aux exportations de l’Inde sur le marché américain. Cette mesure a été prise du fait de l’importation massive par l’Inde du pétrole russe.
Quant à la guerre à Gaza, elle a débuté le 7 Octobre 2023, suite à l’attaque d’Israël par le Hamas, qui a causé 1200 morts, 5431 blessés et la prise de 250 otages. L’armée israélienne a répliqué immédiatement par des frappes aériennes et des opérations terrestres sur la bande de Gaza, qui ont causé à ce jour 63025 morts dont 247 journalistes et 159420 blessés. L’occupation israélienne a causé le déplacement de 1,9 million de Gazaouis sur une population totale de 2,4 millions. La bande de Gaza est actuellement un champ de ruines, car les infrastructures, les écoles, les hôpitaux et les immeubles résidentiels ont été totalement détruits ou endommagés. Un cessez-le-feu signé le 15 Janvier 2025 a permis l’échange d’otages israéliens contre des prisonniers palestiniens.
Ce cessez-le-feu a été violé le 27 Février 2025 par Netanyahou qui a stoppé l’aide humanitaire le 2 Mars 2025 pour une période de deux mois. L’aide a été reprise par une société privée « La Fondation humanitaire pour Gaza » financée par les Etats-Unis et Israël qui a débuté ses activités le 3 Juillet 2025. Cette société a été rapidement controversée du fait de l’insuffisance de l’aide, et des tirs d’armes à feu contre les Gazaouis venant chercher de l’aide.
Alors que le Hamas a proposé une trêve de 60 jours avec la libération en deux fois des otages israéliens contre des prisonniers palestiniens, Netanyahou a annoncé le 7 Août 2025 sa décision d’occuper l’intégralité de la bande de Gaza, en commençant par Gaza-Ville qui compte un million d’habitants. Cette décision risque de mettre en péril les 49 otages israéliens qui sont encore prisonniers du Hamas. Le 22 Août 2025, l’ONU a déclaré officiellement la famine dans la bande de Gaza.
En conclusion, on ne peut que déplorer l’aggravation de la situation concernant la guerre en Ukraine et à Gaza. L’ONU, dont le principal objectif est de prévenir et d’établir la paix dans le monde, est totalement impuissante à stopper cette double guerre. Ceci du fait de la composition du Conseil de sécurité dont les cinq membres permanents disposent du droit de véto, notamment les Etats-Unis et la Russie. D’où l’urgence de réformer cette organisation le plus rapidement possible, afin qu’elle puisse jouer à nouveau le rôle qui lui a été assigné lors de sa création en 1945.
En attendant, l’Assemblée générale des Nations Unies qui se tiendra du 9 au 23 Septembre 2025 à New-York doit adopter des résolutions pertinentes exigeant le retour immédiat de la paix en Ukraine et à Gaza. Il est dommage que les Etats-Unis, première puissance mondiale, n’ont pas fait une pression forte sur le président Poutine et le premier ministre Netanyahou pour les amener à la table de négociations.
Par Jawad KERDOUDI
Président de l’IMRI
(Institut Marocain des Relations Internationales)

