Les marchés boursiers chutent, l’or franchit les 4.000 $ sur fond d’anxiété politique

Les marchés actions asiatiques ont reculé et le dollar s’est raffermi mercredi, alors que les investisseurs faisaient face à une série de turbulences politiques en France et au Japon. Dans le même temps, la prolongation de la fermeture du gouvernement américain a propulsé le cours de l’or au comptant au-delà de 4 000 $ l’once pour la première fois de l’histoire.
La perspective de prochaines baisses de taux de la Réserve fédérale américaine et la demande de valeur refuge, motivée par des inquiétudes économiques et politiques cette année, ont contribué à la flambée du métal jaune. L’or au comptant a progressé de 1 % à 4 021,22 $ l’once, portant son gain annuel à plus de 50 %.
Traditionnellement, l’or est considéré comme une valeur refuge en période d’instabilité. Ce rallye est également soutenu par des achats massifs des banques centrales, un afflux de capitaux dans les fonds cotés en or et la faiblesse du dollar.
« Les fonds et les gestionnaires de réserves mondiales cherchent à se prémunir contre l’irresponsabilité budgétaire, la dépréciation monétaire et l’imprévisibilité des politiques gouvernementales, et l’or se trouve au coeur de ce mouvement », explique Chris Weston, responsable de la recherche chez Pepperstone.
Thierry Wizman, stratégiste mondial FX & taux chez Macquarie Group, estime que la flambée de l’or représente la couverture collective contre l’éventuel échec de la vague technologique américaine portée par l’intelligence artificielle.
« Un effondrement de cette vision optimiste pourrait déboucher sur une résolution inflationniste du fardeau de la dette souveraine mondiale, plutôt qu’une solution fondée sur la productivité. »
Sur les marchés actions, l’indice MSCI le plus large des actions Asie-Pacifique hors Japon a perdu 0,8 %, s’éloignant du sommet de quatre ans et demi atteint la veille, dans le sillage du recul de Wall Street.
Les marchés chinois et sud-coréens étaient fermés pour un long week-end. À Hong Kong, l’indice Hang Seng recule de 1 %. Au Japon, le Nikkei a cédé 0,35 % après avoir atteint un record lors de la précédente séance.
Le retour des inquiétudes françaises
Les contrats à terme européens laissaient présager une ouverture atone, tandis que l’euro restait sous pression après la démission du Premier ministre français Sébastien Lecornu lundi, annonçant une nouvelle période d’instabilité politique pour la France.
L’euro a reculé de 0,35 % à 1,1617 $, touchant son plus bas niveau depuis un mois, alors que le président Emmanuel Macron fait face à une pression croissante pour démissionner ou convoquer des élections législatives anticipées.
La crise politique qui secoue le pays a entraîné la démission de cinq Premiers ministres en moins de deux ans, alimentant les inquiétudes des investisseurs quant à la santé budgétaire de la France.
Les bouleversements politiques ont également pesé sur le yen cette semaine, la devise atteignant un plus bas de huit mois alors que les investisseurs attendent des signaux de politique budgétaire de la part de la Première ministre pressentie, Sanae Takaichi. Le yen s’échangeait dernièrement à 152,40 pour un dollar américain. (Avec Zonebourse)

