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Africa Investment Forum 2025 : « les solutions pour hisser l’Afrique au niveau qu’elle mérite sont d’abord en nous »

forum

La Banque Africaine de Développement (BAD) organise, en partenariat avec le Ministère de l’Économie et des Finances, le forum « Africa Investment Forum 2025 ». Plateforme d’investissement visant à faciliter les investissements internationaux en Afrique, ce forum est devenu au fil des ans un rendez-vous continental majeur. Il s’agit de la 3e édition consécutive du Forum qu’abrite la ville de Rabat.

Cette plateforme est une occasion pour réunir les porteurs de projets, d’investisseurs et d’institutions internationales pour montrer qu’il y a des projets bancables et rentables à l’échelle africaine. A l’occasion de chaque édition, le Maroc met en avant ses projets et su attirer des investissements. Le Souverain a toujours promu la coopération continentale et le Maroc est le deuxième pays africain investisseur en Afrique.

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Dans son discours d’ouverture, Nadia Fettah, ministre de l’Economie et des Finances  a rappelé à juste titre que depuis un quart de siècle, le Souverain porte une conviction claire : les solutions pour hisser l’Afrique au niveau qu’elle mérite sont d’abord en nous. Elles résident dans nos talents, dans nos ressources, dans nos capacités d’innover, de nous organiser et de coopérer.

Cette conviction fait écho à un héritage intellectuel africain que nous devons revendiquer. Le Président-poète Léopold Sédar Senghor parlait d’une culture africaine « du donner et du recevoir ». Une culture fondée sur la circulation, la réciprocité, l’ouverture et la responsabilité partagée. Aujourd’hui plus que jamais, cette philosophie nous indique le chemin à suivre : celui d’une Afrique qui construit, qui assume son destin et qui dialogue d’égal à égal avec ses partenaires.

« Donner n’est ni un geste unilatéral, ni une posture incantatoire. C’est un acte fondateur. C’est faire la preuve, par l’action, que l’Afrique est prête à assumer pleinement son destin. Donner, pour nos États, c’est d’abord assumer la responsabilité souveraine de préparer le terrain : consolider les fondations, bâtir les institutions, sécuriser l’environnement et inspirer la confiance », rappelle N. Fettah.

C’est structurer nos économies pour qu’elles deviennent prévisibles, productives et compétitives. C’est garantir la stabilité macroéconomique et financière, qui demeure la condition première de tout investissement. C’est moderniser nos cadres réglementaires, renforcer la transparence, et donner aux investisseurs la visibilité qu’ils attendent — non pas comme une faveur, mais comme un engagement réciproque.

Donner, c’est également mobiliser nos propres ressources :

  • Investir dans nos infrastructures afin de réduire les coûts logistiques et d’ouvrir nos territoires ;
  • Accélérer l’industrialisation pour capter davantage de valeur ajoutée et sortir de la dépendance aux matières premières brutes ;
  • Soutenir nos entrepreneurs, nos start-up, nos PME, qui sont les premiers vecteurs d’innovation sociale et technologique ;
  • Façonner une administration qui facilite au lieu de freiner, qui accompagne au lieu de compliquer.
  • C’est aussi promouvoir une culture de l’excellence et de l’exigence, où le secteur privé africain devient un moteur stratégique, capable d’exporter, d’innover, de prendre des risques et d’articuler une vision de long terme.
  • Donner, enfin, c’est s’engager résolument dans les grandes transitions de notre temps : énergétique, numérique, environnementale, agricole et logistique. C’est comprendre que la transformation de l’Afrique ne se fera ni par la substitution, ni par la reproduction, mais par la création : création de chaînes de valeur nouvelles, de clusters technologiques, d’écosystèmes industriels, de hubs régionaux.

Recevoir, l’autre pendant de ce cercle, n’est jamais passif. C’est accueillir des partenariats, mobiliser des capitaux, intégrer des innovations, attirer les investisseurs et créer les conditions d’un financement soutenu, prévisible et orienté vers l’impact.

Selon les analyses internationales, le monde devra mobiliser 4 000 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour atteindre les Objectifs de développement durable. Pour l’Afrique seule, le besoin est estimé à environ 1 300 milliards de dollars chaque année.

Face à ce besoin colossal, les financements publics, indispensables mais limités, ne suffisent plus. Il devient impératif d’élargir la base des investisseurs, d’attirer des capitaux privés et d’innover dans les mécanismes de mobilisation financière. Le secteur privé doit occuper une place centrale : sa capacité à investir, innover, industrialiser, créer de la valeur et réduire les risques systémiques est indispensable pour accompagner les grandes transitions africaines — énergétique, numérique, industrielle, agricole et logistique.

Ces impératifs rejoignent les dynamiques internationales les plus récentes, notamment l’Engagement de Séville, qui appelle explicitement à une mobilisation accrue du secteur privé dans le financement du développement durable. De même, la Banque africaine de développement place au cœur de ses priorités la transformation structurelle du continent, l’accès au financement, l’appui aux PME et les partenariats public-privé.

Sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu l’Assiste, le Maroc a fait du développement du secteur privé l’un des piliers stratégiques de son modèle de développement. Plusieurs réformes structurantes traduisent cette orientation :

  • La nouvelle Charte de l’Investissement, qui vise à maximiser l’impact de l’investissement privé en favorisant l’emploi, l’équité territoriale, les secteurs porteurs et le développement durable.
  • Des dispositifs inédits de soutien aux TPME, incluant des incitations ciblées, un accompagnement technique renforcé et une simplification du parcours investisseur.
  • Une feuille de route de transformation du climat des affaires, qui a permis des avancées majeures en matière de digitalisation, de simplification et de création d’entreprise.
  • Le recours accru aux PPP, moteur essentiel pour accélérer les projets structurants.
  • L’opérationnalisation du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, véritable catalyseur des financements privés, grâce à des fonds sectoriels, des mécanismes dédiés aux start-ups, des produits innovants et des prises de participation stratégiques.

Le Maroc s’est fixé un objectif clair : porter la part de l’investissement privé à deux tiers du total national d’ici 2035, contre un tiers aujourd’hui. Cette ambition résume une conviction profonde : l’investissement privé est la clé de l’emploi, de l’innovation et de la compétitivité.

L’Africa Investment Forum, dont le Maroc est une nouvelle fois fier d’être l’hôte, incarne parfaitement cette dynamique. Son thème 2025, « Combler l’écart : mobiliser le capital privé pour libérer tout le potentiel de l’Afrique », résume un défi collectif pour mobiliser les ressources et faire émerger une génération de projets ambitieux et durables.


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