L’Europe vue prudente avant la BCE et la BoE, la « tech » inquiète

L’Europe est attendue sur de faibles variations jeudi à l’ouverture, avant les décisions de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d’Angleterre (BoE) prévues plus tard dans la journée, tandis que les dépenses colossales du secteur de l’intelligence artificielle (IA) continuent d’être une source d’inquiétude.
D’après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,01% à l’ouverture. Les contrats à terme signalent une ouverture en baisse de 0,12% pour le Dax à Francfort et de 0,08% pour le FTSE à Londres.
Le Stoxx 600 devrait quant à lui ouvrir en légère baisse (-0,17%). La séance de ce jeudi sera marquée par une avalanche de décisions sur les taux d’intérêt des banques centrales européennes : jusqu’à quatre sont à l’ordre du jour, de la BCE à la BoE, en passant par la Riksbank suédoise et la Norges Bank en Norvège.
Dans la zone euro, la BCE devrait maintenir ses taux d’intérêt inchangés et ne pas donner de signes d’une nouvelle baisse à court terme, l’économie du bloc se montrant plutôt résiliente face aux tensions commerciales, tandis que l’inflation reste stable, proche de l’objectif de 2% de l’institution de Francfort.
Cela signifie probablement que la BCE relèvera certaines de ses prévisions de croissance et d’inflation, mettant ainsi implicitement fin à un cycle d’assouplissement monétaire qui l’a amenée à réduire de moitié son taux d’intérêt de référence, le faisant passer de 4% à 2% au cours de l’année écoulée jusqu’au mois de juin dernier.
La plupart des économistes interrogés par Reuters s’attendent à ce que la BCE maintienne ses taux inchangés jusqu’en 2026 et 2027, même si les prévisions pour cette dernière année varient considérablement.
Au Royaume-Uni, la BoE devrait annoncer jeudi une baisse de 25 points de base de son taux directeur, soutenue par un ralentissement de l’inflation et un affaiblissement de la croissance économique, mais une série de nouvelles baisses en 2026 semble peu probable compte tenu des pressions persistantes sur les prix.
La Norges Bank et la Riksbank devraient quant à elles maintenir leurs taux inchangés.
De l’autre côté de l’Atlantique, la politique monétaire reste également au centre de l’attention. Le gouverneur de la Réserve fédérale (Fed) Christopher Waller a déclaré mercredi que la banque centrale disposait encore d’une marge de manoeuvre pour réduire les taux d’intérêt face aux signes de faiblesse du marché du travail. La Fed a abaissé la semaine dernière son taux de référence pour la troisième réunion consécutive, afin de trouver un équilibre entre les risques pesant sur le marché de l’emploi et un environnement où l’inflation reste bien supérieure à son objectif de 2%.
Les données sur les prix du mois de novembre, bien qu’affectées par le « shutdown » du gouvernement -la variation mensuelle ne sera pas publiée-, apporteront probablement de nouveaux éléments plus tard dans la journée.
Dans l’ensemble, la méfiance face au risque persiste, le marché craignant la formation d’une bulle spéculative dans le secteur en essor de l’IA, compte tenu des investissements colossaux, souvent financés par la dette, réalisés par les géants technologiques américains.
La preuve en est la baisse de la Bourse de New York la veille, qui pourrait entraîner ce jeudi l’Europe dans son sillage.

