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Finances publiques

SCRT : le déficit budgétaire s’est établi à 3,5% en 2025

Contrôle financier loi de finance LF solde budgétaire

Le déficit budgétaire s’est chiffré à -60,5 Mds de DH, contre -61,5 Mds de DH un an auparavant, traduisant une progression des recettes (+52,9 Mds de DH) supérieure à celle des dépenses (+51,9 Mds DH), selon la Situation des charges et ressources du Trésor (SCRT), le document statistique qui présente, au nom du Ministère de l’Economie et des Finances.

L’exécution de la loi de finances au titre de l’année 2025 s’est inscrite dans un contexte national globalement favorable, marqué par une accélération de la croissance économique, qui s’est établie à 4,8% en moyenne sur les trois premiers trimestres de 2025, contre 3,7% sur la même période de l’année précédente.

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Cette performance s’explique principalement par les résultats solides enregistrés par les secteurs de l’agriculture, du BTP, de l’industrie et du tourisme, ainsi que par la vigueur de la demande intérieure, portée notamment par la dynamique de l’investissement et par une consommation des ménages soutenue par l’amélioration du pouvoir d’achat.

À cet égard, le taux d’inflation a poursuivi sa décélération pour s’établir à 0,8% en moyenne annuelle en 2025, contre 0,9% en 2024. Dans ce contexte macroéconomique favorable, l’année 2025 a été marquée par des résultats positifs en matière de finances publiques, en cohérence avec l’orientation budgétaire du Gouvernement, visant à poursuivre la trajectoire de consolidation budgétaire tout en soutenant l’activité économique, en répondant aux priorités sociales et en préservant les équilibres macroéconomiques.

Ainsi, le déficit budgétaire s’est établi à 3,5% du PIB en 2025, un niveau conforme à l’objectif fixé par la loi de finances pour 2025 et en amélioration de 0,3 point par rapport à 2024. Cette réduction du déficit s’est traduite par la poursuite du recul du ratio de la dette, qui a été ramené à 67,2% du PIB en 2025. À cet égard, le déficit budgétaire s’est chiffré à -60,5 Mds de DH, contre -61,5 Mds de DH un an auparavant, traduisant une progression des recettes (+52,9 Mds de DH) supérieure à celle des dépenses (+51,9 Mds de DH).

Les recettes, sur une base nette des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, ont atteint un taux de réalisation de 107,3% par rapport aux prévisions de la loi de finances (LF) et ont progressé de près de 52,9 Mds de DH (+14,2%) comparativement à fin décembre 2024.

Les recettes fiscales ont enregistré un taux de réalisation de 106,9% et une hausse de 43,8 Mds de DH (+14,7%) par rapport à fin décembre 2024. Les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, y compris la part supportée par les collectivités territoriales (CT), ont augmenté de 3,1 Mds de DH, pour atteindre 26,1 Mds de DH, reflétant ainsi l’effort soutenu de l’État en matière d’apurement du crédit de TVA.

Par nature d’impôt et de taxe, les principales évolutions ayant marqué le comportement des recettes fiscales, tant par rapport aux prévisions de la LF que par rapport à fin décembre 2024, se présentent comme suit :

– IS : Un taux de réalisation de 125,1% et une forte progression de 20,3 Mds de DH (+28,6%). Cette dynamique est tirée principalement par l’augmentation significative du complément de régularisation de 6,9 Mds de DH (+51,9%), pour atteindre un niveau record de 20,1 Mds de DH, ainsi que par l’amélioration des acomptes, qui ont totalisé une hausse de 14,1 Mds de DH. Par ailleurs, les restitutions au titre de cet impôt sont passées de 2,4 Mds de DH à 3,4 Mds de DH en 2025 ;

– IR : Un taux de réalisation de 107,4% et une progression de +5,6 Mds de DH (+9,4%). Cette performance est attribuable principalement à la régularisation fiscale volontaire, qui a généré 3,8 Mds de DH en janvier 2025, ainsi qu’aux augmentations de l’IR retenu à la source sur les profits de cession de valeurs mobilières de 936 MDH et des recettes issues de l’action de l’administration fiscale de 619 MDH ;

– TVA : Un taux de réalisation de 96,8% et une augmentation de 8,3 Mds de DH (+9,3%), attribuable à la hausse des recettes au titre de la TVA à l’importation de 4,8 Mds de DH (+8,2%) et de la TVA à l’intérieur de près de 3,5 Mds de DH (+11,5%). Il est à souligner que les remboursements en matière de TVA (non compris la part des CT) ont atteint 14,4 Mds de DH, contre 13,6 Mds de DH à fin 2024 ;

– Taxes intérieures de consommation : Un taux de réalisation de 112,5% et une hausse de 5 Mds de DH (+13,8%), tirée principalement par l’augmentation des recettes des TIC sur les produits énergétiques de 2,8 Mds de DH (+15,7%) et sur les tabacs de 1,7 Md de DH (+11,7%). L’évolution des TIC sur les produits énergétiques est attribuable notamment à la suppression, dans le cadre de la LF 2025, de l’exonération des TIC sur les houilles et le fioul lourd utilisés pour la production de l’énergie électrique, ainsi qu’à l’augmentation des quotités appliquées à ces produits, aux huiles lubrifiantes et aux bitumes ;

– Droits de douane : Un taux de réalisation de 80,6% et une hausse de 2 Mds de DH (+12,9%), imputable principalement à l’augmentation de 10 % des importations mises à la consommation;

– Droits d’enregistrement et de timbre : Un taux de réalisation de 109,7% et une progression de 2,2 Mds de DH (+10,1%), suite notamment à l’augmentation des droits d’enregistrement (+1,6 Md de DH, +12%) et des droits de timbre (+584 MDH, +17,7%).

Les recettes non fiscales ont atteint 77,6 Mds de DH à fin décembre 2025, en hausse de 9,3 Mds de DH (+13,6%). Ces recettes comprennent notamment :

– 20,6 Mds de DH en provenance des établissements et entreprises publics (EEP), dont 6,5 Mds de DH par l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie, 6,2 Mds de DH par l’Office chérifien des phosphates et 4,3 Mds de DH versés par Bank Al-Maghrib ;

– 40,1 Mds de DH au titre des mécanismes de financements innovants ;

– 12 Mds de DH au titre des produits divers des ministères.

Dépenses 

Les dépenses ordinaires se sont établies à 348,7 Mds de DH à fin décembre 2025, enregistrant un taux d’exécution de 98,5% et une hausse de 39,2 Mds de DH par rapport à l’année précédente. Cette progression est principalement imputable à l’augmentation des dépenses au titre des biens et services, qui se sont accrues de près de 39,2 Mds de DH (+15,7%), ainsi qu’à la hausse des intérêts de la dette de 7,6 Mds de DH (+22,3%).

En revanche, les charges de la compensation ont accusé un recul de 7,6 Mds de DH (-30%). 

– L’exécution des dépenses de biens et services a été marquée par un taux de réalisation de 99,7% pour les dépenses de personnel et de 96,4% pour les autres biens et services, traduisant en revanche des hausses respectives de 15,1 Mds de DH et de 24,2 Mds de DH par rapport à l’année 2024.

Cette évolution attribuable à l’effet des mesures décidées dans le cadre du dialogue social (+20,3 Mds de DH), à l’augmentation des transferts au profit du Fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale (+11,6 Mds de DH), ainsi qu’à une hausse des transferts aux établissements et entreprises publics (+9,4 Mds de DH).

– Les intérêts de la dette ont, pour leur part, affiché un taux de réalisation de 97,3%. Leur évolution, par rapport à 2024, recouvre une hausse des intérêts de la dette intérieure (+8,6 Mds de DH) et une baisse de ceux de la dette extérieure (-1 Md de DH).

– Enfin, les charges de la compensation se sont élevées à près de 17,7 Mds de DH, avec un taux de réalisation de 103,5%, en recul de 7,6 Mds de DH comparativement à l’année 2024.

Comptes spéciaux du Trésor

Les comptes spéciaux du Trésor ont dégagé un déficit de -10,7 Mds de DH, contre -5,8 Mds de DH à fin 2024.

Financement

Compte tenu de ces évolutions et d’une réduction des opérations en instance de 13,5 Mds de DH, la situation des charges et ressources du Trésor dégage un besoin de financement de 74 Mds de DH, contre 52,8 Mds de DH un an auparavant. Les mobilisations nettes se sont élevées à 37,1 Mds de DH sur le marché domestique, tandis que les emprunts extérieurs nets se sont établis à 37 Mds de DH. Le flux de l’endettement intérieur recouvre des souscriptions pour un montant de 174,2 Mds de DH et des remboursements en principal pour 140,6 Mds de DH. Celui de l’endettement extérieur comprend des tirages de 48,4 Mds de DH, y compris 20,9 Mds de DH mobilisés sur le marché financier international, ainsi que des amortissements de 11,5 Mds de DH.

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