Les Bourses mondiales en légère baisse après les « minutes » de la Fed

Les Bourses mondiales évoluent en petite baisse jeudi, les investisseurs digérant une nouvelle salve de résultats d’entreprises ainsi que le compte-rendu de la dernière réunion de la banque centrale américaine (Fed), au ton jugé plutôt restrictif.
En Europe, dans les premiers échanges, la Bourse de Paris perdait 0,35%, Francfort 0,31%, Londres 0,30% et Milan 0,45%.
La veille, les Bourses de Paris et de Londres avaient touché de nouveaux records en séance comme en clôture.
« Sur les marchés européens, les résultats trimestriels de Renault et d’Airbus sont au centre de l’attention », commente Andreas Lipkow pour CMC Markets. « La saison des résultats reprend de plus belle, ce qui devrait également avoir des conséquences sur l’ensemble des marchés. »
Le groupe Renault (+1,78% à Paris vers 08H30 GMT) a annoncé jeudi avoir subi en 2025 une perte nette de 10,9 milliards d’euros, liée à une révision attendue de la valeur de ses parts dans Nissan, mais les ventes ont été dopées par ses voitures électriques.
Airbus (-5,22% à Paris) reculait forcement après que le groupe a publié des résultats annuels globalement solides mais en dessous des attentes des analystes en termes de prévisions de livraisons.
L’avionneur européen a annoncé un objectif de livraison de 870 avions commerciaux en 2026, un record, mais moins que la moyenne des prévisions des analystes cités par Bloomberg.
En Asie, à la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a gagné 0,57% et l’indice élargi Topix 1,18%.
La Bourse de Séoul a rouvert après trois jours de fermeture pour les congés du Nouvel an lunaire: l’indice Kospi a bondi de 3,09%. Sydney a gagné 0,88%. Mais Taipei, Hong Kong et les places de Chine continentale sont restées fermées.
Les « minutes » de la Fed profitent au dollar
En plus de la nouvelle salve de résultats d’entreprises, les investisseurs digèrent la publication mercredi du compte rendu de la dernière réunion (« minutes ») de la banque centrale américaine (Fed).
Le « principal enseignement » des minutes est « que plusieurs participants ont soutenu une orientation laissant ouverte la possibilité de hausses de taux si l’inflation reste au-dessus de l’objectif », explique Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill Group.
Le compte-rendu est donc perçu comme plutôt « ferme » par le marché, « soulignant un seuil élevé » nécessaire « pour de nouvelles baisses de taux lors des réunions restantes de Jerome Powell en tant que président », poursuit-il.
« Bien que cela soit encore loin d’un appel actif à relever les taux, cela renforce l’idée que la majorité des membres du FOMC (le comité monétaire de la Fed, ndlr) ne sont pas pressés d’opérer de nouvelles baisses », estime également Jim Reid, économiste de la Deutsche Bank.
Le pétrole continue à progresser
« Les prix du pétrole progressent fortement alors que le marché s’inquiète de plus en plus d’une action imminente des États-Unis contre l’Iran », commentent Warren Patterson et Ewa Manthey, analystes pour ING.
Les cours du brut avaient fortement augmenté mercredi, et restaient en petite hausse jeudi vers 08H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord gagnant 1,04% à 71,08 dollars, et celui de WTI américain prenant 1,12% à 65,92 dollars.
Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Mohammad Eslami, a affirmé jeudi qu’aucun pays ne pouvait priver Téhéran de son droit à l’enrichissement nucléaire, dans un contexte de tensions avec Washington.
Téhéran et Washington avaient tenu mardi à Genève un deuxième cycle de pourparlers, sous la médiation du sultanat d’Oman à l’issue desquels ils sont convenus de poursuivre leurs discussions, tout en soulignant être loin d’avoir rapproché leurs positions.

