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MASI : 2026, opportunités ou menaces ?

MASI marché

Lors de l’escalade des tensions au Moyen-Orient, le MASI a dévissé de plus de 12 %, la plus forte correction par rapport à d’autres places africaines et européennes. Au-delà du facteur géopolitique, quelle analyse faut-il faire de cette baisse et surtout qu’anticiper pour le reste de l’exercice 2026 ?

Alors que les perspectives boursières s’annonçaient prometteuses pour cette année, les tensions au Moyen-Orient ont créé une véritable secousse pour le marché des capitaux. Le MASI a accusé une forte correction de -12% sur la période allant du 20 février au 3 mars 2026, l’une des plus importantes contre-performances observées au sein des bourses africaines et européennes.

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Durant la période marquée par l’escalade des tensions militaires au Moyen-Orient, allant du 20 février au 03 mars 2026, le marché boursier marocain accuse l’une des plus fortes corrections par rapport aux indices africains et européens. Sur la même période, le MASI affiche une baisse plus prononcée que celle observée sur le marché égyptien, soit de -12% contre -8% respectivement. Pourtant, l’Égypte demeure plus exposée aux conséquences économiques de ce conflit géopolitique.

La guerre au Moyen-Orient justifie-t-elle seule la correction du MASI et quel enseignement faut-il en retenir ?

Selon Attijari Global Research, cette forte correction du marché marocain ne peut être attribuée exclusivement au contexte géopolitique, qui impacte naturellement l’aversion au risque des investisseurs, mais aussi, à des facteurs purement domestiques. Ces derniers auraient selon AGR, accentué l’amplitude de la baisse du MASI.

Dans son analyse, AGR retient trois autres éléments contributifs à cette correction notamment la reconfiguration de la structure du marché à travers la montée en charge des « particuliers»…

Au cours des deux dernières années, le marché boursier marocain a connu une reconfiguration profonde. Celle-ci est marquée par le grand retour des investisseurs individuels dont le poids dans les volumes aurait plus que doublé passant d’une moyenne de 12% durant la période 2019-2023 à 28% à compter de 2025.

Au-delà de la dynamique des IPOs qui demeure historiquement le principal facteur d’attrait des personnes physiques en Bourse, AGR relève l’émergence d’une quinzaine d’opérateurs de Gestion Sous Mandat dédiés essentiellement à ce segment. Ces derniers s’accaparent aujourd’hui près de 80 Mds de DH dont 15% dédié à la poche Actions. Face à la forte concurrence en termes de collecte et de performance, ces opérateurs adoptent une rotation élevée de leur portefeuille. Selon les échanges d’AGR avec les différents opérateurs du marché, la rotation annuelle des portefeuilles Actions des gérants sous mandat ressortirait entre [3x et 6x] contre un niveau moyen de 0,5x pour les OPCVM Actions classiques…conjuguée au recours intensif du Trésor aux mécanismes de financements innovants…

Dans le cadre de sa stratégie visant à diversifier ses sources de financement et à contenir la pression sur ses équilibres budgétaires, le Trésor a accéléré son recours aux mécanismes de financements innovants et ce, à travers la valorisation et la gestion active du patrimoine immobilier de l’État.

Depuis 2022, ces dispositifs ont mobilisé plus de 115 Mds de DH, dont 35% réalisés en 2025, soit un rythme d’exécution supérieur à 110% par rapport aux prévisions de la LF-25. Selon AGR, cette dynamique en termes de levée devrait se poursuivre en 2026 avec un volume cible autour des 20 Mds de DH.

Dédiés aux investisseurs institutionnels, ces produits structurés en OPCI, offrent des rendements annuels très attractifs, autour des 6,0%. Un niveau deux fois supérieur au rendement des BDT 10 ans et au D/Y moyen du marché Actions. Il est ainsi naturel que la montée en puissance des financements innovants capterait une partie de l’épargne institutionnelle au détriment des Actions. Dans une logique proactive, les institutionnels seraient amenés régulièrement à procéder à des opérations d’arbitrage sur le marché Actions afin de dégager les liquidités nécessaires pour ce type d’opération.

Enfin, dans cette nouvelle configuration, le marché Actions marocain semble connaître un changement de régime en matière de volatilité. En effet, l’indice « AGR volatilité 1M » passe d’une moyenne de 8,7% durant la période 2010-2019 à 14,6% sur 2025-2026. En d’autres termes, le marché boursier aurait tendance à amplifier à CT l’impact des chocs exogènes en raison de la combinaison de deux facteurs : · La montée en charge du poids des Particuliers dont l’horizon d’investissement demeure généralement CT avec un taux de rotation relativement élevé des portefeuilles ; · L’affaiblissement de la position acheteuse des Institutionnels, particulièrement durant les phases marquées par le dynamisme des opérations OPCI de l’État.

MASI : 2026, opportunités ou menaces ?

Deux messages forts sont à retenir de la récente correction du marché Actions.

Les valeurs relativement chères demeurent généralement les plus vulnérables durant les phases de correction du marché, relève AGR. Durant la période du 20 mars au 3 février 2026, les titres dont le P/E 26E est supérieur à 30x affichent la contre-performance la plus élevée, soit de -15% contre -9% pour les titres ayant un P/E inférieur à 20x.

La dispersion des nuages de points du marché Actions marocain, met en évidence une sensibilité relativement élevée des titres « chers » durant les phases de correction. Un constat qui confirme le phénomène de compression des multiples lors des phases de stress de marché ;

Le deuxième message à retenir, la correction du marché semble davantage répondre à une logique de « flux » visant à dégager de la liquidité, plutôt qu’à une réaction négative des investisseurs face aux résultats trimestriels des sociétés cotées.

En effet, deux indicateurs soutiennent ce constat : d’abord, durant la période étudiée, les Grandes Capitalisations offrant des niveaux de liquidité élevés accusent la plus forte correction, soit -13% contre -10% pour les Small-Cap et -9% pour les Mid-Cap ; Pourtant, les réalisations du T4-25 des Grandes Capitalisations demeurent positives. Il s’agit d’une hausse des revenus de +14% contre +10% pour les Mid-Cap et +12% pour les Small-Cap.

La correction comme fenêtre de repositionnement tactique autour de 5 secteurs

Historiquement, les épisodes de tensions géopolitiques ont tendance à provoquer des phases de volatilité accrue sur les marchés financiers, se traduisant par des mouvements de baisse des Actions sous l’effet de la montée de l’aversion au risque, soutient AGR.

 Toutefois, l’expérience des marchés montre que les corrections liées aux tensions géopolitiques sont de nature ponctuelle. En effet, les investisseurs sont amenés à se recentrer rapidement sur les fondamentaux économiques et les perspectives de croissance bénéficiaire des entreprises dès l’émergence des premiers signes d’apaisement des crises.

Dans cette perspective, selon AGR la récente correction du marché Actions marocain offrirait des opportunités tactiques de repositionnement. Il s’agit particulièrement des secteurs dont la baisse de leur niveau de valorisation ne reflète pas nécessairement une détérioration de leurs perspectives de croissance sur le MT.

En combinant les facteurs suivants : Amplitude de la baisse du P/E 26E, Prévisions de croissance des bénéfices en 2026E et Résilience du modèle de croissance sur le MT, cinq secteurs se distinguent :

  • Banques : Le P/E 26E affiche un repli de -12% par rapport à mars 25, passant de 13,5x à un niveau historiquement bas de 11,9x. Parallèlement, la croissance des bénéfices du secteur demeure résiliente autour de +7% sur le MT ;
  • Ciment : Le P/E 26E recule de -29% comparativement à mars 25, passant de 23,7x à 16,9x alors que la croissance des bénéfices est attendue à +12,8% en 2026 ;
  • BTP : Le P/E 26E ressort à 28x contre 41x affiché en mars 25, en baisse de -31%. Un niveau attractif tenant compte d’un profil de croissance des bénéfices soutenu de +35% en 2026 ;
  • Santé : Le P/E 26E affiche un repli significatif de -41%, passant de 35x en mars 2025 à moins de 21x post-correction. Parallèlement, la croissance des profits demeure toujours soutenable à plus de +30% en 2026E ;
  • Port : Le P/E 26E ressort désormais à 30x contre 36x en baisse sensible de -17%. Tenant compte des perspectives de développement solide du secteur sur le MT, ses niveaux de valorisation demeurent toujours attractifs.

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