Phosphates : stabilisation des prix en début d’année, avant le choc du Moyen-Orient en mars

Après le fort recul observé fin 2025, le marché du DAP (Phasphate diammonique) a montré des signes de stabilisation début 2026, avant de subir en mars un choc d’offre, lié au conflit au Moyen-Orient.
En février, le prix du DAP (spot US Gulf) s’est établi à 626,5 dollars la tonne ($/t), en hausse de 1,2% par rapport à janvier, mais quasi-inchangé par rapport à décembre 20256 .
Cette résistance des prix reflète des contraintes persistantes sur l’offre : la Chine maintient la suspension de ses exportations de phosphates au moins jusqu’en août 2026, tandis que le soufre et l’ammoniac, intrants clés, restent à des niveaux élevés, soutient la DEPF dans sa dernière note de conjoncture.
En mars, la crise au Moyen-Orient a rompu cette accalmie : les perturbations autour du détroit d’Ormuz affectent environ un tiers du commerce maritime d’engrais, renchérissent les coûts logistiques et ravivent les craintes de pénurie.
Face à ce risque, les grands importateurs, notamment l’Inde, cherchent déjà à sécuriser davantage leurs achats auprès du Maroc, de la Russie et du Bélarus avant les prochains semis. En 2026, le prix du DAP devrait rester élevé et volatil.
Dans ce contexte, l’OCP apparait comme un fournisseur alternatif stratégique, même si la dépendance aux importations de soufre et d’ammoniac constitue un risque à court terme pour la continuité industrielle.
Produits alimentaires : les risques géopolitiques au Moyen-Orient ravivent les craintes sur les prix mondiaux
Après une correction baissière sur les dernières années, les cours mondiaux des produits alimentaires ont enregistré une nette remontée récemment, sur fond d’incertitude géopolitiques et d’aléas climatiques.
En février, l’indice des prix des produits alimentaires de la Banque mondiale s’est établi à 113,3 points, son plus haut depuis un an, marquant une hausse de 2% sur un mois, de 3,5% depuis début 2026 et de 7% depuis son creux en octobre 2025. Cette remontée est portée par les huiles végétales (+6% entre octobre et février) et les céréales (+9%), dont le blé (+11%) et le maïs (+6%), mais freiné par le recul du sucre (-8%).
Les boissons, quant à elles, ont chuté de 16% sur le mois, portant leur baisse à 42% sur un an. Les perspectives des prix alimentaires sont orientées à la hausse sous l’effet des perturbations liées au conflit au Moyen-Orient. Après une légère progression de l’indice FAO en février (+0,9%), les tensions sur le détroit d’Ormuz accentuent les coûts de l’énergie, des engrais et du transport, avec un risque de transmission progressive aux prix des denrées, en particulier les céréales et les huiles végétales.
À court terme, les stocks mondiaux devraient limiter les tensions, mais si les perturbations persistent, une inflation alimentaire plus durable pourrait s’installer, surtout dans les pays fortement dépendants des importations.

