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Economie Internationale

Phosphates (DAP) : remontée des prix sous l’effet des restrictions chinoises, amplifiée par la crise d’Ormuz

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Le conflit au Moyen-Orient a brutalement mis fin à la détente amorcée fin 2025 sur les marchés des engrais. Environ 30% du commerce maritime mondial d’engrais transite par le détroit d’Ormuz, dont une large part de l’urée, de l’ammoniac et du soufre produits dans le Golfe. La quasi-paralysie du détroit depuis fin février a restreint l’accès à ces volumes, renchéri les coûts logistiques et ravivé les craintes de pénurie, poussant les grands importateurs à sécuriser en urgence leurs approvisionnements avant les prochains semis.

Après le fort recul observé fin 2025, le marché du DAP avait amorcé une stabilisation début 2026, avant de subir en mars un nouveau choc d’offre. Le prix du DAP (spot US Gulf) s’est établi à 658 dollars la tonne ($/t) en mars, en hausse de 5% sur un mois et de 7% sur un an. Dans les marchés clés comme l’Inde et le Brésil, les hausses ont été plus marquées. Globalement, l’indice mondial des engrais a rebondi de 26% en mars, tiré notamment par l’urée (+54%), signalant un marché redevenu plus tendu, souligne la DEPF dans la Note de conjoncture.

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Ces tensions reflètent d’abord des contraintes persistantes sur l’offre : la Chine maintient ses restrictions à l’exportation de DAP/MAP jusqu’en août 2026, privant les marchés d’un débouché alternatif majeur.

En outre, le soufre constitue un goulet d’étranglement critique : le Golfe en est le premier exportateur mondial et cet intrant spécifique est indispensable à la transformation de la roche phosphatée en acide sulfurique, puis en DAP. Parallèlement, la force majeure déclarée par QAFCO sur le site de Ras Laffan retire environ 14% de l’offre mondiale d’urée, accentuant le déficit global en azote.

Face à ces risques, les grands importateurs, notamment l’Inde, accélèrent leur pivot vers des exportateurs clés comme le Maroc, la Russie et le Bélarus pour sécuriser leurs stocks avant les prochains semis, ajoute la même source.

Dans ce contexte, l’OCP s’affirme comme un fournisseur alternatif stratégique de premier plan, même si sa dépendance aux importations de soufre et d’ammoniac demeure le principal risque à court terme pour la continuité industrielle. En cas de prolongation du conflit, le DAP pourrait poursuivre sa remontée, affectant potentiellement les marges agricoles en l’absence d’une hausse compensatrice du prix des céréales.

Baisse de la production de phosphates et dérivés à fin février 2026

Au terme de l’année 2025, la valeur ajoutée du secteur extractif s’est accrue en moyenne de 4,9%, après une augmentation de 13,6% un an plus tôt. Cette évolution fait suite à une consolidation de 6,7% au premier trimestre, de 10,9% au deuxième trimestre et de 5,2% au troisième trimestre 2025, atténuée par une baisse de 3,4% au quatrième trimestre 2025.

Au cours des deux premiers mois de 2026, la production de phosphate roche, principal baromètre de l’activité du secteur extractif, a accusé une baisse de 9,9%, après une hausse de 13,6% un an auparavant, soutient la DEPF.

Celle de ses dérivés s’est repliée de 7,8%, après une augmentation de 10,8% il y a une année. S’agissant des exportations de phosphates et dérivés, leur valeur a repris une évolution positive au cours du mois de février 2026, enregistrant une hausse de 8,9%, après un retrait de 43,4% un mois plus tôt et une hausse de 5,2% un an auparavant.

Cette évolution a été portée, plus particulièrement, par le renforcement de la valeur des exportations des engrais naturels et chimiques (+17,7%), tiré par la hausse du volume (+9,3%) et du prix (+7,8%). Les ventes à l’étranger de l’acide phosphorique se sont aussi accrues, en valeur, bien que dans une moindre mesure (+1,1%) en février 2026.

Au terme des deux premiers mois de 2026, la valeur des ventes à l’étranger de phosphates et dérivés a baissé de 16,5%, après une hausse de 6,1% à fin février 2025, suite au repli de la valeur des expéditions des dérivés de phosphates de 17,1% et de celle du phosphate brut de 10,8%. Pour ce qui est de la valeur des exportations des autres extractions minières, elle s’est raffermie de 35,8% au terme des deux premiers mois de 2026, après une amélioration de 13,2% un an auparavant.

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