Contrôle parlementaire : pourquoi le chiffre de 65 % de Baïtas ne suffit pas à rassurer l’opposition

Lundi dernier, à la Chambre des représentants, Mustapha Baïtas, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, a dressé un bilan exhaustif de l’interaction entre l’exécutif et le législatif. Entre réactivité record et production législative dense, le gouvernement affirme sa volonté de consolider les fondements de l’État social.
Le ministre a mis en avant un indicateur clé de la vitalité démocratique : le taux de réponse aux interpellations des députés. À la date du 11 mai, le gouvernement a répondu à 25 425 questions écrites, sur un total de 39 363 posées par les parlementaires.
Ce taux de réponse, qui s’élève à environ 65 %, est qualifié par Mustapha Baïtas de « sans précédent dans l’action parlementaire ». Selon lui, ces chiffres confirment que l’équipe actuelle est la plus réactive de l’histoire du Parlement marocain, marquant ainsi une rupture avec les lenteurs observées lors des précédentes législatures.
Au-delà du contrôle parlementaire, le bilan législatif est tout aussi volumineux. Au total, 191 lois ont été adoptées de manière définitive à la même date. Cet arsenal juridique se compose de :
- Lois organiques et d’amendement essentielles au cadre institutionnel.
- Deux lois-cadre structurant les visions de long terme.
- Une série de décretspermettant l’application immédiate des réformes.
Le ministre a précisé que ce bilan s’inscrit en parfaite cohérence avec le programme gouvernemental, témoignant d’une majorité parlementaire soudée et efficace.
L’analyse des textes adoptés révèle une priorité claire. Hors conventions internationales, la majorité des lois concernent les secteurs économiques, financiers, et surtout, les chantiers de l’État social.
Mustapha Baïtas a réitéré l’engagement du Royaume, sous l’impulsion royale, dans la consolidation des piliers de la protection sociale. Les textes adoptés visent notamment :
- La couverture sanitaire universelle (AMO), pour garantir un accès aux soins pour tous.
- L’aide sociale directe, transformant radicalement le soutien aux familles les plus vulnérables.
- Le dialogue social, institutionnalisant les échanges avec les syndicats pour améliorer les conditions de vie des travailleurs.
En conclusion, ce bilan de mi-mandat présenté par le porte-parole se veut, selon ses dires, une démonstration de force et de transparence. Il projette l’image d’un gouvernement « gestionnaire et réactif », capable de transformer ses engagements politiques en réalités législatives palpables pour les citoyens.
Le passage de 191 lois peut être un signe d’efficacité, mais cela interroge sur la qualité du débat parlementaire.
En effet, l’adoption rapide de textes complexes laisse peu de place à un examen approfondi en commission. L’opposition dénonce souvent un gouvernement qui passe en force grâce à sa large majorité numérique, transformant le Parlement en une simple chambre d’enregistrement.
Si les questions écrites reçoivent des réponses, de nombreux amendements proposés par l’opposition sont systématiquement rejetés, créant un sentiment d’exclusion du processus législatif.


