Blé tendre : les importations à l’arrêt en juin après le rétablissement des droits de douane

Les importations marocaines de céréales et de produits dérivés ont atteint 7,15 millions de tonnes au cours du premier semestre 2026, en hausse de 7 % par rapport à la même période de 2025, selon les données de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL).
Cette progression est principalement portée par les achats de maïs et de produits destinés à l’alimentation animale. En revanche, le mois de juin marque un net ralentissement des importations, dans un contexte de rétablissement des droits de douane sur le blé tendre.
Un premier semestre soutenu par le maïs
Entre janvier et juin 2026, les importations totales ont atteint 7,154 millions de tonnes, contre 6,693 millions de tonnesun an auparavant, soit une progression de 461.886 tonnes (+7 %). Les céréales représentent 5,429 millions de tonnes, en hausse de 3 % (+170.505 tonnes).
Cette évolution est principalement portée par la forte progression des importations de maïs, qui atteignent 1,844 million de tonnes, en hausse de 21 % (+321.302 tonnes). Les importations de blé fourrager progressent également de 29 % à 251.481 tonnes.
En revanche, les achats de blé dur reculent de 8 % à 654.628 tonnes, tandis que ceux de blé tendre, première céréale importée du Royaume, diminuent légèrement de 1 % à 2,378 millions de tonnes. Les importations d’orge enregistrent, quant à elles, une baisse marquée de 30 % pour s’établir à 301.095 tonnes.
Les produits destinés à l’alimentation animale poursuivent leur progression
Les produits dérivés affichent une croissance de 20 % sur le semestre, passant de 1,434 million à 1,726 million de tonnes, soit 291.381 tonnes supplémentaires.
La hausse est particulièrement marquée pour les tourteaux de soja, dont les importations bondissent de 57 % à 605.379 tonnes. Les tourteaux de tournesol progressent de 39 %, les drêches de maïs (DDGS) de 21 %, tandis que les coques de soja gagnent 26 %.
À l’inverse, les importations de tourteaux de colza (-41 %), de luzerne (-66 %) et de son de blé (-19 %) sont en repli.
Juin marque un coup de frein aux importations
Après un premier semestre dynamique, les importations enregistrent un net ralentissement au mois de juin. Les volumes totaux s’établissent à 604.628 tonnes, contre 750.530 tonnes en juin 2025, soit une baisse de 19 %.
Le recul est essentiellement imputable aux céréales, dont les importations chutent de 42 %, à 341.686 tonnes.
Cette baisse intervient dans un contexte marqué par le rétablissement temporaire du droit d’importation sur le blé tendre à compter du 1er juin 2026, une mesure décidée par les pouvoirs publics afin de favoriser la commercialisation de la récolte nationale. Les chiffres de la FNCL illustrent clairement l’effet de cette décision : aucune importation de blé tendre n’a été enregistrée en juin, alors qu’elles avaient atteint 178.670 tonnes durant le même mois de 2025.
Les importations de blé dur reculent également de 78 %, tandis que celles de blé fourrager diminuent de 10 %.
À l’inverse, le maïs poursuit sa progression avec 284.807 tonnes, en hausse de 11 %, représentant à lui seul 83 % des importations céréalières du mois.
Les produits dérivés limitent le recul global
Les produits dérivés affichent une évolution inverse, avec des importations en hausse de 65 % en juin, à 262.943 tonnes.
Cette progression est portée notamment par le doublement des importations de tourteaux de soja (+101 %), l’apparition de 47.942 tonnes de pulpe de betterave, contre aucune importation un an auparavant, ainsi que par la hausse des coques de soja (+46 %) et des DDGS (+25 %). Ces performances ont permis d’atténuer la baisse globale des importations du mois.
Les entreprises membres de la FNCL ont importé 480.881 tonnes en juin, représentant 80 % des importations nationales. Leur part atteint 77 % des importations de céréales et 83 % de celles des produits dérivés. Elles assurent même la totalité des importations nationales sur plusieurs produits, notamment le blé fourrager, les tourteaux de soja, les tourteaux de tournesol, les coques de soja et le son de blé.
Les chiffres du premier semestre traduisent une évolution des besoins du marché marocain. Si les achats de blé restent globalement stables sur les six premiers mois de l’année, la forte progression du maïs et des produits destinés à l’alimentation animale confirme le dynamisme des filières d’élevage. À l’inverse, le repli observé en juin reflète l’impact des mesures de protection de la production nationale de blé tendre, tout en mettant en évidence la capacité des importateurs à réorienter leurs approvisionnements vers d’autres matières premières répondant aux besoins du secteur agricole et agroalimentaire.
