Standard Chartered : la digitalisation des échanges pourrait générer 2 800 milliards de dollars de commerce mondial supplémentaire en 2031

Standard Chartered a dévoilé aujourd’hui les conclusions de la dernière édition de son rapport Future of Trade, intitulée Navigating an Age of Structural Uncertainty(« Naviguer dans une ère d’incertitude structurelle »), qui examine comment la digitalisation peut soutenir la croissance des échanges dans un contexte de mutations structurelles de l’économie mondiale.
Les modélisations réalisées par Oxford Economics indiquent qu’une adoption plus rapide des capacités numériques dans le commerce porterait les échanges mondiaux 6,9 % au-dessus du scénario de référence en 2031, soit 2 800 milliards de dollars d’échanges supplémentaires cette année-là.
Fondé sur une enquête menée auprès de 2 100 dirigeants et décideurs d’entreprise dans 27 marchés, ainsi que sur une modélisation de scénarios économiques, le rapport souligne le rôle déterminant de paiements plus efficaces, d’une documentation dématérialisée et de systèmes interconnectés pour réduire le coût et la complexité des opérations transfrontalières.
Cynthia El Asmar, Directrice générale et Responsable Coverage pour le Maroc chez Standard Chartered, déclare : « Pour les entreprises marocaines, la compétitivité commerciale tient aussi à la vitesse de traitement des documents, à la rapidité d’encaissement des paiements et à la fluidité des expéditions tout au long de la chaîne d’approvisionnement. En s’appuyant sur les infrastructures et les connexions commerciales dont dispose le Maroc, l’enjeu est de faire fonctionner ces processus ensemble, avec davantage d’efficacité. Les banques ont un rôle important à jouer dans l’articulation entre paiements, financement et données de transaction, afin d’aider les entreprises à traduire leurs investissements numériques en gains concrets sur leurs opérations internationales. »
Les services en tête des gains
La modélisation indique que le commerce des services serait le principal bénéficiaire d’une digitalisation accélérée, atteignant 11,4 % au-dessus du scénario de référence en 2031, contre 5,9 % pour les biens. Une meilleure circulation des données, des paiements numériques, des systèmes interopérables et une conformité simplifiée contribueraient à réduire les frictions transfrontalières.
Le rapport relève que les exportations de services fournis par voie numérique ont progressé de 136 % à l’échelle mondiale entre 2016 et 2025, contre 70 % pour l’ensemble des exportations de biens et de services. Elles représentent désormais 14,7 % du total des exportations, ce qui confirme leur poids croissant dans le commerce international.
Les priorités des chaînes d’approvisionnement se déplacent vers la performance opérationnelle
Les entreprises se concentrent de plus en plus sur l’amélioration de leurs chaînes d’approvisionnement existantes. Si 95 % des entreprises interrogées prévoient d’ajuster leurs activités d’approvisionnement au cours des trois à cinq prochaines années, près de 60 % n’envisagent ni d’entrer sur de nouveaux marchés ni de se retirer de marchés existants.
À l’échelle mondiale, la priorité accordée à la reconfiguration géographique recule de 7,2 points de pourcentage, tandis que les stratégies centrées sur les fournisseurs et la gestion des stocks gagnent en importance. Pour les hubs commerciaux, ces résultats mettent en évidence la valeur croissante de la fiabilité, de la visibilité et de la réactivité.
La pression sur les coûts renforce l’exigence d’efficacité. Au Moyen-Orient et en Afrique, 85 % des entreprises interrogées anticipent que la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement fera augmenter les coûts commerciaux d’au moins 10 %, soit la proportion la plus élevée de toutes les régions.
Les entreprises estiment que la digitalisation permettrait de réduire les coûts en matière de paiements, de logistique, de documentation et de conformité. Il s’agit toutefois d’économies attendues et non de résultats constatés : leur concrétisation dépendra de la qualité de la mise en œuvre.
Interconnecter les systèmes pour démultiplier les bénéfices
Le rapport met en évidence un écart entre l’adoption d’outils numériques et l’obtention de bénéfices sur plusieurs capacités à la fois. Au Moyen-Orient et en Afrique, 79 % des entreprises interrogées font état de gains mesurables sur au moins une capacité numérique. À l’échelle mondiale, elles ne sont toutefois que 7 % à en enregistrer sur cinq capacités ou plus.
L’interopérabilité avec les systèmes de partenaires externes constitue l’obstacle le plus fréquemment cité, par 50 % des répondants. Parmi ceux qui font face à des freins réglementaires, 49 % mentionnent les exigences de protection et de localisation des données.
Saisir cette opportunité supposera un investissement coordonné des entreprises, des banques et des pouvoirs publics, appuyé sur des règles compatibles et des normes communes. Le rapport observe que la part des accords commerciaux comportant des dispositions numériques dédiées est passée de 48 % sur la période 2015-2017 à 62 % sur la période 2023-2025, ce qui traduit l’importance croissante des cadres permettant le commerce numérique transfrontalier.
