Économie marocaine : entre solidité financière et pressions commerciales

À la mi-septembre 2026, plusieurs indicateurs témoignent d’une économie marocaine qui maintient ses équilibres financiers malgré un environnement marqué par des tensions sur le commerce extérieur et un ralentissement de certains marchés. Les réserves de change demeurent solides, le système bancaire continue d’être soutenu par Bank Al-Maghrib et la croissance du crédit reste dynamique. Toutefois, la dégradation de la balance commerciale et le recul du marché boursier rappellent la persistance de vulnérabilités structurelles.
Des réserves de change toujours robustes
Les avoirs officiels de réserve se sont établis à 500,2 Mds de DH au 11 septembre 2026. Malgré une légère baisse sur une semaine, leur niveau demeure particulièrement confortable et constitue un facteur important de stabilité macroéconomique. Cette situation permet au Maroc de préserver sa capacité à faire face aux chocs extérieurs et à soutenir la valeur du dirham.
Parallèlement, le dirham s’est légèrement déprécié face à l’euro et au dollar sur la période observée, sans pour autant susciter d’intervention particulière sur le marché des changes.
Une politique monétaire orientée vers le soutien à la liquidité
Bank Al-Maghrib a poursuivi ses injections de liquidités, avec un volume moyen quotidien avoisinant 150 Mds de DH. Les avances à sept jours, les pensions livrées et les prêts garantis ont constitué les principaux instruments mobilisés pour assurer le bon fonctionnement du système bancaire.
Le taux interbancaire est resté stable à 2,25 %, traduisant une maîtrise des conditions de financement à court terme et une relative stabilité du marché monétaire.
Une inflation sous contrôle
L’évolution des prix confirme la poursuite de la désinflation. L’indice des prix à la consommation a enregistré une baisse en glissement annuel, principalement sous l’effet du recul des produits alimentaires et des carburants. L’inflation sous-jacente s’est également inscrite en territoire négatif, signe d’un affaiblissement des tensions inflationnistes dans l’ensemble de l’économie.
Cette évolution contribue à préserver le pouvoir d’achat des ménages, même si elle reflète également une modération de la demande dans certains secteurs.
Un crédit bancaire en expansion
La masse monétaire continue de progresser, portée par l’augmentation des dépôts bancaires et de la circulation fiduciaire. Le crédit au secteur non financier affiche également une croissance soutenue, notamment grâce à la forte progression des prêts à l’équipement.
Les financements destinés aux entreprises demeurent le principal moteur de cette dynamique, tandis que les crédits aux ménages poursuivent une évolution plus modérée. Cette orientation traduit un certain regain de l’investissement productif dans l’économie nationale.
Un marché boursier sous pression
La Bourse de Casablanca a connu une semaine difficile. L’indice MASI a reculé de plus de 4 %, affecté par des replis marqués dans plusieurs secteurs, notamment les mines, les matériaux de construction et les services de transport.
Ce mouvement traduit une prudence accrue des investisseurs dans un contexte d’incertitudes économiques et financières. Le volume des échanges est toutefois demeuré relativement stable, ce qui limite pour l’instant les risques de décrochage plus prononcé.
Le défi persistant du commerce extérieur
Le principal signal d’alerte concerne les échanges extérieurs. Le déficit commercial continue de se creuser sous l’effet d’une progression des importations plus rapide que celle des exportations. La hausse de la facture énergétique et des achats de biens d’équipement contribue fortement à cette évolution.
Face à cette situation, certains secteurs exportateurs demeurent performants. L’industrie automobile continue de renforcer sa position, tandis que les recettes touristiques et les transferts des Marocains résidant à l’étranger soutiennent les équilibres extérieurs.
Les indicateurs les plus récents dessinent le portrait d’une économie marocaine résiliente, soutenue par des réserves de change solides, une inflation maîtrisée et un système bancaire dynamique. Cependant, le creusement du déficit commercial et le recul du marché boursier rappellent que la consolidation de la croissance dépendra de la capacité du pays à renforcer sa compétitivité productive et à mieux maîtriser sa dépendance aux importations.
