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Economie

Cybersécurité : les experts ne sont pas plus en sécurité que les autres

Cybersécurité

Contrairement aux idées reçues, connaître les risques ne protège pas forcément des cyberattaques. C’est la principale leçon d’une étude internationale de Kaspersky qui révèle que les professionnels les plus avertis restent fortement exposés aux incidents numériques, mais à des menaces d’une nature différente.

À l’heure où les entreprises multiplient les investissements dans la sécurité informatique, une réalité s’impose : personne n’est à l’abri. Selon l’enquête menée par Kaspersky auprès de 7 200 professionnels issus de 18 pays et de 14 secteurs d’activité, entre 82 % et 89,7 % des répondants ont déjà été confrontés à au moins un incident de cybersécurité. 

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L’étude met surtout à mal une croyance largement répandue : l’expertise technique n’élimine pas le risque. Elle le transforme. Les experts échappent aux pièges classiques, mais tombent sur des attaques plus sophistiquées

Les profils techniques, notamment dans le développement logiciel, l’assistance informatique ou la cybersécurité, reçoivent moins de spams et sont moins souvent victimes d’appels frauduleux que la moyenne. Pourtant, leur taux global d’exposition aux incidents demeure plus élevé que celui des autres professions : 86 % contre 84,1 %.

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La raison est simple. À mesure que leur niveau de compétence augmente, ils deviennent davantage confrontés à des menaces complexes : piratage d’objets connectés, logiciels malveillants, escroqueries appuyées par l’intelligence artificielle ou encore deepfakes.

Le cas des spécialistes de la sécurité informatique est particulièrement révélateur. Mieux armés contre les attaques les plus visibles, ils affichent néanmoins un taux d’exposition de 85,6 %, supérieur à celui observé dans plusieurs autres catégories professionnelles. 

Autre enseignement surprenant : les professionnels du risque, du droit et de la conformité constituent la catégorie la plus touchée par les incidents de cybersécurité, avec un taux d’exposition atteignant 89,7 %. 

Cette vulnérabilité peut sembler paradoxale. Ces métiers sont précisément ceux qui traitent quotidiennement des questions de contrôle, de conformité et de gestion des risques. Pourtant, l’étude montre que cette proximité avec les enjeux de gouvernance ne se traduit pas nécessairement par l’adoption de dispositifs de protection plus avancés. 

L’aspect le plus frappant de l’enquête concerne les réactions des victimes après un incident. Beaucoup modifient leur comportement, mais peu renforcent réellement leur arsenal de protection.

Près de 45 % des répondants cessent de répondre aux appels provenant de numéros inconnus et plus d’un tiers évitent désormais les sites jugés peu fiables. En revanche, seulement 30,1 % activent l’authentification multifacteur et à peine 24,3 % installent un logiciel de sécurité dédié. 

Autrement dit, les utilisateurs privilégient les réflexes de prudence aux solutions techniques. Une stratégie qui réduit certains risques, sans forcément répondre à l’évolution des cybermenaces. 

Pour Vladimir Dashchenko, expert en cybersécurité chez Kaspersky, la principale conclusion de l’étude est qu’il n’existe pas de modèle universel de protection. Chaque profession fait face à un environnement de risque spécifique qui exige des réponses adaptées. 

À travers cette étude, une tendance se dessine clairement : la cybersécurité n’est plus seulement une affaire de technologie. Elle devient une question de contexte, d’usage et de comportement. À mesure que l’intelligence artificielle enrichit l’arsenal des cybercriminels, la frontière entre utilisateurs avertis et novices s’estompe progressivement.

La différence ne réside plus dans la capacité à éviter toutes les menaces. Elle réside dans la capacité à s’adapter à celles qui évoluent en permanence.

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