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Economie

Plan El Mansouri (2026-2031) : le défi de transformer le PIB en emplois réels

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Le gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri affiche des objectifs économiques ambitieux pour la période 2026-2031, avec une croissance annuelle moyenne de 5 %, une inflation contenue autour de 2 % et un renforcement des aides sociales. Reste à transformer ces engagements en résultats tangibles pour les ménages et les entreprises.

La croissance économique au Maroc ne garantit plus automatiquement la création d’emplois, malgré l’affichage d’un objectif de 5 % de croissance annuelle moyenne pour la période 2026-2031. Le véritable défi de cet exécutif réside dans la capacité des entreprises à intégrer durablement la jeunesse marocaine sur le marché du travail, au-delà des seuls indicateurs macroéconomiques.

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La nouvelle feuille de route économique du Maroc est désormais tracée. Présentant le programme gouvernemental devant les deux Chambres du Parlement, lundi 19 octobre, la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, a dévoilé les principales orientations de l’Exécutif pour les cinq prochaines années. Au cœur de cette stratégie : accélérer la croissance, soutenir le pouvoir d’achat et améliorer la capacité de l’économie nationale à créer des emplois.

Une croissance de 5 % et davantage d’investissements privés

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Sur le plan macroéconomique, le gouvernement vise une croissance annuelle moyenne de 5 % entre 2027 et 2031. Il ambitionne également de maintenir l’inflation autour de 2 % par an, de ramener le déficit budgétaire à environ 3 % du produit intérieur brut (PIB) et de réduire l’endettement public à près de 62 % du PIB à l’horizon 2031.

Pour atteindre ces objectifs, l’Exécutif entend accorder une place accrue à l’investissement privé, dont la contribution devrait représenter les deux tiers de l’investissement national. Les petites et moyennes entreprises (PME), l’industrie, les exportations et le tourisme figurent également parmi les leviers de croissance privilégiés.

Dans le secteur touristique, le gouvernement ambitionne notamment d’attirer 26 millions de visiteurs à l’horizon 2030. Au-delà de l’augmentation des investissements, l’enjeu sera toutefois d’améliorer leur rendement et leur impact sur l’économie réelle, en particulier leur capacité à générer des emplois durables.

Cette orientation pose une question centrale : comment faire en sorte que la progression de l’activité économique se traduise par des revenus plus élevés, davantage d’opportunités professionnelles et une amélioration effective des conditions de vie ?

Pouvoir d’achat : des mesures fiscales et sociales attendues

La restauration du pouvoir d’achat constitue l’autre volet majeur du programme gouvernemental. Parmi les mesures annoncées figure une réforme progressive de l’impôt sur le revenu, destinée à augmenter le salaire net des travailleurs. Les modalités précises de cette réforme, notamment le nouveau barème fiscal, restent à préciser.

Le gouvernement prévoit également une mesure de gratuité de l’électricité pour les factures mensuelles ne dépassant pas 100 dirhams, sous réserve de critères d’éligibilité. Cette disposition ne concernerait donc pas l’ensemble des ménages.

Sur le front de la protection sociale, l’Exécutif entend porter progressivement l’aide sociale directe à 1 000 dirhams, contre 500 dirhams actuellement pour les bénéficiaires concernés. Il prévoit aussi de relever progressivement la pension minimale de retraite à 3 000 dirhams par mois.

Ces engagements pourraient renforcer le revenu disponible de certaines catégories de ménages. Leur portée dépendra néanmoins des conditions d’accès, du calendrier de mise en œuvre et des ressources mobilisées pour assurer leur financement.

Prix alimentaires : agir sur les circuits de distribution

La maîtrise du coût de la vie passe également par une meilleure régulation des circuits de distribution. Sur les produits alimentaires, le gouvernement entend rapprocher les producteurs des consommateurs et mieux articuler les exportations avec les besoins d’approvisionnement du marché national.

L’objectif est de limiter les tensions sur l’offre intérieure et de favoriser des prix plus accessibles aux consommateurs. Mais l’efficacité de cette approche dépendra de sa mise en œuvre concrète, du fonctionnement des chaînes de distribution et de la capacité des autorités à corriger les dysfonctionnements qui pèsent sur les prix.

Il s’agit d’un chantier particulièrement sensible, alors que le pouvoir d’achat demeure une préoccupation majeure pour les ménages.

En somme, la feuille de route 2026-2031 ne pourra être qualifiée de réussite par de simples performances statistiques ou des courbes ascendantes du PIB. Le véritable baromètre de ce programme économique résidera dans sa capacité à briser le cercle vicieux d’une croissance sans emplois. Tant que la richesse créée ne se traduira pas par des fiches de paie stables pour la jeunesse et une réduction concrète du chômage, les ambitions chiffrées de l’Exécutif risquent de rester de lointains mirages macroéconomiques déconnectés du quotidien des Marocains.

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