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Obligations sécurisées : le Maroc ouvre un nouveau chapitre du financement bancaire

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Le secteur bancaire marocain s’apprête à franchir une étape structurante avec la mise en place des obligations sécurisées. En validant le cadre réglementaire destiné à accompagner leur lancement, Bank Al-Maghrib ouvre la voie à une nouvelle source de refinancement pour les banques, susceptible de renforcer le financement de long terme de l’économie tout en rapprochant le Maroc des standards internationaux.

Derrière les dix textes réglementaires validés par le Comité des Établissements de Crédit (CEC), une réforme se détache nettement : l’entrée prochaine des obligations sécurisées dans l’arsenal de financement des banques marocaines. Le feu vert donné par le Comité ouvre la voie à la mise en œuvre effective d’un instrument appelé à transformer progressivement la structure de refinancement du secteur bancaire. 

Jusqu’à présent, les banques marocaines s’appuient essentiellement sur les dépôts de la clientèle pour financer leur activité. Avec les obligations sécurisées, elles disposeront d’une nouvelle source de financement de long terme, adossée à des portefeuilles d’actifs de qualité, notamment des créances hypothécaires ou des prêts accordés au secteur public, relève BKGR. L’objectif est clair : mieux faire correspondre la durée des ressources à celle des financements accordés, en particulier dans l’immobilier. 

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L’enjeu dépasse le simple ajustement réglementaire. Pour les autorités, il s’agit de rapprocher le marché marocain des standards observés sur les places financières les plus développées, tout en offrant aux investisseurs institutionnels une nouvelle catégorie d’actifs réputée plus sûre grâce à un mécanisme de double garantie. 

Mais le régulateur avance avec prudence. Le dispositif prévoit plusieurs garde-fous : autorisation préalable de chaque programme d’émission par le Wali de Bank Al-Maghrib, exigence d’un excédent de couverture minimal de 5 % et plafonnement des émissions à 20 % du total du bilan de la banque émettrice. 

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Reste une inconnue centrale : l’appétit du marché. Si ces instruments sont susceptibles d’améliorer la gestion de la liquidité bancaire, leur impact sur le coût du crédit demeure loin d’être acquis. Celui-ci dépendra des conditions de taux, de la qualité des portefeuilles mobilisés en garantie, des coûts de structuration et de l’intérêt que manifesteront les investisseurs. Le véritable test ne sera donc pas l’adoption des textes, mais la réussite des premières émissions.

Au-delà de ce chantier, la réunion du CEC révèle les priorités actuelles du superviseur bancaire. La cybersécurité figure désormais au premier rang des préoccupations avec une nouvelle directive sur la résilience opérationnelle numérique, explicitement justifiée par la recrudescence des cyberattaques visant les institutions financières.

La protection de la clientèle s’impose également comme un enjeu croissant. Ce n’est probablement pas un hasard si une nouvelle directive sur l’accueil et la satisfaction des clients intervient alors que les réclamations adressées à la supervision bancaire ont bondi de 56,3 % en 2025 pour atteindre 3.591 dossiers, contre 2.298 un an auparavant, selon BKGR. Plus préoccupant encore, la proportion des plaintes réglées en faveur des clients est retombée à 51 %, contre 74 % une année plus tôt.

Autrement dit, derrière une décision technique portant sur dix textes réglementaires se dessine une feuille de route plus large : diversifier les sources de financement des banques, renforcer leur résistance aux risques numériques et restaurer la qualité de la relation avec la clientèle. Trois chantiers qui devraient façonner l’évolution du secteur bancaire marocain au cours des prochaines années.


Lire également : BAM : le Comité des établissements de crédit approuve dix textes réglementaires pour renforcer le secteur bancaire

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